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Army@Love TPB 1 : The Hot Zone Club

mercredi 16 avril 2008, par Mathieu Doublet

(Vertigo / Rick Veitch / Rick Veitch & Gary Erskine)

Ce TPB reprend les numéros 1 à 5 de la série régulière.


Momo. Non, ce n’est pas le diminutif de Mohamed mais celui de la nouvelle idée militaire du gouvernement américain : Motivation & Moral. Le concept du colonel Healey est le suivant : l’armée américaine a perdu beaucoup de soldats et il faut donc du sang neuf. Malheureusement, les recrues sont rares alors le colonel présente les choses différemment. Déjà il accepte les femmes dans les corps armés et ensuite il décrit la guerre comme le trip ultime. Si vous aimez la série 24 heures ou les jeux vidéos pour l’adrénaline qu’ils vous procurent, vous aimerez l’armée. De l’action, de la surprise pour finalement, servir votre pays. Et le pire, c’est que ça marche.
Healey n’est pas un colonel comme les autres : il vient du monde du marketing et il n’est pas le seul élément de société privée à défendre les Etats-Unis. En effet, les grandes entreprises affichent leur sponsor sur tout le matériel militaire et injecte des sommes d’argent phénoménales. Si tout cela prend des allures de cirque, il faut aussi dire que cela permet aux soldats d’avoir toute une panoplie de gadgets et d’armes aussi avancées technologiquement que possible. Autant dire que cela aussi incite les jeunes à tâter du terrain.
C’est sans compter sur les "retraites" des soldats. S’ils doivent vivre leurs derniers instants lors d’un combat, autant qu’ils profitent de la vie à plein en dehors : du coup, des sauteries sont organisées après le boulot. Et deux soldats vont encore améliorer le concept avec le club de la zone chaude. Pour faire partie du club, il faut faire l’amour sous le tir ennemi. Si certains militaires font la moue, la seule condition à ces cachotteries est surtout de ne pas se faire prendre. Et en ces temps de communication et d’informations instantanées, ça n’est pas chose aisée.

Voilà en quelques mots le concept de Army@Love. Rick Veitch n’est pas le dernier des scénaristes pour concevoir ce genre de choses. Et son portrait de l’armée n’est vraiment pas tendre. Bouffée par le corporatisme et les abus de bonnes choses (moral et morale sont souvent en contradiction), l’armée américaine n’en sort pas grandie. Si le cadre d’Army@Love est celui d’un futur proche, on comprendra bien que l’armée dès maintenant présente son travail comme un jeu et se retrouve avec des soldats qui ne sont pas les plus fiables ou les plus conscients de leur mission.
Veitch mélange donc des scènes de guerre avec ses personnages qui sont liés entre eux pour diverses raisons. Comme souvent, ils ne sont jamais manichéens. Les héros présentés comme positifs ont un sacré bagage à porter (le héros hypnotise les gens pour arriver à ses fins, l’héroïne a un mari ancien taulard et encore dans de sales embrouilles, un des dirigeants de Momo est un collectionneur de cheveux de stars mortes ...) et les pourritures ont souvent une bonne raison de faire ce qu’ils font.

Un scénario explosif donc avec des idées novatrices. Pourtant le mélange n’est pas aussi réussi que ça. Est-ce dû aux dessins pas toujours super réguliers ? A un déséquilibre entre des scènes de guerre anecdotiques et des scènes dramatiques entre personnages qui semblent être le premier enjeu du bouquin ? Difficile à dire. On aimerait qu’un vrai fil rouge se tisse au fur et à mesure des numéros et même si on a une petite intrigue en fin de bouquin, il n’y a pas vraiment de grand suspense.

Army@Love est donc une série particulière qui bénéficie d’un label comme Vertigo lui permettant de faire tout ce qu’elle souhaite. Maintenant, il faut voir dans les prochains tomes si les personnages sont attachants et si Rick Veitch réussit à développer une intrigue palpitante pour le lecteur.


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