Onirique Comics 7.1

Accueil > Para-comics / Meta-comics > L’étrange vie de Nobody Owens

L’étrange vie de Nobody Owens

samedi 11 avril 2009, par Mathieu Doublet

(Wiz - Albin Michel / Neil Gaiman)

Tout commence par une maison et dans cette maison entre un homme tout habillé de noir avec un couteau pointu à la lame aiguisée. Cette intrusion est absolument inconnue de la famille qui réside là. Et si l’assassin est un maître en la matière, le bébé de la famille, plus intéressé par le fait de ne pas être remis au lit que d’échapper au donneur de mort, sort de la maison et se dirige maladroitement en haut de la colline, là où se trouve un cimetière changé depuis longtemps en parc naturel.

C’est ce qui va le sauver car les fantômes tout frais de ses parents auront la chance de se précipiter dans le même cimetière et de demander aux résidents du parc de protéger le petit.
Tout ceci est bien entendu inhabituel et les morts discutent un long moment sur le fait d’adopter le garçon ou non. Comme il n’est personne, il sera prénommé Nobody et il sera recueilli par le couple Owens. Quand à son éducation, elle sera laissée à la charge de Silas, un être ni vivant ni mort mais bigrement mystérieux, qui sera son tuteur. Mais comment faire comprendre à un enfant vif et curieux que le monde extérieur est plein de dangers quand il semble si excitant ?

L’étrange vie de Nobody Owens est la traduction pour le moins particulière de "The Graveyard Book" (le livre du cimetière), dernier roman de Neil Gaiman, à qui l’on doit entre autres, Neverwhere, American Gods, Miroir et fumées ou encore Anansy Boys. Mais Nobody Owens est plus à ranger du côté de Coraline (il est d’ailleurs éditer par Albin Michel et non par le Diable Vauvert comme d’habitude).
Il s’agit d’un roman jeunesse dont le lectorat est plus celui d’un collège ou du début d’un lycée, la partie la plus importante du livre se déroulant quand le garçon a une quinzaine d’années. Du coup, il y a dans ce roman, nettement moins de violence et de sexe que dans les précédentes oeuvres de Gaiman. Mais Nobody Owens a certainement beaucoup plus d’aventures et d’une proportion plus épique que Coraline.
Si le livre du cimetière est plus long que Coraline, on regrette, passé la dernière page, que le roman soit déséquilibré. Certains passages sont longs et développés mais pas autant que les deux derniers chapitres dont certains points d’intrigues sont trop vite expédiés (comme les aventures du trio mené par Silas ou bien le retour du Jack).

C’est certainement le seul reproche que l’on pourrait faire à L’étrange vie de Nobody Owens. Neil Gaiman nous offre une conclusion qui n’est pas sans rappeler Neverwhere et qui laisse le lecteur à la fois plein d’espoir mais avec la gorge serrée et les larmes au bord des yeux. De quoi montrer, que s’il est un roman jeunesse, ce livre se laisse lire avec beaucoup de plaisir même par des lecteurs ayant passé l’âge du collège.

P.S. Ah oui, j’ai oublié de signaler qu’il y a des illustrations signées Dave McKean au début des chapitres et que le bouquin a déjà eu droit au traitement du livre audio et qu’il sera certainement adapté un jour ou l’autre pour la télé ou le cinéma.


Pour acheter ce livre en VF sur Amazon.fr :