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Justice League International TPB 1 : A New Beginning

lundi 2 février 2009, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Keith Giffen & J.M. DeMatteis / Kevin Maguire)

Ce TPB contient les numéros Justice League #1-6 et leur suite Justice League International #7.

Ca y est, il est enfin arrivé à la tête de la Justice League. Guy Gardner a déjà les pieds sur la table de réunion. Il est persuadé que l’équipe ne lui résistera pas et qu’il pourra enfin faire tout ce qu’il souhaite. Après tout avec des membres comme Black Canary (qui possède son cri super-sonique tout comme sa mère mais qui n’est pas encore experte en arts martiaux), Blue Beetle (un millardaire aux gadgets multiples), Mister Miracle (le New God qui ne se déplace jamais sans son "agent" Obéron) et Captain Marvel (le tout jeune Billy Batson qui vient d’arriver dans le métier), rien ne semble pouvoir réellement s’opposer à la direction du Green Lantern. La partie est donc presque gagnée mais c’est sans compter le Martian Manhunter et surtout Batman qui prend tout naturellement les rênes de l’équipe. Tant pis, Guy, ça sera pour une autre fois.

Ce qui est assez surprenant, c’est qu’un autre homme d’affaires, un certain Maxwell Lord, songe à s’accaparer la ligue, qu’il a même recruté le Docteur Light sans prévenir personne et qu’il lui a donné un émetteur / récepteur sur la fréquence de la Justice League. Pourtant Lord n’est pas celui qui préoccupe le plus notre équipe de super-héros : en effet, ceux-ci vont devoir se farcir quelques ennemis venus de divers horizons : des bombes humaines ... euh ... humaines, des super-héros venus d’un monde détruit par le nucléaire, un magicien particulièrement aigri et le journaliste acerbe Jack Ryder.

Ce TPB s’ouvre sur un préambule signé par Andrew Helfer, l’éditeur du moment. Celui-ci s’était retrouvé avec la commande suivante : construire le retour de la Justice League en fanfare après les événements de Legends. Ce que l’éditeur ignorait, c’est que Superman et Wonder Woman étaient déjà indisponibles, réservés par John Byrne et George Perez à l’époque. Pour les autres membres, c’était quasiment la même affaire. Il ne restait de costaud que Batman (avec l’autorisation de Denny O’Neil) et le Martian Manhunter, celui qui a toujours fait partie de la ligue.

Comment faire un bouquin intéressant avec des héros de seconde zone ? Des héros interchangeables en plus. L’affaire n’était pas aisée mais l’arrivée de Keith Giffen apporta la solution : mettre dans le récit super-héroïque, de l’humour, beaucoup d’humour. Et le pari est quasi-réussi. J.M. DeMatteis va se charger de mettre en dialogues les histoires de Giffen et va faire en sorte que quasiment tous les personnages se prennent le bec entre eux (avec peut-être une préférence pour Guy Gardner qui les cherche et Blue Beetle qui veut détendre l’ambiance souvent au mauvais moment).
On m’avait donc vendu la JL (plus tard JLI) comme l’un des comic-books les plus drôles jamais écrits. Bon, après la première lecture, j’étais un peu sceptique mais je n’avais pas de bonnes bases, j’étais un petit jeunot, je n’osais pas contredire la parole des anciens. Quelques années après, j’avoue que oui, Justice League International est un titre bourré d’humour. Seulement, je trouve que DeMatteis n’arrive pas à viser juste dès le départ. Le scénariste dialoguiste se repose trop souvent sur des running gags (ou plutôt des running répliques) qui ont l’inconvénient de souvent alourdir l’affaire. Attention, certains autres sont parfaitement calibrés et fonctionnement à merveille mais globalement, j’ai trouvé que le bouquin ne décollait qu’à partir des numéros 4 ou 5. Reste le moment d’anthologie "One Punch !" qui demeure une référence et qui vaut presque à lui seul l’achat de ce premier volume.

La force de Justice League pour un relaunch sans grand héros, c’est Kevin Maguire, un quasi-débutant quand il débarque chez DC. Le dessinateur n’a pas encore le style qu’on lui connait aujourd’hui même si, bien entendu, on reconnaîtra sans mal ses dessins. J’avoue que je préférais quand son style se cherchait encore. Là, même si quelques cases sont encore imparfaites (surtout pour les super-héros vus en entier), son style est très détaillé et les mimiques assez variées suivant les personnages.

Ce nouveau départ est donc un comic-book de super-héros qui se vannent tout en se débrouillant (sans qu’on sache bien comment) à réussir leur affaire alors que tout semble aller contre eux, à commencer par former une équipe avec des membres qui ne peuvent absolument pas s’entendre ensemble. C’est frais (surtout quand on lit les comics de ces derniers temps), ça ne se prend pas la tête et ça a une conscience politique forte (avec un discours sur le désarmement nucléaire et un Reagan dépeint comme un quasi demeuré). Bref, même si le bouquin n’est pas à se taper la cuisse à chaque moment, il reste un classique du super-héros joyeux et dynamique.


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Le TPB a été publié en couverture souple à la fin des années 80 et deux tirages au moins ont été épuisés. Il faudra encore patienter quelques mois pour voir la nouvelle impression.

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