Onirique Comics 7.1

Accueil du site > Chroniques > DC Comics > Batman > Batman Confidential #13-16 : Wrath Child

Batman Confidential #13-16 : Wrath Child

mardi 3 juin 2008, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Tony Bedard / Rags Morales)


C’est le salon international de la police à Gotham City, le tout chapeauté par le commissaire James Gordon. Etrangement, c’est aussi le moment que choisit un taré pour éliminer le représentant des forces de l’ordre travaillant à Scotland Yard. Un meurtre clairement choisi et assumé puisque l’assassin a pris soin d’être photographié. A contre-jour bien sûr et grâce à ce subterfuge, il apparaît comme une copie parfaite du justicier local, Batman.

Alors quand celui est appelé par le commissaire Gordon et le Bat-signal, les choses deviennent nettement plus compliquées. Surtout qu’il apparaît que le vilain en a surtout après James Gordon et que celui-ci a quelque chose à se reprocher. Mais quoi ?

Cet arc de Batman Confidential est ce qui me semble être la meilleure utilisation du format de cette série. En effet, Tony Bedard (scénariste signant chez DC depuis une année ou deux mais ayant finalement une sacrée carrière derrière lui que ce soit chez Marvel, Crossgen ou encore Valiant - cela ne nous rajeunit pas) crée cet arc avec la possibilité d’ajouter une pierre à la continuité de Batman sans en modifier ce qui existe déjà.

Car le scénariste utilise The Wrath un vilain déjà apparu dans la série (Batman Special #1 datant de 1984) mais en l’adaptant à sa sauce (on comprend très vite que ce n’est pas la résurrection de l’ancien criminel, mort à la fin du numéro spécial) et en prolongeant le concept. Sans révéler la teneur de l’intrigue, il suffit juste de préciser que The Wrath est l’anti-Batman dans son acception "symétrique" : il a vécu les mêmes souffrances, en a tiré la même rage et même soif de vengeance. A la seule différence que The Wrath a plutôt tendance à éliminer des flics que des voyous. Bedard s’approprie donc complètement le concept et le conduit jusqu’à son aboutissement logique.

Cet histoire pourtant banale (un copycat - un copieur - de méchant) est tout d’abord réhaussée par les dessins de Rags Morales qui fournit des planches de qualité à la hauteur de ce qu’on a déjà lu de lui par le passé (Hawkman ou Identity Crisis). On sent que l’artiste fatigue un poil avec le dernier numéro de cet arc et on retrouvera ce défaut dans les numéros actuels de Nightwing. Chance, les encreurs sont de qualité entre Mark Farmer (souvent associé à Alan Davis) ou Mick Gray (encreur partenaire de Morales).

Au final, ce Wrath Child est une pierre apportée au personnage de Jim Gordon et un regard très ambigü sur le personnage de Batman. Les toutes dernières paroles du numéro 16 sont banales au possible (Batman : "Nous ne pouvons pas nous empêcher d’être nous-mêmes.") mais se révèlent pourtant pleines de sens et magistralement mises en scène, tout dans le non-dit. Voilà donc une troisième réussite pour Batman Confidential et l’arc suivant avec Nicieza et Maguire aux commandes devrait aussi valoir le coup, dans un genre différent.

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0