Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Autres éditeurs > Jenna Jameson’s Shadowhunter #1-3

Jenna Jameson’s Shadowhunter #1-3

vendredi 10 juillet 2009, par Mathieu Doublet

(Virgin Comics / Jenna Jameson & Christina Z. / Mukesh Singh)

Jezzerie Jaden est une jeune fille pas tout à fait comme les autres : en effet, depuis son plus jeune âge, elle a des visions.
Visions qu’elle a rapidement appris à garder pour elle, histoire de ne pas faire d’histoires. Arrivée à l’âge adulte, les visions
se font plus oppressantes, inquiétantes et dangereuses. Elles attaquent même la jeune fille qui doit se défendre avec les moyens du bord,
à savoir une épée qui lui sort de la main. Cet étrange événement ne la surprend que modérément et là voilà à trucider du démon. Quand
elle revient sur "Terre", c’est pour s’apercevoir que son appartement est fermé pour cause d’impayés et que l’argent qu’elle donne à son
petit ami lui sert à sortir en boîte et à fréquenter d’autres jeunes filles. Heureusement que son papa est là, un gros démon cornu qui a
envoyé les bestioles citées ci-dessus, voilà de quoi arranger les choses.

Après How to make money like a porn-star, Jenna Jameson remet le couvert en s’associant avec Virgin Comics dont l’un des créneaux était
de s’associer avec des célébrités de divers horizons (le plus souvent comics ou ciné). Le résultat n’est pas déshonorable : l’ancienne star du porno
décide de créer un personnage de femme forte (comprendre "costaude mentalement" hein ? Ca n’est pas un comic-book avec une héroïne obèse ...) qui va devoir
faire un choix entre le Bien et le Mal. Jameson n’étant pas une véritable scénariste, les gens de chez Virgin lui propose de bosser avec Christina Z., qui a
travaillé entre autres sur Witchblade. Et en lisant Shadowhunter, on sent bien l’influence du titre Top Cow : ne serait-ce que par le rapport entre Jezzerie et
son arme (rapport clairement décrit dans le numéro 3 de la série). Pour le reste, s’il y avait inspiration, il faudrait aller la chercher du côté de Spawn avec
une héroïne qui doit choisir entre deux camps opposés.

Shadowhunter bénéficie pour attirer le chaland de couverture de Greg Horn qui était parfait pour publier des couvertures estampillées Jenna Jameson
mais la réelle force graphique du titre est à l’intérieur. En effet, Mukesh Singh est un artiste à suivre de très près et je suis d’ailleurs fort surpris qu’on
n’ait pas entendu parler de lui chez Marvel ou DC. Il réussit à marier l’horreur d’un univers à la Spawn avec la finesse du trait des frères Luna (Girls, Ultra, The Sword)
tout en donnant à son héroïne des expressions tyrès variées.

Malheureusement, après le fiasco de Virgin Comics qui décide d’arrêter de produire des bandes dessinées pour le marché international, Shadowhunter ne risque pas d’aller
beaucoup plus loin. Le dernier numéro lui-même est composé de textes en prose et ne contient pas de pages de BD. Le concept de l’héroïne est donc bien posé, il ne reste
plus qu’à lui faire vivre des histoires dignes de ce nom. Reverra-t-on Jezzerie Jaden en album ou pas ? Ca ne changerait pas grand chose à l’univers du comic-book. Par contre,
il serait vraiment intéressant de savoir ce que Singh prépare en ce moment ...

N.B. Le numéro 0 contient les premières planches du numéro 1 plus des interviews promo des différents acteurs.