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Codename : Knockout #0-3

jeudi 7 mai 2009, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Robert Rodi / Louis Small Jr.)

Elle, c’est Angela St James, une belle femme qui maîtrise le coup de talon dans les gencives de ses adversaires et qui semble être une agent secrète (travaillant pour sa mère et l’agence G.O.O.D). Lui, c’est Go-go Fiasco, son sidekick, pourrait-on dire, avec une langue aussi agile que sa ... euh ... Et les deux fonctionnent bien ensemble à presque tous les niveaux. Il n’y a qu’au lit où ça fonctionne pas puisque Go-go préfère les hommes.
Après une première mission où Angela est obligée de sauver les miches de son ami qui a volé un microfilm à un grand méchant consignant encore sur ce genre de support la liste de ses agents sous couverture, les voilà tous les deux attaqués par des ninjas. Et cela aurait bien un rapport avec une autre agence secrète appelée E.V.I.L. St James est persuadée que Damon Devlin, celui qui dirige E.V.I.L., est l’homme qui a tué son père mais quand elle arrive enfin en face de lui, elle apprend que Devlin est en réalité son papa disparu. Mme St James mère va avoir des comptes à rendre ...

Ah, une attaque de ninjas alors que l’héroïne se lève tout juste et que le héros prend une douche, en voilà une bonne idée ! Là où dans n’importe quelle série de super-héros, les agressés auraient eu le temps d’enfiler quelques vêtements, notre duo ne s’embarrasse pas de ce genre de détails : un bon combat à poil, rien de tel pour bien commencer la journée. Prends-en de la graine, Bendis !
Robert Rodi y va franco dans le délire assumé. Alors oui, l’héroïne a un physique des plus avantageux ; oui, elle préfère utiliser des techniques tantriques pour faire parler ses adversaires ; oui, elle jure comme un charretier. Alors est-ce sexiste ? Peut-être bien si on se limite aux images. Mais Angela St James est vraiment un personnage de femme au caractère bien trempé. Et c’est Go-go Fiasco (rien que le nom ...) qui est le faire-valoir de l’héroïne, surtout qu’il ne peut pas lui faire du rentre-dedans. Autant dire qu’on est loin de l’image du mâle alpha.
Pour le reste, autant dire que c’est du pur n’importe quoi et qu’on se régale, surtout quand on ne veut pas se prendre la tête.

Louis Small Jr. est aux dessins. Je ne connais pas bien ce dessinateur mais il me semble qu’il a bossé sur Vampirella avant de rejoindre ce titre Vertigo. Dès les premiers numéros, on voit tout de suite que sa plus grande faiblesse est l’irrégularité de son trait. Je me demandais si d’un numéro à l’autre, l’encreur avait changé mais non, Mark Farmer fait ce qu’il peut : le dessinateur change son trait trop souvent pour que l’on puisse apprécier ses talents. Alors forcément, quand on passe après les artistes qui dessinent les couvertures et que ceux-ci s’appellent Joe Chiodo, Frank Cho ou encore J.G.Jones, ça fait mal, très mal.

En bref, Codename : Knockout n’est pas sans rappeler Danger Girl, un Danger Girl qui irait moins dans le n’importe quoi et qui serait plus cru (plus orienté sexe et plus vulgaire aussi). Si vous cherchez un plaisir coupable, voilà la série pile poil faite pour vous à condition de supporter les dessins.