Onirique Comics 7.1

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La légende de Cowboy Wally

jeudi 14 août 2008, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Kyle Baker – VF : Rackam)

Cowboy Wally est un gros pépère déguisé en cow-boy et qui a choisi, à un moment de sa vie, de devenir une star. A ce qu’on peut en voir, ça lui a plutôt réussi vu qu’ils se trimballent avec des femmes de rêve dans les bras quand ça n’est pas de cannettes de bière qu’ils sont emplis. Bref, Wally est un homme heureux, satisfait de lui-même et du travail accompli. Il lui faut donc logiquement accueillir un journaliste pour retracer sa carrière et réaliser un documentaire que Cowboy Wally produira bien entendu à l’aide de ses producteurs Wooshman et Bircabonata. La FAMILLE, c’est ce qu’il y a de plus important.

Mais comment faire pour le pauvre Oswald Stairs quand Cowboy Wally esquive toutes les remarques négatives sur son travail et que finalement, le Cowboy n’a pas eu beaucoup de succès. Il faut dire qu’en ayant une émission simplement en faisant chanter le PDG d’une chaîne de télé, que cette émission est destinée aux enfants et que Cowboy Wally y invite une jeune femme danseuse de cabaret et le professeur Gosh qui fabrique des filles nues avec des ballons gonflables, Wally affichait déjà une certaine image de l’arrivisme.

Kyle Baker illustre donc ce personnage prêt à tout pour devenir une star, enchaînant les projets les plus improbables, massacrant tout sur son passage, y compris le talent des gens avec qui il peut travailler. Un Ed Wood qui exploite le moindre filon mais dont la bêtise et la vantardise transforme quasiment tout en fiasco.

Le scénariste dessinateur utilise donc beaucoup d’humour à mi chemin entre Woody Allen et le trio ZAZ (la série des Naked Gun ou Airplan – plus connus chez nous sous le titre Y a-t-il un pilote dans l’avion / un flic pour sauver … ?). Autant dire que les situations comiques sont nombreuses et diversifiées que les films de monstres en prennent autant pour leur grade que Shakespeare et que le personnage de looser de Cowboy Wally est tellement plongé dans son petit monde qu’il en devient réellement drôle.

Baker utilise pour son sujet un style réaliste (qu’il a aussi utilisé sur Pourquoi je déteste Saturne) ce qui renforce aussi la véracité des faits et l’humour noir qui est distillé tout au long de la BD (car Cowboy Wally n’hésite pas à tout sacrifier, y compris des humains, pour son job qui est finalement assez flou et sûrement illégal). Dommage que la version VF soit aussi réduite par rapport à la version originale. Je n’ai malheureusement pas pu comparer l’intérieur de la version américaine mais il y a fort à parier que les dessins sont réduits en VF et qu’on ne réalise pas à quel point Baker est un dessinateur doué.

On n’est pas non plus très gâté sur la réalisation formelle de la traduction. Les coquilles et les erreurs de français (notamment de conjugaison) prouvent qu’il n’y a pas eu beaucoup de relecture ou de remise en question. Les notes de bas de pages ne sont pas forcément très justes ou très explicites et ne relèvent pas le comique de certaines pensées.

Ceci étant La légende de Cowboy Wally est une très agréable lecture qui allie un humour très fin, plein de sous-entendus et d’ironie à un très d’une précision phénoménale. Vivement conseillé en VO et en VF malgré une réalisation qui aurait pu être bien meilleure.


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