Onirique Comics 7.1

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Hulk (2003)

jeudi 10 juillet 2003, par Mathieu Doublet

réalisé par Ang Lee, avec Eric Bana, Jennifer Connelly et Sam Elliott

Conditions de visionnage : 1ère fois en VO non sous-titrée, seconde fois en VF (beurk !)


Bruce Kensler est un jeune scientifique qui bosse sur une combinaison de neuronodes et de rayons gamma afin de reconstruire les tissus vivants. Il bosse avec la très jolie Betty Ross avec qui il a eu une liaison dans le passé et pour qui il garde certains sentiments. Ses chefs lui demandent des résultats probants alors qu’il n’arrive qu’à faire exploser des grenouilles. Et un beau jour, l’incident se produit et en voulant protéger un de ses collègues, il se prend une bonne dose de rayons Gamma dans le buffet sans sourciller. Plus tard, sous l’effet de la colère,

il va se transformer en géant vert (non, je ne chanterai pas !) qui a tendance à tout envoyer valdinguer.

Bien entendu, l’armée va se faire un plaisir de lui courir après pour d’une part, éliminer cette menace potentielle et d’autre part, en faire un cobaye qui pourra peut-être révéler comment produire des super-soldats.
Kensler ? T’es bien sûr, mon pépère ? Ben oui, car celui que nous connaissons tous sous le nom de Bruce Banner a vécu un grand drame enfoui au fond de sa mémoire. Pour lui, ses parents sont morts lors de l’explosion de rayons gamma qui a eu lieu dans la base armée au fin fond du désert américain. Il a donc été adopté et il va lui falloir plusieurs rencontres avec son père naturel pour que son identité soit bel et bien sûre.

Comme quoi, Ang Lee a pris quelques libertés avec le personnage. Fini le débile qui joue de l’harmonica au bord d’une base militaire qui bosse sur la radioactivité (et oui, je traite Rick Jones de débile si ça me chante, non mais ! ;-) )
Bruce Banner est en plusieurs sens le fruit des expériences de son père. D’une part, de façon tout à fait naturelle mais d’autre part, car David Banner a transmis à son fils, le fruit de ses recherches sur la mutation génétique pour faire des monstres de combat.

C’est le parti pris du réalisateur dans ce film : la relation parent-enfant. Car que ce soit Bruce ou Betty, ils sont tous les deux, de façon différente, une absence de leur père et une totale ignorance par la suite. Ce film va être l’occasion de remettre les pendules entre tous ces personnages.

Et l’histoire du monstre à l’intérieur de l’homme, c’est oublié ? Oui et non, car Banner devient Hulk toujours sous le coup d’une émotion forte et quand il redevient humain, même s’il n’a pas réellement conscience des activités de son alter-ego, il ressent une très grande liberté et un très grand plaisir. Mais c’est à peu près tout, peut-être que le côté ’responsabilité’ de Banner vis à vis de Hulk a été mis de côté pour ne pas faire doublon avec Spider-man pour qui ’de grands pouvoirs impliquent une grande responsabilité’.

Ca, ça va en défriser plus d’un. Ensuite, ne nous le cachons pas plus longtemps : Hulk est un film long (2h20) et lent. Ce qui peut se comprendre dans un sens. Comme dans les films du passé, on ne nous montre pas la créature tout de suite, elle apparaît petit à petit comme la tension de Banner qui va bien être obligé de lâcher la bête un jour ou l’autre. Cela illustre bien le fait que Hulk fait partie de Banner depuis le début, que la bête est là et qu’elle n’attend qu’un signe (en l’occurence une dose de rayons Gamma - don’t try this at home, kids !) pour aller dehors. Lent car Ang Lee prend son temps lors des discussions entre personnages qui ont tout leur temps et qui se trouvent la plupart du temps dans des environnements plutôt déserts. Là aussi la raison cinématographique peut se justifer.

Venons en aux très bons points du film. Tout d’abord la mise en scène avec ses split-screens (écrans divisés) en autant de cases de BD, ce qui nous donne vraiment l’impression de parcourir le comic-book. Une très très bonne idée. Ensuite, la réalisation de la créature en elle-même. A mi-chemin entre le Hulk de Jack Kirby et celui de Dale Keown, la modélisation de la créature n’oublie d’être très proche du visage du comédien Eric Bana qui joue Bruce Banner. Enfin, on voit bien que Hulk et Banner sont une seule et même personne, ce qui était loin d’être le cas dans la série télé puisque Bill Bixby et Lou Ferrigno (qu’on voit dans le film avec Stan Lee) n’ont pas vraiment un même air de famille.

Reste, malheureusement, que pour les gens qui ne sont pas fans de Hulk, le film frôle par moment le ridicule à cause d’une mise en scène des moments dramatiques pas forcément très fine. Et ce sentiment de guimauve et de pleurnicherie (surtout pour le personnage de Betty Ross) est renforcé par un doublage français des plus PITOYABLES ! Dès le début du film, le personnage joué par la très jolie Jennifer Connely atteint des sommets de mièvrerie. Autant se taper la VO, au moins ça ne m’avait pas sauté aux yeux et aux oreilles.

Au final, ce n’est pas avec Hulk que de nouveaux lecteurs de comics vont arriver par wagons. Hulk demeure néanmoins à mon goût un très bon film, mais un film personnel, presque un film d’auteur (j’ai dit presque) en tout cas, une vision bien personnelle de Hulk par Ang Lee. Tout le monde risque de ne pas apprécier.