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Welcome to Hoxford #1

mardi 9 septembre 2008, par Mathieu Doublet

(IDW / Ben Templesmith)

Il y a des cas parfois complètement désespérés. Aussi bien chez les gens biens que chez les ordures. Certains sont absolument trop gentils, d’autres trop crétins ou bien dans le cas qui nous intéresse trop méchants. C’est le cas de Ray Delgado et si on regarde bien son parcours, on pourrait presque le prendre en pitié : à la maison, à l’école, quand il s’est engagé dans l’armée, à chaque fois, il a été maltraité. Il n’est donc pas très surprenant que Ray ait pété les plombs à un moment ou à un autre. Il est donc prisonnier et pas vraiment modèle, sujet d’expériences et d’observations auprès de psychiatres qui tentent de faire revenir Ray dans le droit chemin mais sans y croire vraiment.

Alors quand Ray tue son nouveau co-détenu, les bornes sont franchies. En compagnie de Morton, un pédophile, Burly Bill, un violeur qui garde les têtes de ses victimes et Skunty, le nécrophile, il embarque dans un bus qui doit le mener dans une prison que personne ne connait vraiment : Hoxford.
Il y a tout de même une personne qui tient à eux. Enfin, "tenir à eux" est un peu exagéré mais le docteur (ou la doctoresse, dirais-je) Jessica Ainley tient à ce que ses patients aient le même suivi médical lors ce nouveau centre professionnel. Voilà une belle conscience professionnelle qui n’émeut pas vraiment le chef de la prison Gordon Baker. Sa prison, gérée par un conglomérat russe, l’Usmanov Corporation, a réussi à avoir quelques accords avec l’état et possède donc une quasi-immunité et la possibilité d’être totalement opaque. Et si elle est opaque, c’est qu’il y a raison car à l’intérieur de la prison se trouvent des monstres nettement plus affreux que les prisonniers qu’elle héberge.

Si on devait résumer Welcome to Hoxford en quelques mots, ça serait certainement "Ben Templesmith revisite Oz". C’est bon, j’en vois déjà quelques uns qui se sont rués vers le comic-shop le plus proche de chez eux. N’oubliez pas d’éteindre les lumières et de fermer la porte à clé en partant.

Et ces lecteurs n’auront pas tout à fait tort. Ne parlons pas du style graphique de Ben Templesmith, entre ses 30 Days of Night et autres Wormwood : il est bien connu, entre dessins monstrueux et fonds Photoshopés bien craspecs. Non, penchons nous plutôt sur le contenu. Ce premier numéro nous présente donc quelques uns des détenus d’Hoxford et le danger qui les attend. C’est à peu près tout et c’est très clairement suffisant pour donner envie de lire la suite : aurons-nous droit à un massacre de la part des geôliers ou bien une révolte de la part de ces prisonniers pour le moins hors-normes à la tête desquels Ray Delgado dont les personnalités multiples pourraient bien cacher des facultés particulières ?
Reste aussi la docteresse qu’on espère pas si innocente que ça et qui aura certainement son rôle à jouer dans la boucherie à venir.

Voilà Welcome to Hoxford, une mini-série qui sent bon la boucherie, certainement pleine d’humour noir, plus amusante qu’un 30 Days of Night mais nettement moins que Wormwood. On est de côté là peut-être plus proche de Singularity 7. Amateurs de récits horrifiques, Templesmith ne devrait pas vous décevoir. En tout cas, ce premier numéro annonce de bonnes choses.

Le site de la BD : Welcome to Hoxford