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Batgirl & les Birds of Prey Rebirth #14-22 : La boucle est bouclée

jeudi 11 juillet 2019, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Julia & Shawna Benson / Marcio Takara & Roge Antonio)

Ces épisodes ont été publiés en VF par Urban Comics dans la revue kiosque Récit Complet Batman #12. Lu en VF.

Se battre et / ou être manipulées par le Calculateur, ça va bien deux secondes mais il faut aussi savoir se reposer. Voilà pourquoi Helena emmène sa classe à la campagne et demande à Dinah de bien vouloir l’accompagner. Le défi : ne pas utiliser son portable. C’est l’occasion de visiter le coin, de profiter des animations historiques locales et de faire des feux de camps en se racontant des histoires horrifiques. C’est un peu moins drôle quand ces histoires prennent réellement vie et dépassent le stade du compte. Pendant ce temps, Barbara s’occupe de Gotham soit en tant qu’Oracle, soit en tant que Batgirl avec un petit coup de main de la part de dames pas parfaitement en règle avec la loi.
Si on peut féliciter les scénaristes Julia et Shawna Benson d’une chose, c’est d’avoir su retranscrire l’effet d’équipe chez les Birds of Prey, d’avoir su développer chaque personnage en cohérence avec les deux autres et avoir aussi su écrire des épisodes sympathiques, très « feel good » où les héroïnes tiennent la dragée haute à tous ceux qui voudraient se dresser contre elles.
Dans ce recueil qui se trouve être le dernier de la série, notre équipe n’aura pas que des moments faciles. Non seulement, elles vont être confrontées à un virus qui touche leurs proches mais aussi au retour du Calculateur qui se trouve être beaucoup plus revanchard qu’Oracle aurait pu le penser. Et cette revanche, les Birds of Prey vont le payer au prix fort, à tel point que l’équipe va être irrémédiablement touchée.
J’avoue que le titre Birds of Prey n’était pas pour moi un titre dramatique. Dans le tout dernier arc, pourtant, ça va être loin d’être la rigolade à chaque page. Alors oui, si ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, les héroïnes sortiront grandies d’épreuves difficiles mais les scénaristes sont malheureusement confrontées à la durée limitée de leur run. Logiquement, Batgirl aurait dû connaître un passage à vide solitaire beaucoup plus long, à l’instar de ce que peut vivre régulièrement Batman. D’ailleurs, on peut se demander pourquoi Barbara Gordon choisit de pirater le Calculateur sans prévenir ses coéquipières alors qu’elle sait pertinemment comment ça se passe.
Les récits one-shot sont donc plus à mon goût que les récits longs dont la tension n’a jamais vraiment réussi à me passionner. Certes, il est toujours drôle de voir comment les mâles sont maltraités dans l’arc « Quarantaine », il est intéressant de voir comment Helena va se sortir d’une affaire compliquée avec sa mère, mais au final, ce ne sont que quelques points positifs dans un ensemble de pages, loin d’être mauvaises mais aussi loin d’être passionnantes.
Aux dessins, on retrouve deux artistes. Roge Antonio qui sera à bord presque tout le temps et Marcio Takara qui se chargera des récits courts. Les deux artistes, dans des styles très différents, rendent des copies honnêtes mais qui n’ont rien déclenché pour mes petits yeux de lecteurs. Antonio a un trait très fin, assez rond mais les visages de ses héroïnes sont moins sympathiques que ceux des autres personnages qui ont souvent plus de caractère. C’est fort dommage car c’est bien entendu les Birds of Prey que l’on voit le plus souvent. Ajoutons à ça un décor qui n’est pas souvent présent et vous comprendrez peut-être pourquoi je ne suis pas 100% client. Ceci étant, Antonio tente des mises en scène un peu plus hors-norme (même si déjà vues ailleurs) et des scènes de combat en double-page qui sont vraiment bien fichues.
Takara, quant à lui, demeure dans son style, plus brut que dans le passé. Son encrage est plus épais, plus sale. Cela donne bien entendu de la force aux dessins mais est-ce bien synchro avec un titre positif comme celui des Birds of Prey ? N’aurait-il pas mieux valu un style plus doux, plus rond pour les one-shots et quelque chose de plus brut pour les récits longs ?

Ce dernier arc de Birds of Prey montre que la licence n’a pas vraiment fonctionné mais DC a eu au moins la possibilité de lui laisser sa chance. Si le titre était un porte-étendard féministe (cf l’arc Quarantaine), il était aussi un titre que je qualifierai de moyen. Il lui manquait l’étincelle de créativité nécessaire pour sortir du lot, surtout quand on ne fait pas partie officiellement d’une franchise partagée.