Onirique Comics 7.1

Accueil > Chroniques > Image Comics > Special Forces #1

Special Forces #1

lundi 4 février 2008, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Kyle Baker)


Sur le champ de bataille, c’est toujours le noir qui part le premier. En tout cas, c’est ce que pense Felicity une jeune fille perdue en pleine guerre et faisant partie d’une équipe de bras cassés. Tout est parti du sergent, le "Sarge". Des soldats sont venus chez lui, lui ont dit qu’il devait retourner sur le terrain s’il n’arrivait pas à recruter rapidement de nouveaux combattants. Or le Sarge ne voulait absolument pas retourner en plein conflit, il a vu ce que c’était. Alors il va râtisser large, va embaucher des petits jeunes en leur faisant miroiter des alouettes. Manque de chance pour le Sarge, l’un d’entre eux, meurt avant d’atteindre les terrains hostiles alors le Sarge doit récupérer sa place.

Kyle Baker dresse un portrait peu reluisant des forces armées américaines. Ces forces sont dites spéciales car elles sont composées d’innocents envoyés sur le terrain sans être bien sûr qu’ils ont toutes les capacités aussi bien physiques que morales de survivre au conflit. Et le plus impressionnant dans tout cela, c’est que Baker se base sur une histoire réelle : des officiers de l’armée auraient bien intégré un autiste dans les rangs de l’armée. Il a fallu que les parents du jeune homme se battent pour ne pas que leur fils meurt bêtement dans un conflit auquel il n’aurait rien compris.

Et le résultat, dès le premier numéro de ce comics, n’est pas surprenant : c’est une boucherie sans nom. Entre l’homosexuel, l’autiste, la jeune délinquante, et le sergent dépressif, on ne peut pas vraiment dire que ce soit une équipe gagnante pour l’armée américaine surtout quand l’ennemi est on ne peut plus efficace.

Baker dépeint toute l’ironie de l’affaire au travers de personnages hors-normes et touchants, son graphisme est percutant. Alors oui, avouons-le, les plans sur Felicity sont raccoleurs mais peut-être est-ce un mal nécessaire pour que le lecteur lambda s’intéresse à cette histoire. Un lecteur lambda qui devra faire un effort, Baker étant seul à bord, c’est aussi lui qui se charge du lettrage et il est comme à l’habitude de ce que fait Baker, relativement plat et complètement en opposition avec ce qui se trouve d’habitude dans les bandes dessinées américaines.

Ce premier numéro de Special Forces est donc à l’image de son auteur : puissant et hors-normes. Merci à Image d’avoir tenté l’aventure.

Mes petits paris :
- Envie de lire la suite : oh oui !
- Parution jusqu’au bout de la mini-série (six numéros) : oui, fort probablement, Baker va jusqu’au bout de ses projets.
- Parution en TPB : alors là, je dirais 50/50.
- Traduction en français : j’en serais fort agréablement surpris mais je ne pense qu’on y ait droit en VF.

Messages