Onirique Comics 7.1

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Wimbledon Green

mardi 29 septembre 2009, par Mathieu Doublet

(Drawn & Quarterly pour la VO, le Seuil pour la VF / Seth)

Wimbledon Green est le plus grand collectionneur des comics du monde. Et pourtant, difficile de décrire le bonhomme. A travers différents témoignages (vendeurs de comic-shops, collectionneurs amis ou concurrents, valet, détectives privés, ...), on voit se dessiner le portrait d’un homme complexe attaché à une mystérieuse collection (la Wilbur R. Webb), un étrange comic-book dont l’existance est sujette à caution (le Green Ghost #1) et dont la disparition propre est si soudaine qu’on se demande ce qu’est devenu cet homme tout rond portant moustache et canotier.

Un petit format, des petites cases, une multitude de détails, c’est ce dont Seth va se servir pour raconter une histoire. Mais une histoire assez floue que l’auteur accepte complètement à travers sa préface qui, effectivement comme il l’écrit lui-même, se lit une fois le bouquin terminé. En tout cas, ne pas lire la préface tout de suite permet de se plonger dans un univers de passionnés. Et quand j’écris "passionnés", je pèse mon mot. On entre dans la catégorie des connaisseurs qui savent absolument tout sur les comics mais aussi sur leurs créateurs, qui sont prêts à dépenser des dizaines de milliers de dollars pour un numéro et qui se tirent la bourre à grand coups de course poursuite par train, avion et autres moyens de transport improbables pour être le premier sur une bonne affaire.

Les collectionneurs en prennent donc pour leur grade mais c’est aussi ce qui fait tout leur charme : à la fois capable du pire mais aussi ayant gardé un côté très enfantin et enthousiaste, on ne peut s’empêcher de contempler leurs crapuleries avec un petit sourire au coin des lèvres. Et pourtant, leurs actes sont loins, très loins d’en faire des modèles à contrario des héros de bandes dessinées qu’ils lisent.
Concernant l’histoire, j’ai été un peu déçu. Alors oui, Seth annonce aussi dans sa préface que tout ceci est un exercice de style, que ce sont des croquis mis bout à bout et un essai sur une histoire composée de plus petites histoires. Toujours est-il que si on a bien à la fin du bouquin la réponse à l’un des grands mystères du livre, il en reste deux dont la finalité est laissée aux bons soins du lecteur.

Wimbledon Green est donc un personnage et un livre diablement sympathiques. Pas sûr que je me sois lancé dans l’affaire au prix fort mais ayant eu l’occasion de trouver ce livre d’occasion, je ne me suis pas gêné. C’est l’occasion de voir ce dont Seth est capable en sachant que ses autres albums doivent être plus construits et plus maîtrisés graphiquement (là encore, c’est l’auteur qui le dit, rien ne m’a personnellement choqué). Bref, un essai en demi-teinte concernant le livre mais qui me donne envie d’en lire plus concernant l’auteur.


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En VF :

Messages

  • Ca fait un moment que j’ai mis ce bouquin dans ma wishlist. Il m’intrigue pas mal. Et je dois dire que ta chro’ m’a donnée envie de lire. Et je viens de voir qu’il était à à peu près 13€ sur amazon. Why not...