mercredi 18 février 2009, par
(Image Comics / Joe Kelly / Diego Greco)
Le Bad Dog est un loup-garou qui a décidé de garder sa forme lupine (ou plutôt canine) tellement il est dégoûté de la nature humaine. Il est associé à un ancien prêtre qui se trouve aussi être nain (ou verticalement différent) et qui jure à tout bout de champ. Lou et Wendell (de leurs prénoms respectifs) sont deux chasseurs de primes qui n’ont pas vraiment de chance. Soit leur voiture les lâche en plein désert, soit on leur propose des jobs qui sont loin de payer autre chose que les tournées et beuveries quotidiennes au bar local. Il y aurait peut-être une solution de récupérer plus d’argent : comme de retrouver les enfants qui sont signalés comme disparus sur les boîtes de lait. Malheureusement, en général, les enfants ont souvent trouvé une fin tragique bien avant d’avoir été retrouvé.
Pour un premier numéro, on peut dire que Joe Kelly et Diego Greco y sont allés assez fort. Entre un démarrage catastrophique (mais encore plus terribles pour les prisonniers qui sont traînés dans le désert sur des kilomètres) et une succession de rencontres aussi poisseuses que possibles, on ne peut pas dire que le quotidien de Lou et Wendell soit rêvé de tous.
Ce premier numéro nous permet de mieux connaître les "héros" et leur mal de vivre rampant tout en s’enveloppant dans des scènes d’action, et se concluant en une scène ... percutante. Vous l’avez bien compris, on est dans le comic-book brut de décoffrage, direct dans ta face et assez peu de finesse aussi bien dans les situations que dans les dialogues très fleuris. Heureusement, il y a Lou qui a visiblement un passé chargé et caché.
Diego Greco contribue à l’ambiance avec des personnages très caricaturaux aux expressions exagérées et aux tenues outrancières. Le physique pas toujours conforme à la norme et les visages expressifs contribuent à rendre la lecture très agréable et l’artiste qui s’occupe de tous les pendants graphiques maîtrise très bien la colorisation de ses planches.
Bref, les quatre dollars dépensés sur ce Bad Dog pour 36 pages de comics (bon rapport qualité / prix, quoique le comic-book soit assez fragile) permettent de passer un agréable moment pour peu qu’on ne cherche pas un moment de finesse.
Mes petits paris :
Envie de lire la suite ? Oui, assez. Le titre est de qualité et même s’il coûte plus cher que la moyenne, on en a clairement pour son argent. Je me demande aussi comment Kelly va développer cette histoire d’enfants disparus.
Parution de la suite ? Image oblige, Il n’y a pas de raison que la série aille au moins au bout de son premier récit complet. Le format permet visiblement de produire soit des mini-séries, soit une série régulière.
Parution du TPB ? La partie graphique est suffisamment accrocheuse pour le bouquin fonctionne bien. Et comme dit ci-dessus, le format permet certainement une publication TPB.
Traduction en français ? Je ne sais pas si le public français accrocherait à ce climat très "redneck" mais pourquoi pas ? Surtout que I Kill Giants a réussi l’exploit de paraître en album VF avant le TPB américain. Peut-être que Joe Kelly a réussi à placer d’autres séries chez Soleil (responsable de l’édition VF de Je tue des géants, sous le label Quadrants).
Lien : Le site Newarama a couvert la sortie de Bad Dog et propose six planches extraites du comic-book.