Onirique Comics 7.1

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Lost at sea

dimanche 22 février 2009, par Mathieu Doublet

(Oni Press / Bryan Lee O’Malley)


Raleigh est une jeune fille de dix-huit ans qui vit entre le Canada et la Californie, entre sa mère et son père divorcés depuis quelques années. Et la voilà embarquée dans une voiture en compagnie de deux garçons et d’une fille qui ont fréquenté le même collège qu’elle. Seul souci : elle ne les connaît quasiment pas. Il faut dire que Raleigh est particulièrement mal dans sa peau, qu’elle parle très peu et qu’elle est gênée dès qu’elle fait une blague. Sachant qu’en plus, les trois l’ont appelé par accident et que tous sont partis pour retourner au Canada sans vraiment savoir lire une carte, autant dire que le temps risque d’être long. D’autant que Raleigh est obnubilée par la présence de chats et par cet être étrange à qui elle parle dans sa tête ...

Lost at sea est le premier bouquin de Bryan Lee O’Malley paru avant son succès phénoménal qu’est Scott Pilgrim. Pourtant on ne peut pas dire que les deux titres aient beaucoup de points en commun. Alors oui, il y a toujours cette ambiance adolescente avec des personnages assez jeunes mais Lost at sea, comme le pourrait entendre son titre et sa couverture, n’est absolument pas là pour rigoler. Raleigh est en ce sens le parfait opposé de Scott : elle est taciturne, peu sûre d’elle-même et quasiment incapable de se prendre en main, au moins en est-elle persuadée. Bref, elle est persuadée d’être la personne la moins cool qui existe.
Et le scénariste de dépeindre ce sentiment sur presque 160 pages. Et 160 pages, c’est long. Heureusement, les cases d’O’Malley sont grandes avec des lignes qui prennent bien leur aise et qui ne font pas souvent dans le détail. Le graphisme est rond, inspiré par le manga mais bien assimilé et avec une personnalité propre à son auteur. Si les dessins sont grands, cela n’empêche pas la présence d’un texte très bavard comme une jeune fille en mal-être peut l’être à l’intérieur d’elle-même. O’Malley réussit bien à construire son intrigue et son quasi-monologue sans perdre son lecteur. Vous me direz qu’il n’y a pas grand chose à comprendre et vous aurez raison.

Lost at sea a donc comme propos le malaise adolescent et le passage à l’âge adulte. Il s’inscrit dans ce que je considère une bonne partie du catalogue d’Oni Press où on cause beaucoup de sentiments et où le public visé est plutôt féminin. Vous voilà prévenus surtout si vous prenez Scott Pilgrim comme référence. Par ailleurs, j’ai été bien énervé par la conclusion qui montre qu’en fin de compte, un adolescent, même surdoué, c’est quand même très crétin.


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