samedi 20 septembre 2008, par
(Dark Horse / Gerard Way / Gabriel Ba)
Ce TPB reprend les 6 numéros de la mini-série ainsi que l’avant-première de deux pages et le numéro Free Comic Book Day.

Reginald Hargreeves est un savant millionnaire un peu extravagant. Il est au courant de la naissance de quarante-sept enfants extra-ordinaires. Sur les quarante-sept, Hargreeves en adopte sept. Il y a Superboy, le chef ; Kraken, le rebelle ; Seance, le bizarre ; Horror, le monstrueux ; Rumor, qui énonce des phrases qui deviennent vraies en changeant la réalité ; Numéro five, un tout jeune mais redoutable adversaire et Vanya, celle qui n’arrive pas à devenir spéciale.
Il y a tout de même un léger souci : le savant fait des expériences assez atroces sur ses "enfants" pour lesquels il n’éprouve pas vraiment d’amour à proprement parler. Pour lui, ces jeunes de l’Umbrella Academy sont seulement là pour sauver l’humanité d’une fin certaine. Peu importe qu’ils soient changés en profondeur ou bien même qu’ils meurent, seule la mission compte. Du coup, les enfants accusent le coup. Et la mission en cours est d’arrêter une Tour Eiffel devenue folle ...
Vingt ans plus tard, le savant est mort et les enfants, séparés par des vies différentes, se retrouvent. Sans savoir que leur réunion va peut-être provoquer la fin du monde qu’ils doivent combattre.
J’avoue que The Umbrella Academy et sa promotion comme "le comic-book du chanteur du groupe My Chemical Romance" (que j’aime bien, ma foi) ne m’avait pas particulièrement inspiré confiance. Et puis à force d’en entendre parler, j’ai sauté le pas.
Et j’avoue ne pas avoir été déçu. Du tout du tout. Car Gerard Way fait preuve de réelle maîtrise avec ce premier TPB à l’intrigue riche, construite de façon assez complexe par des événements se passant dans le présent et dans le passé et possédant des personnages à l’histoire tragique. Malgré cette richesse, il y a tout au long du bouquin un sentiment de solidité : même s’il y a possibilité de développer tel ou tel point dans l’histoire de l’Umbrella Academy, Apocalypse Suite est réellement un récit complet et se suffisant à lui-même.
L’ambiance est à l’étrange et à l’incongru : tout, des personnages au décor en passant par les ennemis pour le moins particuliers, donne envie. On pensera certainement à Hellboy mais c’est surtout ce mélange de menaces de plus en plus terribles et de look complètement anachronique qui fonctionne à plein gaz. Si vous aimez les Tour Eiffel endiablées, les singes qui parlent, les expériences les plus ignobles qui soient, les commentaires de fin de chapitre percutants et les chefs d’orchestre complètement fous, Apocalypse Suite est faite pour vous.
Graphiquement, c’est aussi très bon. Gabriel Ba fournit un joli travail, passionné, si l’on en croit les différents intervenants du comic-book (Scott Allie, le responsable éditorial et Ba lui-même). Certes le style est particulier (surtout en comparaison des couvertures de James Jean - sublimes comme toujours) mais on s’y fait rapidement. Le dessinateur ne se fait pas prier pour mener le scénario dans encore plus de démesure. Attention, cependant, pas mal de scènes sont bien gores.
C’est donc une très très bonne surprise que ce premier TPB de Umbrella Academy. Un récit complet, des personnages sympathiques, un monde riche et une loufoquerie constante, voilà de quoi faire un livre rafraîchissant méritant tout le bien qu’on dit de lui.
P.S. Big up, kudos et merci à Kab de France Comics qui a fini par me donner envie de lire ce bouquin.
Pour acheter ce livre :
En VO :
Sur Amazon.fr :
En VF :