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Modern Masters Vol. 20 : Kyle Baker

mercredi 27 mai 2009, par Mathieu Doublet

(TwoMorrows Publishing / Eric Nolen-Weathington)


La revue Modern Masters consacre chacun de ses numéros à un auteur en particulier en l’interviewant en long, en large et en travers et en illustrant la discussion avec de nombreux sketchs, planches et autres dessins.

Pour le vingtième opus, c’est au tour de Kyle Baker de réponse aux questions d’Eric Nolen-Weathington. L’interview est menée de façon relativement classique et chronologique : des amours de Baker pour les comics humoristiques de Disney et ceux horrifiques d’EC Comics jusqu’à sa bande dessinée consacrée à Barack Obama (encore à venir à l’heure où ces lignes sont écrites - màj fin 2011 : il ne l’a toujours pas publiée). Il parle aussi de la niche de "dessinateur de l’Histoire Noire" qu’il s’est trouvée en passant par les passages incontournables chez Marvel et DC mais ou encore chez Warner Bros aussi bien dans le département de l’animation que celui plus classique de la production de sitcoms avec des personnages en chair et en os.

S’il y a bien quelque chose que Baker considère important, c’est qu’un job, dès qu’on l’accepte, doit être accompli du mieux que l’on peut et cela, dans les temps impartis. Le dessinateur explique bien entendu qu’il ne fera pas autant d’efforts sur une illustration de magazine (qui n’a qu’un rôle mineur au sein du journal et de l’article qu’illustre et qui ne restera dans l’esprit du lecteur qu’un temps relativement court) que sur un comic-book qui restera sur les étagères des librairies des années durant. Mais peu importe, il faut tout de même que le travail soit de qualité et avouons qu’en regardant les dessins proposés (mis à part les croquis qui sont très basiques), le résultat est toujours de bonne facture.

Toujours du bon boulot mais en connaissance de cause. En effet, même si Baker a un dicton personnel "ne pas accepter de boulot chez Marvel", cela ne l’empêchera pas de bosser sur Truth, l’histoire du Captain America noir, ou encore sur Deadpool Max avec un run assez long (sachant que ce travail a été fait bien après les déclarations à Modern Masters). Et à partir de ce moment, il sait parfaitement comment les choses seront faites. C’est grosso modo la même chose chez DC et Baker sait pertinemment ce qu’il l’attend quand il travaille sur des super-héros de la maison ou bien chez Vertigo.

Ce qui est finalement assez dommage dans ce bouquin, c’est qu’on ne sent pas Kyle Baker comme un passionné. Il a un rapport assez concret à l’argent et à son travail, deux thèmes qui reviennent trop souvent à mon goût et qui montrent la distance qu’il y a entre l’auteur et son travail. Si Baker trouve un boulot dans un studio d’animation et qu’il ne fait pas de bande dessinée pendant ce temps, ça n’est absolument pas grave ... et tant pis pour les fans. Un point qui, s’il ne m’a plu, m’a certainement fait grandir en tant que fan et que collectionneur.

Ce numéro de Modern Masters est mon premier essai dans pour cette revue et autant dire que la lecture, si elle n’a pas été passionnante (j’aurais aimé plus d’anecdotes, que Baker finisse ses phrases et qu’il se révèle plus amusant puisqu’il est censé être le type le plus drôle de la bande dessinée américaine aussi bien en vrai que dans son travail), s’est révélée intéressante. Il y a visiblement des numéros plus ou moins intéressants suivant le dessinateur ou l’auteur interviewé mais la revue demeure de grande qualité, d’autant qu’il y a une bonne galerie d’illustrations en fin de bouquin.


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