Onirique Comics 7.1

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Hellblazer TPB 1 : Original Sins

mercredi 17 décembre 2008, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Jamie Delano / John Ridgway)

Ce TPB contient les épisodes 1 à 9 de la série régulière.


John Constantine est ce qu’on pourrait appeler un dilettante. On ne sait pas très bien à quoi il occupe ses journées mais elles sont à chaque fois bien remplies. Ce qui est certain, c’est que Constantine n’est pas étranger à la magie et que celle-ci peut à la fois lui simplifier la vie comme la compliquer. Et quand elle l’a lui complique, c’est dans les grandes largeurs.
Alors que des événements plus que surprenants se produisent dans la City (un homme se rend au restau, mange plus que de raison mais meurt sec comme un os, un autre mange littéralement ses comics, ...), Constantine reçoit la visite de Gaz Lester, un de ses amis, junkie extrême et surtout, véritable sac à puces. Le problème est que Lester est lui aussi amateur de magie mais pas aussi doué. Il a libéré, sans véritablement vraiment le vouloir, un démon se nourrisant des désirs des humains. En cette époque de Tatcherisme rampant où le libéralisme bat son plein et où chaque ne pense qu’à accumuler les profits et les biens, c’est ripaille pour le démon qui n’en attendait pas tant.

C’est par cette intrigue que Jamie Delano débute les aventures d’un magicien assez cynique. Et ce faisant, il pose les bases à connaître pour le Hellblazer. John Constantine est apparu dans les pages de Swamp Thing et se trouve être la création d’Alan Moore, magicien à ses heures, lui aussi. Constantine est un homme qui se trouve toujours dans une situation impossible, qui inclut en général de véritables monstres quand ce ne sont pas des démons venus des Enfers et se repaissant des faiblesses humaines. Et souvent, il est le témoin de massacre d’innocents sans qu’il intervienne. Car Constantine n’est pas fou, il veut bien rendre service et sauver l’humanité mais il sait aussi qu’il doit sauver sa peau. Voilà donc un anti-héros comme on n’en fait plus, attachant mais aussi surprenant voire choquant dans ses actions.

A ce héros pour le moins anti-conformiste, Delano lui ajoute un monde au bord du gouffre qui manque d’exploser à chaque instant (les spectateurs du Sens de la vie des Monty Pythons verront auront un sentiment de déjà-vu dès les premières pages), la faute à la nature de l’Homme en cette fin de vingtième siècle. Le comic-book prend alors une tournure sociale et manifestante évidente. Le plus triste dans tout ça étant que les choses dénoncées dans ce TPB ont encore court ces derniers temps.

Le style de Delano est torturé, son héros l’est tout autant. Il est donc logique que le dessin ne soit pas lisse. Et avec John Ridgway, on est clairement dans un dessin qui colle à tout ce qui précède. Les traits sont fins, les dessins possèdent beaucoup de hachures, ce qui donne un côté écorché à tout le TPB. Les monstres en prennent donc beaucoup de puissance. Hellblazer est un titre Vertigo horrifique, un vrai, à ne pas mettre entre toutes les mains.

Le seul reproche est que le titre s’achève sur un cliffhanger plutôt surprenant, qui ne sera qu’effleuré par la suite et surtout un marché plutôt imposant qui lui, ne verra sa suite que dans le TPB suivant. Autant dire qu’il aura fallu être patient, quinze ans séparant les deux premiers volumes de cette série. Mais l’erreur est réparée. Si l’anglais littéraire ne vous fait pas peur (j’ai eu du mal, bizarrement plus que pour The Invisibles ou bien Sandman), jetez-vous sur la VO. Sinon Panini a eu la bonne idée de traduire ce premier TPB. Tout est là pour connaître l’un des magiciens les plus connus de l’univers des comics


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