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Fraction #1-6

mercredi 17 septembre 2008, par Mathieu Doublet

(DC Focus / David Tischman / Timothy Green II)

Dans une boîte de nuit, quatre amis fêtent le retour de l’un d’entre eux. Il y a Mike, le sportif de la bande (comprendre surtout qu’il est fagotté en street-wear et porte un bonnet par tout temps) ; Trent, le plus mûr de la bande (parce qu’il est le seul à être père de famille et à avoir un vrai boulot, réparateur de lignes téléphoniques) ; Pete, l’italien qui semble plus discret (mais qui vit toujours avec sa mère) et Ford, qui vient tout juste de sortir de prison. Les quatre sont de vrais potes : quand Trent s’était marrié, Mike était le témoin et Pete et Ford, les garçons d’honneur. Mais le temps a passé et les quatre ont une vision différente de la fête.

Juste pour le fun, juste pour les retrouvailles, les quatre se disent que braquer un petit garage ne ferait pas de mal et que ça les divertirait un temps même si Ford a un peu peur que sa liberté conditionnelle ne saute. Et c’est là qu’ils vont découvrir une armure robotisée. Au jeu du Pierre-Papier-Ciseau, ils se partagent l’armure en quatre : Trent les bottes propulsives, Mike les gants dévastateurs, Ford l’armure corporelle et Mike le casque. Reste à savoir ce que chacun va faire avec sa partie et quand le propriétaire de l’armure va se faire connaître.

Fraction était une série qui devait lancer un nouveau sous-label de chez DC, DC Focus, avec une charte graphique bien identifiable : colorisation monochrome par Brian Haberlin et couverture de Tomer Hanuka. Fraction se distinguait des 3 autres séries (Hard Time, Touch et Kinetic) du fait qu’il ne traitait pas de super-pouvoirs mais de prothèse cybernétique donnant des pouvoirs. Finalement, l’armure est surtout un prétexte pour parler de quatre amis dont les sentiments vont être mis à rude épreuve et donc le caractère profond va être exarcerbé par un bout de métal. Un petit goût de Stand By Me ou de Ca pas désagréable. Joli coup de la part de David Tischman à qui l’on doit, entre autres, les deux mini-séries Bite Club (chez Vertigo) et qui mène son récit tambour battant, ne laissant pas une seconde de répit au lecteur qui voit les quatre personnages principaux s’enfoncer dans les ennuis.

Graphiquement, rien à redire, Timothy Green II a un style particulier certes mais l’on s’y fait vite. Autant son boulot sur la Brigade Temporelle (titre lancé dans la série kiosque Strangers de Semic) ne m’avait pas particulièrement enthousiasmé, autant les dessins de Fraction m’ont bien plu. Les couleurs qui accompagnent ses traits sont plus variées que dans les autres titres DC Focus mais restent plus discrètes que dans La Brigade Temporelle et évitent un effet trop criard.
Timothy II réalise de belles planches mais la présence presque côte à côte de l’ex-femme de Trent et de la fliquette montre que Timothy Green II leur a fait le même visage ce qui est assez troublant. Mis à part ce défaut mineur (le cadre de l’action nous permet toujours de bien identifier qui est qui), Fraction est une vraie réussite au découpage aussi speed que le scénario.

Des personnages sympathiques (des héros aux personnages secondaires), une histoire captivante et complète, Fraction est donc une très bonne série dont l’annulation au bout du sixième numéro était artistiquement injustifée (commercialement, c’est une autre affaire). A vos comic-shops en ligne ou non pour récupérer ces six numéros qui valent le coup.