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Screamland #1-5

lundi 28 juillet 2008, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Harold Sipe / Hector Casanova)


La vie de monstre n’est pas facile tous les jours. Croyez-en l’amère expérience de la créature de Frankenstein. Celle-ci avait la belle vie dans les années 50-60, les producteurs de ciné l’appelaient régulièrement mais maintenant, avec tous ces effets spéciaux, qui a besoin de monstres. Il faut dire que la créature a aussi dilapidé tout son capital dans un site night-terrorz.com, où les monstres montraient tout de leur anatomie et où les fétichistes pouvaient prendre leur pied.

Alors quand son agent, Andrea Silverman l’appelle sans vraiment lui expliquer pourquoi, la créature se pose quelques questions. Apparemment un job l’attend mais est-ce que ce travail va réellement lui plaire ? Ca ne risque pas d’être pire que ce qu’Ed Wood lui propose dans ses souvenirs (ou ne sont-ce que des rêves).

Nouvelle création issue du sous-label de Jim Valentino "Shadowline", Screamland nous emmène dans un endroit où les monstres existent réellement et où ils ont de cruels problèmes financiers. Harold Sipe dépeint une créature de Frankenstein dépressive et alcoolique très attachante. L’auteur glisse pas mal de références sur les monstres d’anthologie ce qui ravira les amateurs de films d’horreur.
Pour un premier numéro, Sipe réussit clairement son coup. Entre humour et intrigue, le lecteur devrait facilement se laisser emporter. Un sentiment qui se confirme d’ailleurs à la lecture du second numéro.

Hector Casanova, le dessinateur, n’est pas en reste. On ne peut pas dire que les décors soient très fouillés. Le plus souvent, ils sont remplacés par des fonds ressemblant à de l’aquarelle.
Ses personnages sont superbes, avec un style bien particulier et sa mise en page se marie très bien avec le texte. Il réussit suffisamment bien son coup pour distraire le lecteur alors que l’on est clairement pas dans un récit d’action. Pourtant on ne sent pas l’effet "discussion entre personnages" qui remplit l’essentiel de ce numéro. Du très bon boulot donc.

Le premier numéro de Screamland est une vraie réussite, tout comme le second. Ceci étant au fur et à mesure de la lecture de la mini-série, un sentiment d’inquiétude s’est emparé de moi. Chaque numéro se consacre à un monstre et l’intrigue du départ et quelque peu mise de côté. Pourtant le cinquième numéro réussit le tour de force de clore cette intrigue avec un nombre de cases relativement réduit.
Que ceux qui adorent les vieux monstres de ciné se jettent sur cette mini-série, que ceux qui aiment les personnages de losers le fassent aussi. Bah, achetez Screamland, un titre joliment illustré, bourré d’humour et de moquerie sur ce qu’il y a de plus représentatif dans le monde du show-biz (blues de la star disparue, émissions factices, fans surexcités et réalisateurs incompétents et caractériels). Du tout bon.


Pour mémoire, mes petits paris :

Envie de lire la suite ? C’est tellement drôle que ce serait un crime de passer à côté.
Parution de la suite ? Certaine. Le label Shadowline ne casse en général pas ses productions. Le format de mini-série pérénise aussi la parution.
Parution du TPB ? Probable mais rien n’est sûr.
Traduction en français ? Ca serait une très bonne idée car le récit est de qualité. Mais y a-t-il suffisamment de fans de vieux films d’horreur pour créer la première vague de lecteurs ?

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