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Strange : Beginnings & Endings TPB

jeudi 4 septembre 2008, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / J.M. Straczynski / Brandon Peterson)

Tout commence au Tibet. Stephen Strange et Devon, l’un de ses amis, sont de jeunes médecins partis faire un stage afin de comprendre la médecine alternative tibétaine. Strange fait la connaissance d’un jeune garçon dénommé Wong avec qui il se lie d’amitié. Apercevant un ancien monastère et voulant grimper la montagne qui y mène, Stephen rencontre un vieil homme comme seules les philosophies orientales peuvent en fabriquer. Ceux-ci discutent un long moment et quand Devon apparaît en quête de son ami, le vieillard a disparu. De quoi surprendre un esprit aussi rationnel que celui du jeune docteur.

Cette expérience a réellement bouleversé Stephen qui annonce au docteur Milius, responsable du projet, qu’il reviendra une fois qu’il aura fini son internat. Bien des gens avant Strange ont énoncé les mêmes mots mais aucun n’est revenu. Et six ans après, Stephen Strange est intégré dans un institut médical pour riches et se vautre dans la facilité et la chirurgie esthétique alors qu’il aurait pu sauver tant de vies.

Mais tout se paye surtout quand on ne respecte pas ses promesses. Alors qu’il passe un week-end dans un chalet avec son meilleur ami et deux blondes étrangères et peu frileuses, Strange décide d’aller faire un peu de ski hors-piste de nuit. De quoi se changer les idées en quelque sorte. Malheureusement, un accident se produit et Strange va se retrouver tel un légume à réapprendre à se servir de ses membres. Un problème plus qu’épineux pour quelqu’un voulant exercer la chirurgie.

J.M. Straczynski, accompagné de sa protégée Sara Barnes (aussi connue sous le nom de Samm Barnes), va donc nous conter le parcours initiatique du maître des arts mystiques et de son parcours de docteur en médecine jusqu’au doctorat en puissances occultes. Un parcours bien entendu semé d’embûches dont Stephen devra se sortir seul. Les scénaristes vont tout d’abord placer leur héros dans une quête pour retrouver ses facultés, pour chercher une solution à un problème qui ne semble pas en avoir. Strange sera décrit comme un personnage égoïste, colérique, qui a tout ce qu’il veut immédiatement et qui va devoir faire preuve de beaucoup d’abnégation afin de comprendre le monde dans lequel il vit.

Vous commencez à connaître la chanson : marvel + politique de publication = TPB et cette mini-série peu intéressante en numéros mensuels prend nettement plus de consistance quand elle est lue d’une traite. Les premiers épisodes concernant la réhabilitation physique de Strange passent nettement plus vite et les flash-backs entre les différents épisodes sont plus faciles à repérer. Les personnages sont assez bien mis en scène et si l’on excepte le récit rédempteur finalement passe-partout, voilà une histoire qui mérite d’être lue et qui permettra de connaître enfin les origines du bon docteur.
Ceci étant je pensais que Strange était une mini-série raccord avec Amazing Spider-Man puisque Strange disait à Spidey qu’il allait devoir retourner dans son passé. Si le début de la mini pouvait laisser penser que c’était le cas, la conclusion ne remet pas Strange dans l’univers Marvel que l’on connait.
Petite déception pour Straczynski qui nous promettait les aventures du docteur et qui a donc menti. Bouh, le pas beau !

Brandon Peterson (vu sur Arcanum, Mystic) réalise les six numéros comme un grand avec en bonus, une superbe couverture peinte. Cependant le monsieur prend un certain retard, voire même un retard certain. Si cela pose problème pour une série mensuelle, les neufs mois auront au moins permis à l’artiste de bien fignoler ses planches. Le résultat est très séduisant même si, dans les derniers numéros, l’abus de Photoshop peut lasser le lecteur. Après tout, comment faisaient les artistes des années 70 pour illustrer les pouvoirs occultes ?

Globalement, Strange est donc une bonne lecture pour tous ceux qui, comme moi, ne connaissent pas bien le personnage. Certaines libertés, certaines adaptations, certains personnages récurrents pourront tout aussi bien amuser qu’énerver les vieux briscards, ils sont invités à s’exprimer ici.


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En VO : (notez que le prix de l’occase est ici totalement scandaleux)

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