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Sandman Presents : The Dead Boy Detectives TPB

samedi 12 juillet 2008, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Ed Brubaker / Bryan Talbot)

Le TPB reprend les quatre parties de la mini-série.


Edwin Paine et Charles Rowland vivent la belle vie depuis quelques temps. Là où d’autres se désespèrent d’être immortels, les deux garçons ont décidé de ne plus vieillir tout simplement en refusant de suivre la Mort là où elle accompagne habituellement ceux qui expirent leur dernier souffle (pour plus de détails, veuillez vous référer à l’excellent TPB de Sandman : Season Of The Mists, également disponible en VF sous le nom La saison des brumes).
Petits voyages au ciné où ils regardent des films en douce et à l’oeil, les garçons peuvent profiter de tous les avantages d’être des fantômes (dont la propriété de passer inaperçus aux yeux des adultes ou de ne pas avoir à se nourrir) tout en étant capable d’interagir avec des personnes ou des objets bien solides.

Leur dernière passion, leur dernier jeu est de s’improviser détectives privés. Ce petit jeu a commencé à faire du bruit autour d’eux et c’est une jolie petite blonde qui vient dans leur cabane en leur demandant de l’aider. Marcia, une jeune fille vivant dans la rue, s’inquiète de ne pas revoir certains de ses amis jusqu’à les retrouver morts et quasi momifiés comme si le poids des ans avait séché leurs os.
Le cas paraît bien difficile à nos deux jeunes héros mais le sourire de Marcia fait craquer le jeune Rowland (même si celui-ci refuse de l’admettre) et voilà nos deux détectives morts en quête de tueur d’enfants. De quoi les faire croiser des personnages plus ou moins célèbres comme Chippy, Mad Hettie ou encore le terrible Robert Gadling.

Parue en 2000, cette mini-série de quatre épisodes développe le destin de pas mal de personnages ayant eu leur heure de gloire dans la série incontournable de Neil Gaiman, Sandman, ou parfois en guest-stars d’Hellblazer, le titre du bon gars John Constantine.
C’est Ed Brubaker et Bryan Talbot à qui il revient l’honneur de mettre en scène Charles Rowland et Edwin Paine, deux enfants restés volontairement dans leurs culottes courtes et à qui moult aventures paranormales vont arriver.

Il était plutôt difficile de rendre les personnages d’Edwin et Charles particulièrement captivants mais Brubaker réussit à donner une épaisseur supplémentaire aux garçons en créant une amitié franche et en même temps, des bagarres assez régulières. Le scénariste fait aussi évoluer Charles en le dotant d’un caractère de meneur, ce qui n’était pas forcément évident à déceler en lisant Season Of The Mists.
Les garçons sont dotés de pouvoirs assez particuliers qui mettront le doute dans l’esprit du lecteur : nos héros sont-ils des fantômes ? Des corps animés ? Si oui, pourquoi les adultes ne peuvent les voir ? Certains mettront en avant l’esprit des adultes qui ne voient que ce que leur logique leur permet. Un argument que Gaiman développera dans Neverwhere, mais que Brubaker n’explique nullement dans sa mini-série.

A part cela, la mini-série met en scène un grand méchant que l’on trouve aussi dans le crossover Serment de Sang (Witchblade / Sibilla / Phénix) et étant donné le personnage, donnera peut-être une impression de déjà-lu (bien que la production française soit postérieure à cette mini).
Brubaker tisse un récit de détective tout à fait convenable à la résolution quelque peu ex-machinesque mais les protagonistes principaux ne pouvaient en même temps pas proposer un autre type de fin. Si le récit est donc convenable, il n’a strictement rien de transcendant non plus.

Bryan Talbot suit le bateau et réalise là aussi, des planches tout à fait correctes sans jamais faire de miracles. La charte graphique de toute série Sandmanesque est respectée avec les couvertures de Dave McKean. Si on retrouve la typo et un style de couvertures tout à fait reconnaissable, McKean met de côté ses collages et ses photos pour réaliser des couvertures dessinées. Le résultat est sympathique mais là encore ne m’a pas tout à fait convaincu.

Sandman Presents : Dead Boy Detectives était donc une bonne occasion de prolonger le mythe de Sandman. La mini-série souffre de personnages au potentiel limité. Les fans de l’univers de Neil Gaiman seront ravis de retrouver des figures connues. Mais la plupart des lecteurs préfèreront de loin le TPB Taller Tales regroupant les productions oniriques de Bill Wilingham.


Pour acheter ce livre :

En VO (sortie août 2008) :

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