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Green Arrow : Year One TPB

mercredi 9 septembre 2009, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Andy Diggle / Jock)

Ce TPB reprend les six parties de la mini-série.

Oliver Queen est une jeune millardaire insouciant qui passe son temps à boire beaucoup trop d’alcools et à vivre la nuit lors
de soirées où les gens se montrent souvent pour soigner leur image. C’est le cas d’une certaine vente aux enchères lors de laquelle
le jeune Queen s’illustre en disant leurs quatre vérités aux autres VIP présents. Mais bien entendu, comme il est saoûl comme un cochon,
autant dire que l’effet tombe à plat. C’est lors de ces mêmes enchères qu’Oliver décide de se payer l’arc d’Errol Flynn dans le film
Robin des Bois au grand dam de Hackett, son conseiller mais visiblement le seul ami qu’il ait vraiment eu.

Celui-ci a parlé à Queen de placer quatre millions de dollar dans un compte sur les îles Fiji et Queen décide de l’accompagner, histoire
de faire oublier. Si Hackett n’est pas franchement ravi par l’idée, c’est qu’en réalité il compte s’enfuir avec l’argent. Mais comme son boss est là,
il doit l’éliminer, il envoie son patron par dessus bord. Ce qu’il ignore, c’est que Queen n’est pas mort, qu’il va regagner une île avec le courant
et qu’il va réussir à survivre. Jusqu’au moment où un hélicoptère va apparaître qu’Oliver Queen va comprendre que survivre seul était déjà une sale
affaire mais que survivre face à des adversaires armés jusqu’aux dents ne va pas être très commode même si l’on est un archer incomparable.

L’exercice du Year One est toujours un exercice particulièrement dangereux. D’une part parce que la comparaison avec "le" Year One, celui de Miller et
Mazzuchelli est forcé et d’autre part, parce qu’on joue avec les racines du personnage, ce qui peut poser des problèmes de continuité et mettre les fans
du personnage en rage. Andy Diggle ne peut pas éviter le premier problème mais va réussir à éliminer l’autre en plaçant Oliver Queen dans un récit de survie,
loin de sa ville, loin de sa galerie de vilains (même si l’on croise China White), loin du récit de super-héros tel qu’il est présenté classiquement.
Le scénariste réussit à mettre en scène la transformation d’un millardaire insouciant en super-héros tout en n’oubliant pas les aspirations humanistes et sociales
de Queen (sociales pour un Américain, ne nous détrompons pas, mais pour qui l’image de Robin des Bois n’est pas si éloignée que ça). C’est ce côté réaliste et cathartique
qui peut amener le Green Arrow à exister. Et si on devine le super-héros (par l’arc, les flèches assommantes et le chaperon), on ne le verra qu’en toute dernière page,
une fois la transformation mentale de Queen accomplie.

Rien de tel, pour réussir son coup, que de travailler avec quelqu’un que l’on connaît et dont le travail commun est déjà reconnu pour sa qualité. C’est ainsi qu’Andy Diggle
va être rejoint par Jock avec qui il a réalisé la série Losers chez Vertigo. On est loin, très loin d’avoir un trait lisse et au final, tant mieux. Car Jock sait mettre sur page
des scènes d’action pour le moins enlevées. Il utilise aussi assez bien les ombres pour mettre un poil de dramatisme dans les scènes et cela n’est jamais utilisé à outrance. Quant
aux détails, vous pouvez faire une croix dessus, les décors sont au niveau minimal. Mais cela n’est finalement pas vraiment un problème, on n’est jamais perdu dans l’action et on sait
toujours où les personnages se trouvent.

Au final, le couple Diggle / Jock aura réussi son coup. Certes on ne parlera jamais du Year One de Green Arrow comme on a pu le faire avec celui de Batman (qui ouvrait les portes de
la noirceur dans les comics) mais cette bande-dessinée reste un récit pas franchement super-héros qui donne énormément envie de lire la suite des aventures du personnage central et ça,
si ça n’est pas un signe de réussite, je ne sais pas ce que c’est.


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Messages

  • Hé bien je suis beaucoup moins enthousiaste que toi au sujet de ce "Year One".
    Graphiquement, il y a de très jolies planches. Je ne connaissais pas grand-chose de Jock, n’ayant vu que quelques couvertures.
    Mais il conforte mon impression à son sujet : ça vaut le détour.
    Je ne connais pas non plus Andy Diggle, mais son récit ne m’a pas inspiré grand-chose.
    C’est bien écrit, mais je me suis ennuyé à la lecture.
    C’est trop creux pour que cela m’inspire.
    J’ai donc du mal à me faire une idée sur cet auteur.
    Mais je n’avais pas envie de lire une suite à la fin de cet album.