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Identity Crisis TPB

lundi 25 août 2008, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Brad Metzler / Rags Morales)

Le TPB reprend les sept parties de la mini-série.


Ralph Dibny et Lorraine Reilly sont en patrouille pour la JLA. Qui ça, me dites-vous ? Pardon ... Elongated Man et Firehawk, deux héros qui ont fait partie à un moment ou à un autre de la ligue des justiciers (pour Ralph, ses dernières apparitions étaient dans l’excellente mini-série Formerly Known As The Justice League de Giffen, DeMatteis et Maguire). Une patrouille somme toute banale : trois personnes doivent se rencontrer pour une transaction tout simple, des sousous contre l’objet dans la boîboîte. Cela est tellement dénué de péripéties que Firehawk, comme toutes les autres femmes avec qui Ralph est parti en patrouille, commence à lui parler famille, ménage, identité secrète, ... Autant dire que cela change Elongated Man des patrouilles silencieuses avec Batman. Ralph va donc raconter à Lorraine toute l’histoire de son couple.

Pendant ce temps, Bolt, un vilain qui a copié le T-shirt du Punisher communique avec Calculator, un autre vilain qui s’est reconverti dans la vente d’informations, une espèce d’Oracle pour super-vilains. Il cherche à connaître toutes les données afin de savoir s’il va pouvoir éclater facilement les deux skins qui lui ont donné rendez-vous et se tirer avec l’objet de la transaction sans trop de problèmes. Et au moment où Bolt se décide, plusieurs choses se passent ... et un membre de la JLA meurt.

On ne vous avait pas menti, un membre de la JLA meurt réellement et ce n’est pas l’un des membres auxquels on pense habituellement (d’un autre côté, faut bien mourir chacun son tour, parce que les héros actuels de la JLA ont eu leur part dans les TPBs The Obsidian Age). Et c’est effectivement un événement majeur au sein du DC Universe. Mais plus par la réaction de tous les protagonistes (Batman, Superman, Wonder Woman, Green Arrow, les Teen Titans, Tim Drake ...) que par l’importance du personnage tué au sein de l’univers.

Beau coup pour le duo Brad Meltzer (ancien avocat reconverti dans le roman puis dans les comics en reprenant le perso de Green Arrow après le run de Kevin Smith) et Rags Morales sur cette longue saga de sept numéros.

La tension grimpe crescendo jusqu’au meurtre et Meltzer arrive à donner tout le poids dramatique à cette crise même pour des lecteurs novices qui ne connaîtraient pas particulièrement la JLA et encore moins ces incarnations précédentes. Arrivent ensuite les funérailles qui vont lâcher les fauves. Sale quart d’heure pour les super vilains suspectés du crime.

Brad Meltzer développe son intrigue ensuite de manière fort logique utilisant à bon escient les flashbacks. Une autre bonne idée est de montrer une bande de vilains bien plus organisée que d’habitude qui mènera à Infinite Crisis et aux soucis de Vilains United.
Le scénariste fait la part belle à la voix-off et utilise habilement ce procédé pour nous faire comprendre ce que ressentent les personnages (Green Arrow en particulier, ce qui est normal) là où des bulles auraient certainement rendu les propos grotesques.

Le dernier numéro est si bien fait que, depuis "Hush", aucun titre n’avait provoqué autant d’engouement quant à l’identité de l’assassin recherché par tous. Et il faut dire que le scénariste sait jouer avec le lecteur : une très très grosse surprise vous attend car Metzler va chercher la résolution du "whodunnit" dans les sentiments les plus humains, les plus ordinaires qui soient. Le final n’en est que plus tragique.

Metzler, à mon humble avis, ne se plante que quelques pages juste avant l’épilogue. Les planches avec Batman et Superman sont assez risibles même si elles traitent de la relation parentale des deux super-héros. Dommage, alors que les relations père / fils ont été beaucoup mieux mises en scène avec les Boomrang ou bien Tim Drake et son père.

L’épilogue est assez terrifiant et ouvert à la suggestion du lecteur. Ajoutez à cela que quelques intrigues sont laissées en suspens (elles ne pouvaient être réglées dans cette mini-série de toute façon) et vous comprendrez qu’Identity Crisis a bénéficié d’un bon scènario.

Rags Morales n’est pas en reste et il se donne à fond dans ses planches. Quelques scènes peuvent paraître confuses et Superman parfois un peu niais Tout le reste du comics est très plaisant à lire. Et il est aussi à noter que Morales évite le plus possible de recourir aux "trous blancs dans les masques" de Nightwing ou Green Arrow. On voit enfin le regard des personnages, ce qui est assez rare.

Identity Crisis, malgré ses qualités, n’est peut-être finalement pas le super événement qui déchire de l’année. Mais c’est un très très bon récit et qui ouvre quelques pistes pour mettre un sacré bronx dans l’univers DC (et on peut dire que DC a réussi son coup quitte à perdre quelques lecteurs ...)


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