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Batman : Absolution

lundi 1er janvier 2007, par Mathieu Doublet

Cet article est déjà paru sur le site France-Comics.

(DC Comics / J.M. DeMatteis / Brian Ashmore)

Batman est vert, très vert parce qu’un beau jour, quelqu’un a fait du mal à sa ville, quelqu’un a fait du mal à ses employés en posant une bombe au sein de la corporation Wayne, quelqu’un a signé son crime (une revendication télévisuelle au nom des Enfants de Maya et contre la dictature du libéralisme) et surtout, quelqu’un lui a échappé.

Et pendant 10 ans, Batman n’a de cesse de chasser celle qu’il accuse d’avoir terrorisé son entreprise : Jennifer Blake. Et durant cette décennie, la traque de la chauve souris va la balader dans les grandes largeurs des Etats Unis, à Londres puis en Inde, pays du Taj Mahal, lieu de repos pour l’âme et de rédemption.
Batman va-t-il y retrouver sa proie ? Au jeu du chat et de la (chauve) souris, les masques vont tomber, les croyances vont être détruites mais au final, peut-on changer de personnalité et racheter les crimes que l’on a commis en se repentant ?

Voilà les thèmes majeurs de cette aventure du croisé masqué (caped crusader en VO) : tromperie, foi et rédemption.
J. M. Dematteis est un auteur que l’on pourrait qualifier d’intellectuel au sein de la culture comics tellement ses scénarios sont alambiqués, souvent chargés de symbolisme et très souvent aussi orientés adulte (sans pour autant amener violence gratuite et sexe dans ses histoires). Une fois de plus, il donne à Batman une efrayante personnalité où Batman seul existe et où Bruce Wayne n’est qu’un masque (une vision de Batman que l’on peut lire à la fin de Bruce Wayne : Murderer / Fugitive), où il n’existe que le détective, le justicier très extrême frustré et obsédé, au bout de ses capacités, qui ne pourra ou ne voudra songer à la rédemption de sa proie même si celle-ci lui donne de bons exemples de sa (nouvelle) bonne foi.

A tous ces thèmes très forts, sont ajoutées les peintures de Brian Ashmore (qui a aussi travaillé sur le très bon Hulk : Nightamerica) qui retranscrivent très bien les différentes étapes de la poursuite tout en finissant chacune d’entre elles dans le rouge orangé d’un feu rédempteur.
Et tout cela, c’est sans compter sur le dynamisme des scènes d’action qui rendent très fluide la lecture du comics malgré la petitesse du lettrage.

Alors forcément, c’est très très sombre et la morale de l’histoire ne plaira pas à tout le monde. C’est aussi un côté de Batman que tous ses lecteurs n’apprécieront pas qui est mis en avant. Batman : Absolution est une lecture adulte qui demande peut-être plus de recul pour être appréciée mais dès la première lecture, on ne peut pas être déçu par la complexité et la maîtrise de cette course-poursuite intelligente et mystique.

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