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Popgun, volume 2

jeudi 30 octobre 2008, par Mathieu Doublet

(Toujours plein de scénaristes / Toujours plein de dessinateurs / Toujours édité par Joe Keatinge & Mark Andrew Smith)


Voici donc la deuxième mixtape graphique proposée et éditée chez Image. Ca commence très très bien avec le destin logique et quelque peu tragique du "mystérieux Manjuu", un être entre l’animal et le végétal, par une version stylisée du Petit Chaperon et une histoire de Frank "Rocketto" Espinosa à propos d’un héros pour le moins particulier. Ca passe par la case de l’ornithorynque ninja, celle d’une jeune fille qui se fait plaquer et cuisine un mauvais curry, et d’aventuriers qui découpent des monstres beaucoup plus gros qu’eux. On y trouve aussi pas mal de jeunes filles ayant de gros problèmes et même deux histoires dans lesquelles on retrouvera l’ancien président des Etats-Unis, Richard Nixon (pas toujours à son avantage, vous l’aurez deviné).

Bref, Popgun, deuxième du nom est au moins aussi éclectique que son prédécesseur aussi bien dans les thèmes (policiers, science-fiction, fantasy, cyberpunk, comédie et récit intimiste) que graphiquement (divers types de traits, d’encrages, de colorisations).
Cependant, à la fin de ce volume, j’avoue que j’ai été moins emballé que par le premier jet. A chaud, je dirais qu’il s’agit peut-être d’un mauvais équilibre. En effet, à partir d’un certain moment (grosso modo la moitié du bouquin), il n’y a pas d’histoire suffisamment forte, suffisamment excellent pour relancer l’intérêt et le cerveau du lecteur qui a pu s’endormir avant. Du coup, si le début du bouquin est du feu de Dieu (avec l’ornithorynque ninja et les bactéries qui jouent à Dance Dance Revolution), la fin laisse ... sur sa faim.

Bon, pour 30 dollars, avouons qu’on en a pour son argent. Il y a à lire et à se faire plaisir avec les yeux, ça, on ne peut le nier. Si la plupart du temps, j’ai été assez frustré (histoire qui démarre juste qui mériterait une suite - comme pour Hexbreakers Inc, 2 Copper Pieces ou encore Kill Audio), il y a aussi de formidables moments :
- Sanz Plantz, Ninja Platypus donc, de Chris Moreno et Thomas Maver
- The New Job de Justin Robinson et Josh Hoye avec son yéti à la recherche d’un emploi (le Yéti est très tendance chez Image ces derniers temps)
- Bloom de Paul Conrad avec une jeune fille se bastonnant contre des robots
- et mon préféré : Survival of the Festive de Sheldon Vella, très tendance aussi avec ses personnages de fêtes et qui commence avec un lapin de Pâques se battant avec un sapin de Noël pour choper une place de bus.

Globalement, donc, Popgun volume 2 est une légère déception. Pour les amateurs de découverte, il y a forcément de futurs grands artistes à apprécier.


Pour acheter ce livre :

En VO : (là encore, n’hésitez pas à passer par le Marketplace, c’est bien moins cher)

Messages

  • Salut Mathieu. Franck de Comics from Mars speaking.

    J’ai fait une critique de Popgun 2 récemment et j’ai à peu près le même avis que toi. C’est moins emballant que le premier volume, en particulier à cause d’un énorme trou d’air scénaristique qui dure les 3/4 du bouquin. Là où on diffère, c’est que tu as surtout aimé le début, moi la fin, notamment l’enchainement Kill Audio, Ogre and the elves et The Clockwork people, plus quelques autres par ci, par là. Survival of the Festive m’a bien fait délirer aussi.

    La morale de tout ça, c’est que Popgun n’échappe pas à la règle de l’anthologie : c’est la diversité qui fait l’attrait du truc. Le tout, c’est d’y trouver son compte. C’est juste dommage que le niveau moyen n’ait pas été plus élevé sur ce coup là.

    Bonne continuation.

    Voir en ligne : Comics from Mars