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Jesus Hates Zombies featuring Lincoln Hates Werewolves #1-4 : Yea, Though I Walk

jeudi 15 juillet 2010, par Mathieu Doublet

(Alterna Comics / Stephen Lindsay / Steve Cobb, John Ruiz, Lauren Monardo, Daniel Thollin, Preston Asevedo & Felipe Cunha)

Cette chronique est panachée avec celle déjà écrite (au 22 octobre 2008) lors de la parution du premier numéro.

En haut d’un immeuble, accroupi, observant la ville dans son blouson orné d’une croix, la barbe au vent et la batte de base-ball à la main, Jésus réfléchit. Comme il le dit, il est déjà revenu une fois pour sauver nos âmes et cette fois, c’est pour nous sauver la peau des fesses. Car le monde est infesté de zombies et il revient au Sauveur de nous en débarrasser. Il y a juste un petit hic : il espérait latter les morts-vivants à grands coups de miracles et autres rayons lumineux destructeurs sauf que ça ne fonctionne plus vraiment comme ça. Papa a dit que le fiston ne recouvrerait ses pouvoirs qu’au moment où des humains auront foi en lui. En pour l’instant, la seule personne à croire en Jésus, c’est un cadavre à moitié débile.

Alors ne me demandez pas la différence entre un cadavre animé et un zombie, je n’en sais strictement rien. Apparemment le compagnon de Jésus n’a pas cette faim vorace qui anime les autres. C’est une bonne raison pour ne pas lui arracher la tête mais pour le lecteur, c’est un poil compliqué et pour l’humour, c’est parfois réussi, parfois complètement loupé.
C’est tout ce que vous aurez côté histoire concernant le premier numéro car les aventures de Jésus sont interrompues par celles d’Abraham Lincoln qui était certes président des Etats-Unis mais aussi chasseur de loups-garous (hé oui). Et donc on va avoir droit à pas mal de flash-backs sur la jeunesse d’Abe.

Ca dure grosso modo 40 pages et au bout du premier numéro, on a l’impression de n’avoir pas avancé d’un poil. Ou si, justement, seulement d’un poil. On ne comprend même pas si Jésus et Lincoln vont s’associer pour éliminer leurs menaces respectives mais heureusement l’association aura bien lieu lors de la seconde partie.
Jésus aura d’autres acolytes et c’est avec sa bande de mecs super cools qu’ils vont latter du zombie et essayer de résoudre les soucis de Lincoln qui dépassent largement la simple présence de loups-garous.

On peut dire que le scénariste Stephen Lindsay a de la chance et une certaine confiance de la part de la maison d’édition Alterna. En effet, je comprends que de grandes maisons d’édition tablent sur un format TPB et diluent leurs histoires pour les revendre ensuite compilées. Mais même elles se contentent de produire des numéros individuels avec 22 pages de BD, pas 40. Alors comment une petite boîte indépendante peut-elle espérer convaincre le lecteur qui débourse déjà 8 dollars sur une bande dessinée dont il ne peut pas vraiment dire, en toute objectivité, si elle est de qualité ou non ? Peut-être que le tout premier volume (Jesus la terreur des zombies, chroniqué là-bas par les gars sympathiques de France Comics) a si bien marché que l’éditeur s’est dit qu’il fallait foncer.
Je trouvais que la prise de risque était aussi bien prise par l’éditeur que par le lecteur et que rien ne disait que les lecteurs allaient poursuivre l’expérience. 29 dollars pour une histoire petit format en noir & blanc, il fallait pouvoir les débourser. Hé bien, on peut dire que le pari est réussi, les quatre numéros étant parus et qu’il est même prévu une suite ce qui laisse penser que le titre est bel et bien une réussite aux USA.

On ne peut pourtant pas dire que Jesus Hates Zombies s’appuie sur un graphisme qui titille la rétine (pas comme un Mouse Guard qui ravit dès l’ouverture du comic-book). Steve Cobb n’est absolument pas mauvais mais possède un style qui n’est pas conventionnel. Un travail pas si éloigné de celui des séries animées de ces derniers-temps où les personnages sont plus anguleux aussi bien au niveau des silhouettes que des visages. Le graphisme de Danilo Beyruth qui réalise la couverture ou celui de Lauren Monardo, plus cartoony, aurait été nettement plus accrocheur.

Mais Cobb ne réalise que le premier numéro. Il est remplacé par la suite par Daniel Thollin qui suivra le titre jusqu’à sa conclusion. Et là, c’est un tout autre style auquel il faut se faire. Plus arrondi, plus "réaliste", Thollin a toutefois le gros inconvénient de n’avoir qu’une idée approximative de l’anatomie humaine. King, le stripper gay bodybuildé, en fera les frais avec une tête toute petite sur un corps monstrueux et un cou qui sera aussi souple que celui de Reed Richards, parfois très long, parfois complètement inexistant. Les regards sont tous très fortement encrés avec des espèces de pointes qui cernent les regards de tous les personnages masculins, donnant des expressions exagérées et pas particulièrement gracieuses. Les femmes ne seront pas beaucoup plus soignées. Seuls les zombies seront sympathiques à regarder mais leur destruction avec une multitude de clichés sur les cerveaux et les boyaux répandus par terre ne sont pas aussi funs.

Bref, ce Jesus Hates Zombies, malgré son histoire relativement sympathique grâce à une jolie quatrième partie, demande beaucoup d’efforts de la part du lecteur. Dommage que la partie graphique ne soit absolument pas au niveau, quasiment tous les dessinateurs des mini-récits étant bien meilleurs que les dessinateurs principaux du titre.


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