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The Rocketeer (la série en bande dessinée) - mis à jour

samedi 16 janvier 2010, par Mathieu Doublet

(Pacific Comics, Eclipse, Comico & Dark Horse / Dave Stevens)

La série Rocketeer a été publiée dans les revues suivantes :
- Starslayer, the Log of the Jolly Roger #2-3
- Pacific Presents ... #1-2
- Rocketeer Special Edition #1
- Rocketeer Adventure Magazine #1-3


A Los Angeles, une voiture percute les grilles d’un aérodome. Deux types pour le moins étranges cherchent à cacher un colis et le font en le mettant dans le cockpit d’un avion. Les policiers arrivent, les arrêtent et c’est l’aviateur Cliff Secord qui découvre dans son coucou un objet assez original. Un moteur en forme de balle qui se trouve être un réacteur personnel, un moyen de voler donc sans avion. Cliff demande à Peevy, un bon ami mécanicien de l’aider et voilà que l’aviateur va avoir besoin d’enfiler son costume afin de sauver un autre aviateur en danger. Après tout, nous sommes dans les années 20, les premières de l’aviation. Mais Cliff ne se doute pas que le paquet est cherché non seulement par les bandits qui l’ont caché mais aussi par les personnes à qui on l’a volé.

Rocketeer est à mon sens le comic-book ultime : une ambiance des années 20-30, proche du pulp, un héros courageux, intrépide mais loin d’être parfait puisqu’il est motivé par l’envie d’argent et de sexe (quand on voit sa "petite-amie" Betty), on le comprend fort bien ; il y a de l’action très régulièrement et un costume ô combien réussi et dynamique ; une galerie de portraits haut en couleurs (surtout à la fin du bouquin) donc du fun, du fun, du fun, et un trait d’une élégance rare.

Dave Stevens réussit à mettre dans son "oeuvre" toutes les composantes pour accrocher le lecteur. Alors bien entendu, son dessin est à tomber par terre, ses personnages provoquent l’adhésion immédiatement, les décors ne sont pas forcément très détaillé mais tous les objets sont rendus avec énormément de réalisme et dans le scénario, il y a suffisamment d’intrigues pour garder le lecteur réveillé. Alors, oui, ce sont des intrigues simples qui permettent beaucoup de retournements de situations et autres deus ex machina mais ça fonctionne et à fond.

Les couvertures du comic-book Rocketeer Adventure Magazine :

Finalement, le seul souci pour The Rocketeer, c’est que Dave Stevens est lent. Un tribut à payer pour cette qualité. Dans chacun des comics cités ci-dessus, Stevens produit rarement plus d’une quinzaine de pages. Et que visiblement, il ne trouvera personne pour reprendre le flambeau. Même aujourd’hui, il y a fort à parier que de nombreux dessinateurs seraient capables de reprendre le titre (je pense à des Adam Hughes, Terry Dodson ou Paul Renaud). mais avec la mort de Dave Stevens, on peut penser que les questions de droits sont entrés en compte.
IDW va bientôt ressorti un bon hardcover avec la totale de Rocketeer (juste au moment où je réussis à tout dénicher bien sûr ...). Espérons donc que cette réédition sera suivie d’une nouvelle série avec un dessinateur digne de ce nom.

En France

La France a eu la totalité des aventures du Rocketeer. Un premier album est paru chez Albin Michel / Special USA avant le film. On retrouve les cinq premières parties qui forment un récit complet. Après la sortie du film, il ressortira chez Edition USA tel qu’il a été compilé chez Eclipse avec deux pages supplémentaires qui permettent à l’album une entrée un peu moins franco en la matière et la présentation d’un Cliff Secord blagueur.
L’album se termine sur un cliffhanger qui peut aussi se lire sur une fin ouverte. Fin qui sera poursuivie dans Rocketeer Adventure Magazine, publié chez Glénat Comics sous le nom de Rocketeer II, avec la couverture du troisième numéro de la mini-série. Là encore, la fin est ouverte et appelle de nombreuses possibilités afin de poursuivre les aventures de Cliff Secord. A noter aussi la présence d’un personnage qui, sans donner sa réelle identité, ne peut être que The Shadow. (Je passerai sur la version massacrée en format poche.)

Bref, vu le prix de ces albums sur le marche d’occasion, il serait vraiment dommage de passer à côté, le dessin et l’intrigue de Rocketeer le valent très largement. (Ah oui, dans la dernière version française de Rocketeer, on a droit à la version non-censurée ou plutôt cadrée correctement de la couverture du Rocketeer Special Edition, où l’on voit les tétons de cette chère Betty !)

Une affiche qui m’a longtemps fait rêvé :

JPEG - 66.4 ko

Et ce qu’on pourrait appeler l’exception française (comparez avec la couverture au dessus)

Quid de la version Deluxe ?

Tout d’abord un petit mot sur cette nouvelle intégrale qui vaut le coup ne serait-ce que pour le travail énorme de Laura Martin, coloriste, qui rend les planches de Stevens encore plus jolies.

Si la version normale de l’intégrale Rocketeer contient 144 pages et est plus ou moins de la taille d’un comic-book standard, la version Deluxe contient le double de pages.

Ces 144 pages supplémentaires sont une véritable mine graphique. Comme le dit Thomas Jane dans sa préface, Dave Stevens avait gardé la quasi-totalité des pages du Rocketeer et dans différents états d’avancement. Du coup, on retrouve les crayonnés de beaucoup de planches, plus ou moins avancés, du sketch au dessin très détaillé.
C’est aussi l’occasion de lire Michael William Kaluta, Arthur Adams, Sandy Plunkett ou encore le duo Stan & Vince qui ont tous participé aux planches de Rocketeer. Une surprise de retrouver les deux artistes français en véritables collaborateurs de Stevens. Un Dave Stevens qui n’aime pas dessiné les détails des planches et qui visiblement, n’est intéressé que par la supervision de ce qui n’est pas splash-pages. Cela montre que Stevens est un formidable encreur puisqu’il appose sa patte sur les crayonnés de différents artistes et appose son style. Je crois que les pièces les plus éclairantes de ce point de vue sont celles où le travail de Stan & Vince et celui du papa de Rocketeer sont coloriées de manière différente. On rend alors bien compte de ce que Stevens réalise sur sa bande dessinée.

Bien entendu, on retrouve encore plus de dessins inédits, parfois en double planches bien foutues : les doubles-pages sont toujours pliées et permettent au lecteur de bénéficier du dessin dans sa totalité, ce qui est souvent difficile quand la double page est publiée classiquement, étant souvent invisble au milieu de la page, là où se trouve la reliure.

Bref, un bien beau bouquin dont la grande taille (entre un fomat Omnibus Marvel et un format Absolute DC) rend pleinement justice au travail de l’artiste.


La totale est sortie en anglais chez IDW, en hardcover et en deux versions :

Chez Amazon.com :

Chez Amazon.fr :

11 Messages de forum

  • The Rocketeer (la série en bande dessinée) 6 septembre 2009 21:33, par Céd

    Merci beaucoup pour cet article, Pépère ! :-)

    Cela donne sacrément envie de lire l’intégralité de ce titre.
    Je vais attendre de voir si l’album américain donnera envie à un éditeur français de le publier.
    Avec bonus & co, ça vaudrait le coup. ;-)

  • Et Doc Savage dans tout çà ? 12 novembre 2009 23:55, par Superboy (du site Comic Screen)

    Bonjour, merci pour ce très bon article.
    Pourriez-vous répondre à la question suivante ?
    Je n’ai pas eu la chance de lire ce comic book, mais j’ai cru comprendre que l’auteur laissait entendre que Doc Savage himlself serait l’inventeur du Jet-Pack... Est-ce que vous en sauriez Plus ?

    Merci d’avance.

    • Et Doc Savage dans tout çà ? 13 novembre 2009 04:50, par Mathieu Doublet

      Malheureusement, non, je n’en suis pas sûr. On rencontre bien un personnage qui se dit propriétaire du jet-pack mais quand à savoir si il s’agit de Doc Savage ou pas, je ne suis pas assez familier du personnage pour être aussi affirmatif. Il y a peut-être des allusions (comme c’est le cas pour le Shadow) ... J’attends l’intégrale en VO qui devrait arriver au début décembre et j’essaierai de trouver la réponse.

      • Et Doc Savage dans tout çà ? 14 novembre 2009 06:14, par Superboy (du site Comic Screen)

        Merci pour votre réponse rapide !
        D’après mes recherches, dans le comic book, il semblerait qu’un certain "Doc" soit à l’origine de l’invention du Rocket-Pack et que son aspect physique soit proche de celui de Doc Savage, héro pulp par excellence...

        Voilà notamment ce que j’ai trouvé sur wikipedia (en américain, seulement) :

        "The Rocketeer makes a great number of references to pop culture from the 1930s to the 1950s. The first storyline, "The Rocketeer" features characters from the Doc Savage pulp series, though Stevens takes care to not refer to any of the characters — including Doc Savage himself — by name so as not to have to pay fees for using the characters. "Cliff’s New York Adventure" similarly features unnamed characters from The Shadow pulp series including Lamont Cranston himself.[citation needed] The character Betty is drawn with the likeness of 1950s model Bettie Page.[1]"

        Et sur la page Wikipedia de Doc Savage :

        "In the original Rocketeer comic book miniseries, a tall, handsome scientist who bears an uncanny resemblance to Doc is the inventor of Cliff Secord’s rocket pack. In the novelization of The Rocketeer movie by Peter David, the characters speculate that perhaps Doc Savage invented the rocketpack and his boys ("probably Ham and Monk") are due to come any moment. In the Rocketeer movie itself, the inventor was Howard Hughes."

        Le sujet m’intéresse beaucoup car l’équipe du site Comic Screen a consacré un dossier à Doc Savage et on prévoit de "remanier" rapidement cet article pour justement tenir compte du rôle joué par Doc Savage au regard de Rocketeer.

        Voir en ligne : Doc Savage, super héro en avance sur son temps (1ère partie)

        • Et Doc Savage dans tout çà ? 16 janvier 2010 17:33, par Mathieu Doublet

          J’ai donc posé la question à Scott Dunbier, l’éditeur de la réimpression. Et donc, oui, il y a bien un personnage inspiré par Doc Savage qui se trouve être l’inventeur du rocket-pack.

          • Et Doc Savage dans tout çà ? 18 mars 2010 10:43, par Superboy (site Comic Screen)

            Merci pour cette nouvelle réponse que je découvre tardivement ! çà confirme donc que c’est un clin d’oeil à Doc Savage. A noter : dans le film de Walt Disney sur Rocketeer de 1991, point d’allusion à Doc Savage... Le jetpack appartiendrait à Howard Hughes himself (car mondialement plus connu que le personnage pulp de Doc Savage).

            Pour info, bien que non crédité dans le comic, le désormais célèbre cartooniste Bruce Timm (Batman, Superman et Justice League The Animated Series) a participé à la colorisation des planches originales. J’ai trouvé çà à la Fnac à noël (!) dans un livre consacré à Bruce Timm (une collection sur les meilleurs auteurs de comics). Si çà vous intéresse je pourrai reprendre les passages du livre et sa référence (il dit avoir utilisé des cottons tiges et sa propre salive pour obtenir le rendu... et il explique aussi toute son admiration pour le professionnalisme de Dave Stevens). Je tiens les références à votre disposition si vous le souhaitez (vous pouvez me contacter via mon mail).

            Je n’ai malheureusement pas eu le temps de "rafraîchir" ma page sur Doc Savage avec Rocketeer (mais j’ai çà dans mes dossiers) et votre article m’a poussé à en faire un aussi spécifiquement sur Rocketeer, mais plus sur le film. Dès que c’est bouclé, je vous en informe.

            • Et Doc Savage dans tout çà ? 18 mars 2010 14:27, par Mathieu Doublet

              Dave Stevens a eu beaucoup d’aide sur The Rocketeer et l’édition Deluxe permet d’en apprendre plus. J’ignorais (ou j’ai oublié) que Bruce Timm avait bossé dessus. Je prends volontiers les références. :)

              Pour la nouvelle édition, c’est Laura Martin qui a tout refait et le résultat (déjà bon sur les planches d’origines) est vraiment superbe.

              • Bruce Timm 20 mars 2010 11:40, par Superboy (site Comic Screen)

                La référence :
                "Les grands noms de la BD américaine : Bruce Timm", sous la direction de Eric Nolen-Weathington, publié chez Akileos, 2004. Le prix officiel est de 13 euros.
                Bruce Timm parle de son travail pour Dave Stevens (avec pas mal d’anecdotes) pages 24 et 25.

                • Bruce Timm 20 mars 2010 12:34, par Mathieu Doublet

                  Merci. OK donc c’est dans un Modern Masters en VO. Bien noté. :)

                  • Bruce Timm 20 mars 2010 13:31, par Superboy (site Comic Screen)

                    non, c’est en VF (!).

                    • Bruce Timm 20 mars 2010 13:50, par Mathieu Doublet

                      J’ai bien compris. Je donnais juste la référence en VO de mon côté.

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