vendredi 25 juillet 2008, par
(Top Cow / Paul Dini / Kenneth Rocafort)

Hummingbird est un criminel avec un jet-pack en guise de gadget. Et il va rapidement exploser en plein vol quand une femme vengeresse dénommée Madame Mirage tire là où il y a de l’explosif. Il faut dire que depuis quelque temps, les progrès techniques ont permis à beaucoup d’humains d’obtenir des facultés bien au dessus de la normale. Certains en ont profité pour faire le bien, d’autres pour faire le mal. Les politiques ont donc condamné ces utilisations de la technologie.
Là où le système s’est bien planté, c’est quand les bons sont partis en prison pour purger leur peine tandis que les vilains se sont regroupés, et ont réussi à se cacher grâce à quelques pots de vins. Le plus beau coup est la création de Aggressive Solutions International, une compagnie qui loue ses services aux plus offrants et souvent pour des actions repréhensibles par la loi.
Heureusement pour Los Angeles, Madame Mirage est là et son but est bel et bien d’éliminer cette agence de services et son boss, Abe Coyle.
C’est Paul Dini, pourtant bien occupé par la série hebdomadaire Countdown chez DC, qui se charge du scénario de cette série. Son héroïne st une femme au tour de poitrine impressionnant (son tour de taille est aussi impressionnant mais dans le sens inverse) et au long chapeau lui cachant une partie du visage. Cet ange vengeur a des méthodes expéditives pour éliminer ses adversaires et fait équipe avec une petite blondinette qui s’occupe de toute la logistique.
Mirage est basée sur la magicienne Misty Lee qui est la femme de Dini. L’héroïne a de magique son côté fantômatique et sa faculté à se sortir des situations les plus problématiques.
Dini tisse en six numéros un mélange entre histoires courtes comme ce qu’il signe sur Detective Comics (en tout cas pour les trois premiers numéros) et saga plus habituelle avec fil rouge (l’histoire de Mirage et le motif de ses actions). Dommage qu’il révèle un peu tôt (au troisième numéro) les origines de son héroïne et des explications plus ou moins plausibles aux effets "magiques" du personnage. Si le personnage a un côté pulp évident (le visage caché rappelle The Shadow), ses aventures sont toujours très violentes. Ce qui explique que le titre soit édité chez Top Cow. Amateurs d’élégance, passez votre chemin et allez jeter un oeil au Spirit de chez DC d’en face.
L’éditeur Top Cow a donné à madame Mirage un bon dessinateur en la personne de Kenneth Rocafort dont le style est à la fois proche et éloigné du style popularisé par Marc Silvestri.
Proche parce qu’on a droit aux mêmes styles de personnages avec des exagérations anatomiques voulues, éloignée grâce à une colorisation particulière effectuée par les studios Imaginary Friends.
Le dessinateur manque malheureusement de pratique pour produire des planches intéressantes. La mise en page chaotique produit beaucoup d’espace mort ce qui donne une narration plus intéressée par les poses des personnages et pas forcément par l’action.
Madame Mirage a beaucoup de qualités : un scénariste et un dessinateur plutôt doués et des personnages aux modèles plein de potentiel. Pourtant le titre ne m’a pas franchement séduit, je ne le trouve pas très sympathique, et pas très fin. Dans le style, il y a d’autres titres soit qui s’assument complètement dans le côté sexy et décébré de l’action (les récits des héroïnes de la jungle, Hack Slash) ou bien qui ont des histoires plus intéressantes et fines (Red Sonja par exemple qui a réussi à mettre un univers en place - indépendamment de son existence romanesque). J’attendais plus de ce titre, qui reste sympathique mais franchement pas indispensable.

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