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Douze raisons de l’aimer

mardi 4 mars 2008, par Mathieu Doublet

(Oni Press / Jamie S. Rich / Joëlle Jones - VF : Treize Etrange)


Evan est en train de boire un café. A travers la vitre, il aperçoit son amie Gwen qui se fait aborder par un inconnu. Quand celle-ci rentre enfin dans le café, Evan lui lance "j’ai même cru l’espace d’un instant que j’allais être débarrassé de toi." Une phrase étrange, pleine d’ironie car en vérité, Evan aime Gwen et il va même nous montrer douze raisons pour lesquelles il l’aime.

Oui parce que le titre original du bouquin c’est "Twelve Reasons Why I Love Her" qui écarte tout de suite l’éventuelle bivalence du titre français. Il faut dire aussi qu’on aimerait connaître douze raisons pour lesquelles Gwen aime Evan. En effet, le jeune homme, à l’instar de cette première phrase dans le livre, est le plus souvent détestable. Etre désagréablement surpris parce que Gwen lui offre un bouquet de fleurs plus gros que le sien, l’emmener au ciné voir l’Exorciste alors qu’elle n’aime pas les films d’horreur, la vanner sur à peu près tout ce qu’elle aime, voilà qui n’est pas très galant. Et puis il y a ce Freddie qui a envoyé des fleurs ... Evan n’a visiblement pas beaucoup d’estime pour lui-même et cela ne va pas simplifier cette histoire d’amour.

En douze chapitres de tailles différentes, Jamie S. Rich, scénariste oeuvrant la plupart du temps chez Oni Press, dépeint cette histoire d’amour qui semble être commune. Il y insère des personnages ayant de sacrés caractères (Gwen n’est pas si inoffensive que cela) et les rend donc humains. Au fur et à mesure de ces épisodes, et grâce à leur agencement, il réside une ambiance mélancolique voire nostalgique si on considère le titre du livre comme un commentaire se passant après tous les chapitres.
L’histoire se finira-t-elle bien ou mal ? L’ambiance du livre laisse entendre une chose mais rien n’est finalement décidé, le lecteur a sa part de libre arbitre dans l’affaire.
Le scénariste choisit aussi douze chansons pour illustrer ses chapitres. Je n’ai pas pris en compte celles-ci car la plupart du temps, elle ne correspondent pas à des artistes que j’écoute habituellement. Mais à écouter la chanson de A Perfect Circle citée, la bande son colle bien à l’ambiance du livre en version "muette". Toujours sur le même exemple, les paroles renforcent le sens des scènes.

Joëlle Jones illustre joliment ce récit. Suivant les chapitres, elle utilise des styles plus ou moins détaillés, plus ou moins brouillons et la colorisation est parfois franche, parfois soyeuse (comme dans le chapitre quatre où Gwen explique pourquoi elle aime telle ou telle saison). Le plus souvent, son style me rappelle celui d’Alberto Varanda sur la série Bloodline. Un graphisme à l’encrage épais, rond mais aussi très expressif.

Douze raisons de l’aimer a donc toutes les facettes d’une histoire d’amour, les bonnes comme les mauvaises. Le livre pourra certainement paraître mielleux à certains moments mais l’ambiance véhiculée est particulièrement réussie. Les deux auteurs vont bientôt sortir un autre récit You Have Killed Me, beaucoup plus sérieux puisqu’il s’agit d’un récit policier versant dans le noir. Il devrait valoir le coup comme en atteste le blog de la dessinatrice : http://www.joellejones.com/.


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6 Messages de forum

  • Douze raisons de l’aimer 4 mars 2008 21:28, par soyouz

    Euh .... t’étais pressé de l’écrire cette chro ? Une petite relecture ne serait pas mal ! ;)

    • Douze raisons de l’aimer 4 mars 2008 21:41, par Mathieu Doublet

      T’as raison. J’ai honte. M’enfin les erreurs sont normalement réparées ...

      Toutes mes excuses aux lecteurs. Si ça se reproduit (ce qui ne serait pas étonnant pour les chros du mois de mars), n’hésite pas à le dire Soy’.

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