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Killing Girl #1-5

vendredi 28 décembre 2007, par Mathieu Doublet

Killing Girl #1-5

(Image Comics / Glen Brunswick / Frank Espinosa & Toby Cypress)

Viper est une tueuse formée et ce depuis son plus jeune âge. Battue, entraînée, abusée même par les mâles qui l’entouraient, elle n’a pas plus d’estime d’elle-même que d’amour pour la vie. Se sentir vivante arrive seulement quand elle est sur une mission et sa mission inclut obligatoirement le meurtre d’une ou de plusieurs personnes. Et le clan l’indique bien : aucun témoin ne doit survivre qu’il ait quelque chose à voir dans l’affaire ou qu’il soit un passant innocent.
Vous pensez bien qu’un agent fédéral est encore moins difficile à éliminer. Sauf que l’agent Baker est le futur mari de la soeur de Viper,
alors quand celui-ci appelle Viper par son prénom, les choses prennent une tournure différente.

De Glen Brunswick, on ne connait que son Grey Area (ou Zone d’ombre en VF) réalisé avec John Romita Jr. N’ayant pas lu le bouquin précité, je peux difficilement les comparer à fond. Ceci étant Killing Girl est d’une certaine façon une histoire de rédemption. L’héroïne veut sortir de sonn schéma destructeur et se racheter une vie qui à défaut d’être propre
(Viper n’est jamais dégoûtée par le meurtre), veut au moins avoir l’approbation de sa famille. Cela n’ira pas sans mal et moult fusillades arriveront. Ce qui fait donc de Killing Girl un comic-book pour le moins violent, les balles ratant rarement leur cible et leur effet étant explicitement montré.
Globalement, Killing Girl a un rythme plus qu’effrené et on ne s’ennuie absolument pas. A y regarder de plus près par contre, les transitions sont parfois maladroites, les personnages peu approfondis et la conclusion même du récit plutôt abrupte.

Frank Espinosa (auteur et illustrateur de l’excellent Rocketo) s’occupe des deux premiers numéros avec son style si reconnaissable. Et cela donne un côté "noir" au comic-book plutôt séduisant. On ne peut pas dire que la lecture soit facilitée : toujours aucun cadre de cases et des effets prononcés qui font qu’on a du mal à reconnaître un personnage d’un autre.
Espinosa laissera sa place à un autre dessinateur Toby Cypress dont le style est radicakement différent. Certes la colorisation des numéros est assez proche avec des "touches de peintures" qui sortent très régulièrement des traits réalisés à l’encre, mais là où Espinosa était "noir et glamour", Cypress est très cru. Le trait est plus uniforme et moins rond. Si on y gagne en lisibilité (au niveau des cadres et de la
différenciation des personnages), on y perd en subtilité et les protagonistes féminines se déssapent soudainement alors que ce côté "scènes érotiques gratuites" n’apparaissait absolument pas dans les deux premiers numéros.

Killing Girl est un comics assez moyen. Pas assez joli pour s’appuyer sur son graphisme et pas assez approfondi pour que le scénario soutienne le changement de style de dessin et surtout sa crudesse soudaine.
Killing Girl n’est pas une mauvaise lecture mais n’est pas non plus un incontournable, loin de là. Des séries comme Athena Inc ou bien Beautiful Killer sont nettement plus équilibrées.

P.S. Ah oui, en survolant le blog du comic-book, il semblerait que la question posée soit "Et si la mafia avait un service secret ?". Hé bé, ce point existe certes mais n’est absolument pas mis en avant. En tout cas je ne l’ai pas ressenti comme cela, sauf peut-être dans les toutes dernières cases. Peut-être est-ce une question qu’il faut avoir en tête AVANT de lire Killing Girl afin de mieux l’apprécier ?

Messages

  • C’est marrant, ton second paragraphe pourrait presque décrire Grey Area (Zone d’ombre en VF), pour ce que je m’en souviens. le thème est vraiment similaire et les défauts de construction se ressentent également (mais peut être moins à en lire ta description).