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Batman : The Battle for the cowl - la totale

samedi 4 juillet 2009, par Mathieu Doublet

Gotham Gazette #1 : Batman dead ?

(DC Comics / Fabian Nicieza / Dustin N’Guyen, Guillem March, CrissCross, Jamie McKelvie, Alex Konat & Mark McKenna)

Tandis que The Veil joue les choeurs antiques sur les toits de Gotham, Vicky Vale, Stephanie Brown, Harvey Bullock et Leslie Thompkins sont tous de retour à Gotham. Ils savent que la ville a besoin d’eux d’autant plus que Batman semble introuvable et que des rumeurs sur la mort du justicier sont de plus en plus persistantes.

Fabian Nicieza ouvre l’événement "Battle for the cowl" avec quatre petites histoires bien écrites qui montrent assez bien comment Gotham plonge rapidement dans un chaos total. C’est l’occasion pour DC de remettre certains personnages sur le devant de la scène et de rectifier certaines erreurs du passé (War Drums par exemple).

Et graphiquement, chaque dessinateur s’en tire très bien. Si les équipes artistiques sont celles à venir sur les titres de la Bat-family, il n’y a pas à s’inquiéter, c’est du tout bon.

Pour un numéro d’ouverture, c’est donc un très bon numéro. Reste à savoir comment le reste va se développer.


The Battle for the cowl #1-3

(DC Comics / Tony S. Daniel)

Il n’a pas fallu longtemps aux bandits de Gotham pour s’apercevoir que le justicier de la ville n’était plus présent. Du coup, ils cherchent à récupérer la ville et les deux grandes factions en lice sont celles de Double-Face et du Pingouin. Mais ce qu’ignorent Harvey et Oswald, c’est qu’il y a un troisième joueur et que celui-ci est bien parti pour réellement semer le trouble en commençant par la libération des prisonniers d’Arkham (en transfert après les incidents de R.I.P.) et l’explosion de l’asile.

Pendant ce temps, il faut bien faire régner l’ordre et Nightwing est devenu celui qui chapeaute le combat contre le crime. Mais Dick ne se résoud pas à porter la cape de Batman même si visiblement, c’est le costume qui fait toute la différence. Le jeune homme est aussi débordé par toutes les activités criminelles et se demande encore comment Bruce Wayne pouvait gérer toute une ville. Il est bien entendu aidé par Tim Drake (Robin) et par les Birds of Prey mais il a aussi demandé l’aide du duo Knight et Squire, à croire que ces derniers n’ont pas de ville à protéger.

Tony Daniel scénarise et dessine cette épopée qui doit remettre de l’ordre dans les titres de la Bat-family. Il est suffisamment malin d’ailleurs pour la mettre en scène dans sa quasi-totalité (il ne manque en fait que deux jeunes filles à l’appel). Il montre aussi comment un vilain réussit à se faire une place parmi les plus grands criminels même si sa présence demeure pour le moins étrange et inexpliquée. A moins que ...
Le mystère du nouveau Batman tombe assez à plat et un retournement de situation dont il y a fort à parier qu’il ne va pas durer longtemps : l’hécatombe de ces numéros est à la fois fort logique mais aussi fort gratuite.
Les planches sont superbes, le dessinateur tombant rarement dans son style de F5 ou encore The Tenth.

Au final, les cartes sont redonnées et Batman est à nouveau présent dans Gotham. Qui est derrière le masque ? C’est là toute la question enfin résolue. Une fin logique mais qui aura permis au lecteur de confronter diverses possibilités. Et quand on pense que DC aurait très bien pu allonger la sauce à 6 numéros, on ne peut que féliciter Tony Daniel d’avoir su résister à la tentation.


Battle for the cowl : Arkham Asylum : Where the beauty lies

(DC Comics / David Hine / Jeremy Haun)

Pauvre docteur Arkham ! Après avoir être physiquement attaqué par les hommes du Black Glove, le voilà perdu dans Gotham complètement disorienté. Et quand il revient à lui, il est obligé de constater que les rues de Gotham sont redevenues le terrain de jeu de gangs , que Batman n’est plus là et que son asile a sauté.
Mais ce que la plupart des personnes ignorent, y compris ceux qui ont libéré les prisonniers, c’est qu’Arkham a d’autres patients dans un endroit reclus où seul lui a droit d’accéder. Il y a dans le Trou des prisonniers qu’il ne fallait pas mélanger avec les Jokers et autres Killer Croc. Arkham doit donc savoir dans quel état ils se trouvent.

Très bon one-shot de David Hine qui se concentre sur le tenancier d’Arkham et sur ce que celui-ci appelle "l’endroit où la beauté réside". Il joue assez finement sur la personnalité du médecin sans explicitement choisir s’il est fou ou non. Ces nouveaux patients sont des cas étranges et la dernière case possède finesse, tragédie ou bien un bonne dose d’humour noir.

Les planches sont à la hauteur du scénario même si Jeremy Haun a changé son style avec des traits bien plus épais. The Place where Beauty lies est donc une bonne histoire et laisse entrevoir un futur particulier pour les prochains adversaires de la Bat-family.


Battle for the cowl : Commisser Gordon

(DC Comics / Royal McGraw / Tom Mandrake)

S’il y a bien quelqu’un qui souffre de l’absence de Batman, c’est le commissaire James Gordon. Sa ville est en proie aux flammes et à toute forme de crime et il ne peut faire que ce que les forces de l’ordre lui permettent. C’est bien ce qu’il a dû faire comprendre au maire de Gotham quand celui-ci lui a demandé comment ils s’étaient débrouillés pour capturer tous les pensionnaires de l’asile d’Arkham lors de leur dernière échappée.
Alors avec les moyens du bord, Gordon se lance après tous les tarés de la ville. C’est Victor Fries qui se faire repérer le premier en volant à plusieurs endroits. Mister Freeze a un plan mais lequel ? C’est ce que le commissaire va apprendre alors qu’il est fait prisonnier par le vilain réfrigéré.

Encore un bon one-shot même si celui-ci n’est pas ce qu’il y a de plus original ou indispensable. Royal Mc Graw est pour moi un véritable inconnu mais celui-ci réussit à tisser une histoire vraisemblable à propos du chef du GCPD. La chute de l’histoire est assez sympathique et permet de relancer l’intérêt pour les forces de police (à travers tout d’abord une mini-série à venir si je ne m’abuse).
Tom Mandrake s’occupe du dessin et à vrai dire, ça n’est pas franchement ma tasse de thé. Le découpage est efficace et les proportions tout à fait correctes mais les visages des personnages sont rarement régulier et les détails sont facilement cachés par un encrage pas très fin.


Battle for the cowl : Man-Bat

(DC Comics / Joe Harris / Jim Calafiore)

Alors que Batman est officiellement déclaré disparu dans ses rangs, Oracle appelle tous ceux qui ont eu à faire à Batman, qu’il a aidé ou qu’ils ont aidé. Tous mais pas Kirk Langström dont l’épouse, Francine, a répondu à l’appel d’Oracle. Alors le docteur Langström, malgré ses cauchemars, décide d’avaler le sérum et de devenir Man-Bat afin de retrouver sa femme.

Là encore un one-shot correct mais tout de même réservé aux fans de la chauve-souris humaine. Joe Harris nous concocte une histoire des plus classiques et le final est couru d’avance. Jim Calafiore, quant à lui, rend des planches de bon niveau mais on sent bien que le dessinateur n’est pas arrivé au top de ses facultés. Il ne manque pas grand chose pour faire un sans-faute mais Calafiore n’est pas encore arrivé à ce point.


Battle for the cowl - Oracle : The Cure #1-3

(DC Comics / Kevin Vanhook / Julian Lopez & Fernando Pasarin)

Oracle est revenue à Gotham et la voilà en plein diner avec son père. Mais avouons que l’ancienne Batgirl n’a pas vraiment la tête à cela avec la récente disparition de Bruce Wayne.
Mais son travail est aussi de rester en contact avec certains hackers dont Cheese-Fiend, une jeune femme qui a trouvé une équation étrange que Barbara identifie assez rapidement : l’équation d’anti-vie. Ce qui tombe mal pour Cheese-Fiend, c’est que le Calculator cherche aussi les fragments de l’équation. Alors oui, son but est noble puisqu’il cherche à sauver sa fille qui se trouve dans un état critique mais il est prêt à toutes les bassesses pour arriver à ses fins. Et forcément, les deux hackers vont se retrouver face à face.

Si ce n’est pour introduire la prochaine série régulière centrée sur Oracle (après l’arrêt de Birds of Prey), on ne voit pas très bien en quoi cette mini-série a un rapport avec Battle for the cowl, tellement tout ce qui concerne Barbara Gordon dans ces numéros est étranger à la disparition de Batman, aux prétendants à sa succession où à Gotham City. A moins que ... (n’en dévoilons point trop pour ne pas spoiler la disparition de la chauve-souris en chef).
Kevin Vanhook fournit donc du bon boulot dont l’utilité sera certainement déterminée par la façon dont tous les éléments d’intrigue seront utilisés par la suite.

Julian Lopez et Fernando Pasarin se chargent des dessins et si on a déjà vu Pasarin en charge de numéros complets sur JSA (en remplaçant fill-in de Dale Eaglesham), le travail de Julian Lopez est encore peu connu. Ca ne risque pas de durer bien longtemps car Lopez est réellement bon. Dommage qu’il ne puisse apparemment pas prendre en main tout un numéro, et donc a fortiori un titre régulier. Quand il y arrivera, on aura certainement droit à la naissance d’une nouvelle star du comic-book.

Au final de ces trois numéros, pas grand chose à ajouter. Oracle a fait ce qu’elle devait et ça n’a absolument rien à voir avec Batman, sa disparition ou son remplacement. D’autant qu’on nous donne la série Batgirl comme suite à Oracle alors que celle-ci doit avoir sa propre série régulière ... Etrange.


Battle for the cowl : Azrael - Death’s Dark Knight #1-3

(DC Comics / Fabian Niciezia / Frazer Irving)

Jean-Paul Valley était Azrael, le soldat des ordres de Saint Dumas et celui qui a pris la cape et le masque de Batman quand Bruce Wayne n’a pu remplir sa mission (durant Knightfall et la perte de ses jambes après l’attaque de Bane) mais Valley avait des méthodes trop expéditives qui ne convenaient pas vraiment à ce que Wayne avait en tête.
A Gotham, on retrouve deux hommes tués de la même manière : faisant partie du même gang, ils ont eu la tête coupée et la plaie cautérisée. Valley est peut-être mort mais Azraël est visiblement bien en vie. En tout cas, c’est ce que la Bat-family pense sans se douter le moindre instant que ce qui les intéresse est aussi dans les affaires de la famille Al Ghul.

Fabian Nicieza reprend donc un personnage qui a eu son heure de gloire lors de l’absence de Batman et en profite pour lier le tout avec ce que Grant Morrison a écrit dans son run sur Batman. Le résultat est très intéressant : bien fichu, avec des personnages forts et complexes et surtout pas mal de possibilités pour la suite des événements.

En lisant le nom de Frazer Irving sur la couverture, j’avoue avoir eu quelques inquiétudes, le dessinateur étant beaucoup plus à l’aise avec les créatures étranges (Klarion, les Inhumains ...) qu’avec des personnages humains standards. Avec Azrael, le dessinateur prouve qu’il n’en est rien et rend de superbes planches avec son style si particulier. Les dominantes bleues et violettes font maintenant place à des couleurs plus brillantes et plus brûlantes, pouvoir du personnage principal obligent.

Bref, Azrael est certainement la mini-série reliée à Battle for the Cowl la plus réussie du lot alors qu’au départ elle est celle qui me donnait le moins envie de la lire. Elle permet, elle aussi, de replacer une pièce majeure sur l’échiquier de Gotham. Maintenant, est-ce qu’Azrael est capable de tenir sur une série régulière ? Je n’en suis pas persuadé mais si Simon Dark a tenu 18 épisodes, il y a fort à parier que le justicier de Saint Dumas a au moins cette période d’essai.


Battle for the cowl : The Network

(DC Comics / Fabian Nicieza / Don Kramer & J. Calafiore)

Le docteur Hugo Strange a une nouvelle idée : pour montrer que le nouveau Batman n’est pas celui qui devrait porter le costume, il propose un test. Trois otages, trois endroits différents et si l’un des otages est libéré, les deux autres mourront. Pour plus de fun, il décide même de lancer des paris afin de récolter un peu de fonds pour sa prochaine malfaisance.
Mais ce qu’il ignore, c’est qu’à l’initiative de Batgirl, Oracle a remonté un réseau d’agents. Plusieurs agents pour plusieurs victimes, les mains sont enfin équivalentes. A moins que les règles ne changent ...

Autant j’ai aimé le boulot de Nicieza sur Azrael, autant il m’a déçu sur ce one-shot notamment à cause du comportement d’Huntress, qui me semblait s’être un peu calmée. Le one-shot est forcément aussi pénalisé par le reste de l’événement Battle for the cowl qui met des personnages sur le carreau, mais cela est mal mis en scène surtout s’il y a un semblant de continuité entre la mini-série mère et les tie-ins.

Pour la partie graphique, rien n’a dire de particulier. Je n’aime ni Kramer ni Calafiore mais je ne leur reproche rien non plus. On a donc droit à de bonnes planches tout à fait lisibles mais parfois en faisant trop (avec des cases penchées ne servant pas à grand chose).

Bref, un one-shot de plus qui n’apporte pas vraiment quelque chose d’intéressant à moins d’être exploité par la suite.


Battle for the cowl : The Underground

(DC Comics / Chris Yost / Pablo Raimondi)

Edward Nigma est le nouveau détective privé à la mode de Gotham. Quoi de plus normal qu’un ponte comme Oswald Cobblepot vienne le voir ... pour retrouver l’un de ses deux concurrents dans la prise de la ville, à savoir le Black Mask. Bon, on ne peut pas vraiment dire que le Pingouin compte payer le Riddler et que ce n’est pas une offre qu’il fait mais plutôt une condition à remplir pour Nigma s’il veut rester en vie. Alors qu’Eddie se pose moult questions, il se dit qu’il a besoin d’un stagiaire et voilà que débarque Harley Queen. Une sacrée équipe est en train de se former.

Chris Yost propose un one-shot pas mal foutu mais qui repose sur l’étrange fait que l’histoire se découpe en deux entre E.Nigma et Catwoman et ne se conclut pas (la suite à venir dans Battle for the Cowl #3 et la prochaine série Gotham City Sirens). Mis à part ces deux points qui font de ce comic-book une histoire à compléter, c’est très agréable à lire.
Pareillement pour le dessin de Pablo Raimondi que l’on a pu voir sur Madrox et X-Factor en compagnie de Peter David. Clin d’oeil amusant qu’il reprenne un personnage au costume vert pour DC.

Bref pas incontournable mais agréable à lire.


Secret Six #9

(DC Comics / Gail Simone / Nicola Scott)

Alors qu’une bande de mercenaires tente d’assassiner une petite et sa nounou, ils sont interrompus par Bane. Celui-ci est en compagnie de Catman et de Ragdoll et ont pour objectif de sauver trois enfants de trois capitalistes. Mais au fond, pourquoi l’équipe est-elle arrivée à Gotham ? Pour remplir une espèce de contrat ou bien pour essayer de voir ce que ça fait d’être dans la peau de Batman ?

C’est bien ce seul point qui permet à ce numéro de Secret Six d’obtenir l’étiquette "Battle for the Cowl". C’est aussi, espérons-le, une occasion pour cette série de se démarquer aux yeux des lecteurs de l’événement. Car Gail Simone nous écrit là un très bon épisode avec ce mélange d’humour et de violence. Nikola Scott présente aussi des planches à la fois jolies mais aussi très graphiques dans la représentation des combats et des morts. Les trois enfants présents lors des affrontements auront certainement besoin d’un psychologue pendant quelques années. En clair, un numéro bien sympathique mais complètement inutile pour l’événement Batmanien.


Gotham Gazette #1 : Batman alive ?

(DC Comics / Fabian Nicieza / Dustin N’Guyen, Guillem March, CrissCross, Jamie McKelvie, Alex Konat & Mark McKenna)


On prend exactement les mêmes que dans Gotham Gazette : Batman dead ? et on recommence. Le résultat est à la hauteur de l’enjeu. A savoir que Fabian Nicieza réussit à rendre assez palpitant la lecture de mini-histoires avec tout le potentiel qui peut en sortir.

Graphiquement, c’est toujours de la très bonne came, mention spéciale à Dustin N’Guyen qui se vautre dans le dessin bien alléchant. Bref, je ne serais absolument pas contre le fait que Nicieza prenne en charge une série du Batman-verse. Et il faut donc maintenant suivre les nouvelles séries pour voir ce qui nous attend.