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Spider-Man : Back in Black HC

samedi 15 décembre 2007, par Mathieu Doublet

(Marvel Comics / J.M.Straczynski & Peter David / Ron Garney & Todd Nauck)

Ce hardcover oversized reprend :
- les numéros 539 à 543 de Amazing Spider-Man
- les numéros 17 à 23 ainsi que l’Annual 1 de Friendly Neighborhood Spider-Man.


Si vous n’avez pas suivi les événements de Civil War et que vous comptez les lire dans pas longtemps, quittez tout de suite cette chronique et allez en lire une autre car on ne peut pas parler de ce Back in black sans parler de Civil War et de ses conclusions.

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A y est ?

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Bien donc, pendant la guerre civile super-héroïque, Peter Parker a révélé son identité à tout le monde sous l’impulsion de Tony Stark afin de développer sa politique d’enregistrement des super-héros. Et ça n’a pas loupé : Peter ayant changé de camp, il perd la protection de Stark qui le couvrait lui mais aussi ses proches. Et qui se prend une balle destinée à Parker ? Sa tante, la vieille May. Les jours sont comptés pour la vieille femme et les médecins ne sont pas absolument pas optimistes. Il y a de fortes chances pour que May y laisse sa peau. D’autant plus que les Parker payent cash et qu’ils ne pourront pas cacher aux autorités leur présence beaucoup plus longtemps.
Alors Peter va faire ce qui lui semble le plus juste : plutôt que de croupir devant sa tante mourante, il va chercher le responsable et lui faire payer. Ce qui va, bien entendu, remettre en cause pas mal de principes que Peter s’était juré de ne jamais franchir.

Heureusement qu’il aura son ami Flash Thompson pour le soutenir et lui offrir un toit pendant qu’il est en fuite. Mais comme tout bon ami de l’araignée, Flash a lui aussi tendance à attirer les personnes qu’il ne faut pas et Peter va être chargé de lui porter secours ... après avoir aidé l’Homme-sable bien sûr. Si si, vous avez bien lu, Spidey va aider l’un de ses premiers ennemis.

Ce tome des aventures de Spider-Man n’est pas satisfaisant et va rendre mon avis complètement contradictoire avec lui-même. Je m’explique : Straczynski signe un scénario qui démonte le personnage de Peter. Le retour à la noirceur, la corruption d’un être parfait quand le monde de celui-ci se désintègre, d’accord, je veux bien le comprendre. Ca a déjà été traité et de manière bien plus subtile par Frank Miller (oui, on peut mettre "subtil" et "Frank Miller" dans une même phrase) dans la série Daredevil. Sauf que pour Spider-Man, on est loin du compte, très loin même. Car Peter est en fuite certes mais il a encore à côté de lui une femme qui l’aide et le soutient.
Au final, ce qui ressort des numéros d’Amazing, c’est que Peter Parker n’est qu’un gosse incapable de supporter la mort. Car avouons-le, la tante May tient plus de la momie que de la grand-mère dynamique. Du coup, sa mort semble pour le lecteur à la limite du naturel et pourrait jouer dans l’évolution de Peter en tant qu’adulte justement. Mais ça n’est pas parmi les plans que Marvel a pour l’un de ses personnages étendard. A la place d’un récit émouvant, nous avons affaire à une banale histoire de vengeance qui annule d’un même coup, toute l’évolution de Peter et le personnage de Mary Jane (complètement inexistant et desservi).

Peter David lui joue dans un rôle plus comique. Etrange donc de lire un Peter Parker, névrosé, à fleur de peau, à limite du pétage de plombs et un Peter qui si il n’est pas au sommet de sa forme, se permet tout de même des jeux de mots (qui illustrent parfois son exaspération, je l’entends bien).
Là où David surpasse Straczynski, c’est que non seulement, ses histoires sont plus légères, plus rythmées (on a trois histoires qui se concluent ici) mais qu’on a droit à un vrai moment de bravoure : l’affrontement entre Peter Parker et J. Jonah Jameson. Et ce moment mérite vraiment le détour.
On regrettera simplement les premiers numéros avec l’Homme-sable qui concluent une intrigue qui n’apparaît pas dans les TPB Civil War (à juste titre d’ailleurs) et dont il faut avoir lu le début pour pouvoir pleinement l’apprécier. Pour en finir avec l’homme sable, le numéro Annual de FNSM se concentre sur le personnage de Flint Marko auquel il rend un vibrant hommage.

Graphiquement, j’irai assez vite. Je ne suis ni fan de Ron Garney ni de Todd Nauck. Les deux artistes ne sont pas mauvais mais leurs planches sont parfois vraiment remarquables et parfois banales voire parsemées de cadrages ou de visages à la limite de l’amateurisme.

Si vous voulez savoir ce qui se trame dans le vie de Peter Parker, ce volume est indispensable. Il traduit cependant un tournant aussi bien dans tout le run de Straczynski (ça commence à sentir le roussi et la fin du run) que dans l’optique commerciale que Marvel choisit (Joe Quesada n’a caché la surprise à personne et a annoncé ses projets pour Peter - projets qui visiblement se feront en dépit du bon sens).
Les épisodes de Peter David sont bien meilleurs et même s’ils ne sont pas logiques avec le comportement de Spidey dans ces précédentes aventures sont bien plus lisibles. C’est là que se situe le point fort du bouquin.

P.S. Ah oui, au fait, le costume noir n’apporte vraiment pas grand chose.


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Ces épisodes paraissent dans la revue kiosque Spider-Man.

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