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God Save the Queen

mercredi 11 mars 2009, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Mike Carey / John Bolton)


Linda est une jeune anglaise qui s’ennuie et ça ne sont pas ses devoirs qui vont plus la passionner. Heureusement, elle a Jeff avec elle, un garçon sage et posé qui est toujours là pour elle, même si elle ne lui rend absolument pas l’attention qu’il lui donne. Linda pense pourtant qu’elle et Jeff ont un système d’échange équitable : il l’aide à faire ses devoirs et elle lui donne une vie excitante. Comme cette nuit passé en boîte où ils rencontrent un jeune homme étrange appelé Verian. Celui-ci cultive son côté hors-norme et fascine rapidement Linda. S’en suivent passage au squatt et prise de drogue, sauf que la piqûre que Linda prend dans son bras est bien plus dangereuse que n’importe quelle overdose. Car au royaume de Faerie, la reine Mab a réussi à s’échapper à reprendre le trône que Titania lui a volé. Et Mab est bien décidée à prendre sa revanche.

On commence à connaître Mike Carey, ne serait-ce qu’en scénariste des X-Men. Mais ça serait mettre de côté toute une partie de la bibliographie du scénariste qui a écrit bon nombre de récits horrifiques pour Vertigo (du one-shot Sandman presents The Furies au trop méconnu My Faith in Frankie).
En tant qu’auteur anglais, Carey est forcément quelque part influencé par Shakespeare et par une certaine culture punk. Il va donc mélanger attitude punk et titre des Sex Pistols avec le Songe d’une nuit d’été (et une apparition furtive de Roméo & Juilette). Le mélange fonctionne bien et on suit les pérégrinations de Linda dans une vie réelle misérable et dans tout ce que peut lui apporter une vie plus colorée avec ce qu’elle comporte de dangers et d’aventures. Cependant, et c’est peut-être là où ça peut coincer surtout avec les descriptifs appliqués sur les pages de couverture, il n’y aura que très peu d’interactions entre le monde réel et celui de Faerie. Les portes reliant les deux mondes sont bien gardés et pour de bonnes raisons. De même, on ne verra pas beaucoup certains personnages qui semblent pourtant importants dans le cours de l’histoire. Dommage que l’album n’aie pas été plus long.

Le mélange est bien plus subtil visuellement. C’est John Bolton qui s’y colle (et qui refait équipe avec Carey après The Furies) et l’artiste a souvent un style complexe et torturé. Du coup, certains passages londoniens ont des ambiances surréalistes, a fortiori lorsqu’il va s’agir du Drip, l’étrange susbtance que Verian et sa bande préparent.
Reste à savoir depuis quand God Save the Queen est prévu et combien d’illustrations non utilisées auparavant Bolton a réussi à caser dans ce récit. En effet, beaucoup de splash pages sont datées de quelques années avant 2007, date de copyright du livre. Néanmoins, si l’artiste a placé des peintures qui n’étaient pas destinées au récit de Carey, il a au moins le titre de rendre le tout très homogène.

God Save the Queen est donc une bonne lecture qui sert tout ce que son public (ou celui de Neil Gaiman) peut en attendre et qui pêche peut-être par manque de surprises. Est-ce que les réfractaires à Bolton ou les allergiques au monde des fées seront conquis pour cette bande dessinée ? J’en doute fort mais comme je le disais, ce livre n’a pas été créé pour eux.


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