Onirique Comics 7.1

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Angeltown #1-5

mercredi 3 septembre 2008, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Gary Phillips / Shawn Martinbrough)


Un cri. Des voisins qui s’inquiètent et des flics qui débarquent. Pour découvrir que ce n’est point de relation sexuelle dont il s’agit mais bel et bien de meurtre. Allison Dillon est morte, étouffée. Et tout porte à croire que son mari, le basketteur Theophius "The Magician" Burnett est dans le coup. Surtout que la belle, suite au divorce, a publié un livre de ... confidences, dirons-nous.

Du coup, Monica Orozco, avocate de l’équipe des Comets, demande à Nate Hollis, détective privé de retrouver le joueur en cavale. Il sera plus propre que le joueur arrive devant la cour de son plein gré plutôt que tiré par la peau des fesses par une bande de flics. Surtout qu’un incident est si vite arrivé.
Hollis va donc partir à la recherche du magicien et va se rendre très rapidement compte qu’il n’est pas le seul sur le coup. Theophius aurait-il des choses à se reprocher ? Le livre de son ex est-il le réel mobile du meurtre ? Pas mal de gens aimeraient bien le savoir ...

Gary Philipps scénarise avec Angeltown, un polar dans les règles de l’art. Sexe, meurtre et complots sont de rigueur et il ne manque que la drogue pour finir ce tableau de la bassesse humaine. Cependant dans Angeltown, ce n’est pas le côté glauque qui est mis en avant. Bien entendu, les différents protagonistes passeront par des bars enfumés où des petites frappes leur donneront moults informations mais ce qui prime d’abord, c’est le côté presque glamour de l’enquête. Et Philipps ne va pas y aller de main morte passant glamour aux histoires de fesses franches du collier. On arrive ici dans ce qui est le plus caricatural de la mini-série. L’aventure se passe dans un contexte hispano-afro-américain et la bande son qui collerait le mieux à Angeltown serait un bon gros gangsta rap bien raccoleur, le genre où les voitures se secouent en rythme avec la croupe de demoiselles peu farouches. Du cul, il y a en dans Angeltown, il ne faut pas se faire d’illusion et marié aux Motherfuckas à la pelle, cela nous amène direct dans le label Vertigo.

Ce qui ne va pas déplaire à Shawn Martinbrough qui va mettre en scène de jolies pépées au caractère bien trempé et qui savent comment se servir des hommes. De quoi se demander qui sont les personnages les plus dangereux. En tout cas, ce ne sont pas toujours ceux qui tiennent le flingue dans leur main. Martinbrough était un artiste que je connaissais pas. Le bonhomme a pourtant roulé sa bosse chez Marvel (sur une mini série Morlocks avec Geoff Johns) ou chez Dark Horse. Le trait est épais, les zones d’ombre maîtrisées tout comme les aplats noirs : un style graphique qui n’est pas sans rappeler celui de Risso, une couche de style de moins. (D’ailleurs, on retrouve un numéro de 100 Bullets planqué dans une des cases de ce numéro). Bref, de quoi en rajouter dans l’ambiance sombre de toute histoire policière.

Angeltown se présente comme une bonne petite série qui se laisse très agréablement lire même si elle représente tout ce qu’on peut faire de plus classique dans le domaine ’roman noir’. Avec les scènes de sexe mises en avant (en tout cas dans de lourds sous-entendus), il n’est pas sûr qu’Angeltown trouve son public (d’ailleurs DC ne l’a même pas publié en TPB). Pourtant, j’ai vraiment bien aimé alors que je ne suis pourtant d’une culture "rap" (rayon "vulgos"). Il faut dire que Nathan Hollis fait partie de la catégorie de personnages que j’affectionne particulièrement : débonnaire, sachant se battre avec un caractère de chacal.

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