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Joker HC

dimanche 7 décembre 2008, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Brian Azzarello / Lee Bermejo)

Jonny Frost est une petite frappe de Gotham. Une petite frappe, certes, mais avec un sacré cran. Car le Joker est sorti de Gotham. Normalement, par la porte et sans la fracturer. Alors il faut quelqu’un pour aller le chercher et le ramener en ville. Alors que la bande de Monty, affiliée au Joker, doit aller chercher son patron, il n’y a que Jonny d’assez inconscient pour accepter le job. Lui qui se voyait déjà en haut de l’affiche va avoir toute l’opportunité de voir son rêve se réaliser. Bon, d’accord, à côté de quelqu’un d’aussi imprévisible que le Joker, mais qui ne tente rien n’a rien, non ?

Brian Azzarello nous conte donc la sortie d’un Joker, son retour à Gotham et sa vengeance vis à vis de ceux qui lui ont tout pris tandis qu’il séjournait dans l’asile d’Arkham. L’occasion de voir les sales tronches de Killer Croc ou du Pingouin mais surtout l’occasion pour Azzarello de continuer à écumer les bandes de criminels et d’écrire un récit de guerre des gangs, désespéré, noir et cruel.
Finalement, il réussit très bien son coup. Le personnage de Jonny Frost est étrangement sympathique au Joker et comme on le suit tandis tout le récit, on voit le Joker différemment des autres récits Batmaniens. Il en serait presque attachant et d’autant plus effrayant de maîtrise vis à vis des autres alors qu’il est loin d’être invincible.
Cependant, les fans de l’univers super-héros en seront pour leurs frais. Car à vrai dire, ce Joker n’est qu’un habillage super-héroïque à une histoire très terre à terre. Batman d’ailleurs sera très longtemps absent du bouquin. A tel point que je me suis demandé si on n’avait pas à faire à un récit Elseworld ou le Joker serait bien un aliéné mais pas aussi dangereux que celui qu’on connait habituellement et qui se rêverait un ennemi masqué (je vous laisse lire le livre pour comprendre pourquoi). Mais Batman arrive bel et bien dans l’histoire.

L’histoire de Joker est donc bonne et les dessins sont à l’avenant. Lee Bermejo est un artiste qui a besoin de temps et même si l’on sent un découpage épisodique qui laisserait entendre que Joker était au départ prévu comme une mini-série (à l’instar de Lex Luthor : Man of Steel), Joker est un récit complet paru en une fois.
Bermejo réussit à dépeindre le Joker en lui donnant des traits très humains. La version cinématographique tirée du Dark Knight revient bien entendu en tête mais on voit bien que Bermejo ne copie à nul moment l’acteur Heath Ledger.
Il crayonne et laisse l’encrage et la colorisation à quelqu’un d’autre. Patricia Mulvihill réussit à marier parfaitement ses couleurs et les traits de Bermejo. Si bien d’ailleurs, qu’on voit parfaitement ce qu’elle apporte aux planches.

Joker est donc une réussite aussi bien scénaristique que visuelle et ne devrait pas décevoir à partir du moment où on ne s’attend pas à une histoire de super-héros basique. Azzarello et Bermejo sont en train de donner leurs lettres de noblesses aux super-vilains de l’univers DC, ce qui tombe plutôt bien vu ce que DC plannifie après Final Crisis. Y aura-t-il un prochain ennemi juré mis en scène par le duo ? Si c’est aussi bon que ce Joker, j’espère que oui.


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En VO :

Amazon.fr semble avoir la mauvaise manie de se fournir chez les Anglais et plus chez les Américains, dommage. Voici donc les liens des versions DC puis Titan Books.