samedi 5 avril 2008, par
(Dark Horse / Rick Remender / Tony Moore & Jerome Opena)
Ces deux premiers tomes reprennent les numéros 1 à 10 parus chez Image Comics et compilés par Dark Horse (le premier TPB est aussi sorti chez Image).
Heath Houston est le dernier des Fear Agents, des humains chargés de se battre contre des extra-terrestres. Mais la vie n’a pas été très clémente avec Houston et après la perte de son fils et sa séparation avec sa femme, il se contente de faire le mercenaire ou le chasseur de prime, carburant essentiellement au whisky.
La mission du moment est de trouver pourquoi une bande d’hommes préhistoriques débarque dans la ville avoisinante et la pille à la recherche de matériaux dont ils n’ont théoriquement aucun besoin. Alors quand la ville embauche le Fear Agent, elle est loin de se douter qu’il va faire péter un cerveau géant (ce qui est d’ailleurs interdit par la loi) et mettre un bronx encore plus important.
Cet échec, voire ce scandale, va jeter Heath dans une autre affaire nettement plus acide avec des bestioles à tentacules. Mais là, ce qu’ignore l’aventurier, c’est la grande machination qui va le faire souffrir comme il n’a jamais souffert.
Fear Agent a presque tout du comic-book idéal : un héros attachant à la limite entre l’as et le crétin fini, des aventures menées tambour battant, une super pépée qui arrive en cours de route et une situation qui peut toujours empirer. Tout ça dans un univers spatial laissant libre cours à l’imagination et à l’apparition d’extra-terrestres tous plus fous les uns que les autres.
Ben alors, où ça cloche ? Nulle part en fait. La seule chose que Rick Remender n’a pas vraiment mis dans sa soupe, c’est de la bonne humeur. Car au départ, Fear Agent reste bien fun. Jusqu’à quasi la fin du premier TPB dont le cliffhanger est l’un des plus insupportables qu’il m’ait été donné de lire, tellement l’envie de lire la suite est grande. A partir du second volume, les choses prennent une tournure plus grave. Ce qui n’est pas une faiblesse loin de là car le scénariste permet de donner plus de profondeur au héros et à ses actes.
Le début est fun aussi grâce aux dessins de Tony Moore (qu’on ne présente plus : The walking dead, The Exterminators, ...) qui a un style assez plaisant et qui même s’il plonge dans le gore, réussit à mettre aussi une bonne ambiance (j’aime beaucoup ses visages). Malheureusement, le dessinateur ne reste que sur les quatre premiers épisodes (mais je crois qu’il revient ces temps-ci sur la série) et laisse sa place à Jerôme Opena (avec un tilde sur le n). Si on perd un dessinateur reconnu, on en découvre un autre et quel autre ! Jerome Opena est un fabuleux artiste. Son style est plus direct que celui de Moore et plus précis, à l’aise dans toutes les situations. Opena est un dessinateur qui ne peut qu’être révélé par ce Fear Agent et qui est promis à de grandes choses.
Bref, ces deux premiers TPBs sont une lecture franchement conseillée à la limite de l’indispensable dans le rayon "science-fiction". La seule référence proche que je trouve est celle de Cowboy Bebop. Si vous avez aimé le dessin animé et qu’un côté plus "sombre / sérieux" ne vous fait pas peur, alors Fear Agent est fait pour vous.
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