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The Venice Chronicles

vendredi 12 juin 2009, par Mathieu Doublet

(AdHouse - Atelier Fio / Enrico Casarosa)

Enrico Casarosa, en compagnie des deux voix qui traînent dans sa tête, nous emmène dans un voyage rétrospectif à Venise. Un bien long voyage qu’il démarre à San Fransisco avec sa petite-amie, afin de rendre visite aux parents de celle-ci ainsi qu’aux siens. Le voyage se fera sans beaucoup de souci (si ce n’est le bagage perdu à l’arrivée à Venise) et sera l’occasion pour Casarosa de parler de lui, de son travail, de la difficulté de produire une bande-dessinée et de son amour pour celle que l’on dénommera pudiquement M.

Du coup, pas beaucoup d’action à l’horizon. The Venice Chronicles se place dans une niche assez étroite de la bande-dessinée que certains auteurs franco-belges ont traversé : le carnet de voyages. On est loin du conflit cosmique ou super-héroïque et tout aussi loin de récits intimistes et poignants (type Blankets ou encore Pedro & moi).
Il en résulte un climat de sérénité avec des "problèmes tout relatifs" : Casarosa se demande comment faire une bande dessinée vivante à partir de dessins représentant la réalité ou comment réussir à capter le moment présent tout en racontant des événements s’étant déjà passés. L’auteur se demande aussi retranscrire son histoire d’amour sans remplir son bouquin de guimauve.

On n’est franchement pas loin des dessins animés Ghibli. Je pense entre autres à Kiki’s Delivery Service ou Mon voisin Totoro qui dépeigne des situations ou les personnages ne sont vraiment confrontés à des problèmes pendant le film même. Cela devrait faire plaisir à Casarosa qui vénère Hayao Miyazaki.
Graphiquement, on peut aussi penser au studio d’animation japonais mais dans un style radicalement différent puisque le dessin de l’animateur (Casarosa bosse chez Pixar - tout comme Scott Morse qui publie ses bouquins chez Ad House) m’a beaucoup fait penser à la direction prise par Takahata dans "Mes voisins les Yamada". Un dessin atypique donc, caricatural et expressif mais pas joli dans l’absolu.

Ce qui est sublime, c’est tout le travail d’aquarelle qui renforce bien le côté "Carnet de voyage" comme on peut le connaître par chez nous. C’est un des grands points forts du bouquin. Pour le reste, c’est joyeux, agréable à lire et ça fait même appel à votre connexion Internet (pour voir que ce que Casarosa ne peut montrer sur une page - et ce qui renforce l’émotion du passage). Bon après, vous avez bien compris que ce n’était pas une bande dessinée pour tous les lecteurs, qu’elle n’était pas ultra-géniale-de-la-mort-qui-tue-tu-parles-d’un-incontournable, mais que c’était simplement un bon bouquin.


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