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Mortelle Défense

samedi 23 mai 2009, par Mathieu Doublet

(Pocket / Brad Meltzer)


Sara Tate est une avocate qui a quitté le cabinet dans lequel elle travaillait. Et on peut dire que ce départ ne s’est pas vraiment fait à l’amiable. En tout cas, elle a désormais un mal de chien à retrouver un emploi. Mais heureusement, au bout de quelques mois, elle décroche enfin une place au parquet en tant que substitut du procureur. Le seul hic : le maire de New York entend faire des coupes dans tous les budgets municipaux et le tribunal n’y échappera pas. Selon la tradition, ce sont les derniers arrivés qui se feront virés en premier et Sara, comme tous ses collègues, doivent gagner un maximum d’affaires pour montrer qu’ils sont dignes d’être gardés.
Sara a la chance d’avoir Guff comme assistant et celui-ci la guide rapidement à travers tout le système du parquet dont le bureau des affaires judiciaires, là où on peut trouver des affaires intéressantes. Mais pour cela, il faut avoir ses entrées et Sara, débutante, en manque cruellement. Elle va pourtant prendre une affaire qui ne lui était pas destinée. Quand elle découvre la teneur de l’affaire (un simple vol), elle se demande pourquoi cette affaire était réservée à l’un des substituts les plus haut placés du parquet. Elle est loin de se douter qu’elle va s’embarquer dans quelque chose qui la dépasse totalement et qu’elle devra faire face à son mari, lui aussi avocat, et étrangement défenseur de l’accusé.

Brad Meltzer, c’est pour moi le scénariste d’Identity Crisis et celui qui a repris la série Justice League of America à zéro. Et j’avoue que, même si Identity Crisis a des moments assez gratuits et envoie l’univers DC en pleine dépression, j’ai bien aimé ce qu’il avait écrit. J’ai donc décidé de jeter un oeil sur l’un des ses romans, trouvés par hasard dans une librairie.
Et grand mal m’en a pris. Je n’ai vraiment pas aimé Mortelle Défense (Dead Even en VO) même la lecture du roman a été très rapide (visiblement j’étais pressé d’arriver à la fin, mais cela montre aussi que le texte se laisse lire facilement). Il faut dire que démarrer en présentant un couple d’avocats très crispant n’est pas la meilleure façon d’accrocher le lecteur. Dans la grande théorie du roman, les deux personnages principaux que sont Sara Tate et son mari Jared Lynch sont idéaux : des personnages forts mais imparfaits. Sara sort d’une dépression et n’est pas sûre d’elle (alors qu’elle est très compétente) et Jared semble avoir tout qui lui sourit (dont une future place d’associé dans le cabinet dans lequel il travaille) alors qu’il manque de confiance en lui dans son for intérieur.
Et les dialogues entre deux personnages sont à la fois d’une guimauve dégoulinante et pénible et sombrent souvent dans l’hystérie la plus totale. Personnellement, je n’accroche absolument pas à ce genre de choses. On va ajouter là dessus qu’ils ne sont tout de même pas très rusés et que pour des personnages de romans policiers, ayant une certaine expérience dans des affaires criminelles, connaissant de plus un détective privé, ils manquent d’un sens pratique certain. Et oui, cela aurait pu changer bien des choses quant à la conclusion du roman.
Mais il faut bien le faire avancer ce roman et justement, on ne peut pas dire que Mortelle Défense démarre sur les chapeaux de roues bien au contraire. L’auteur compense cela en écrivant des passages très courts ce qui fait qu’on s’est à peine représenté l’endroit où se déroule l’action qu’on passe à une autre scène. Génération zapping, soit la bienvenue ! J’ai trouvé que ça ne fonctionnait pas. Et là où quelqu’un comme Neil Gaiman utilise des courts paragraphes tout au long de son récit pour qu’ils fassent finalement sens au moment de la conclusion, les passages éclairs de Meltzer ne font que déconcentrer.

J’ai eu plus l’impression que Brad Meltzer écrivait à la ligne en plaçant de temps en temps des éléments d’intrigues qui serviront pour plus tard. A tel point, que je les ai quand même bien vu arriver. Tout cela donne un sentiment de décousu quand il ne s’agit pas d’inutilité (comme les scènes où Sara est censée faire du bénévolat et qui ne servent à rien, ni à l’intrigue principale ni à la caractérisation du personnage).
Au final, pour un essai, Mortelle Défense s’est révélé bien décevant surtout après Elle tue comme elle respire de Greg Rucka. Peut-être que je n’ai pas pris le bon roman de l’auteur, mais pour en essayer un autre, je vais attendre un petit moment ...

P.S. Ah oui, pour les références comics, j’en ai trouvé trois : un certain Winick, un certain Pacheco (qui est une femme dans le livre je crois) et un lasso qui permet de dire la vérité. Pas de quoi réveiller le fan qui dort.


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