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Super Sons tomes 1-3

jeudi 9 mai 2019, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Peter J. Tomasi & Patrick Gleason / Jorge Jimenez, Alisson Borges, Ed Benes, Ryan Benjamin, Sergio Davila, Tyler Kirkham, Carmine De Giandomenico & Jose Luis)

Ces numéros sont parus en VF chez Urban Comics en librairie. Ils contiennent respectivement les numéros 1 à 5, 6 à 10 et 11-12. Le tome 3 étant un crossover, il contient également Superman #37-38 ainsi que Teen Titans #15.

Superman & Batman sont d’accord sur un point : leurs fils ont besoin de s’entraîner. Du coup, fini les aventures. Mais bien entendu, Damian ne va pas l’entendre de cette oreille et va chercher Jon au beau milieu de la nuit pour aller faire une petite effraction chez Lexcorp. Rien de plus banal, surtout quand vous vous faites repérer par le propriétaire des lieux. Si Jonathan a vraiment peur de se faire disputer, Robin, lui, a obtenu ce qu’il cherchait : l’identité d’un jeune homme qui s’est introduit lui aussi chez Lexcorp pour y voler quelque chose. Sans le savoir, les deux fistons vont se retrouver en face de Kid Amazo.

Ce premier tome est du pur bonheur. L’alchimie entre l’honnêteté de Jon et la fourberie de Damian, les vannes sur la taille, les disputes à répétition, tout ça fonctionne à merveille. C’est drôle, c’est rythmé, c’est sympa, c’est du comic-book qui se laisse lire et relire avec plaisir, tout comme le plaisir manifeste que Peter J. Tomasi a dû prendre pour réussir son coup comme ça.

Dans le deuxième tome, Patrick Gleason rejoint son compère et reprenne tout le côté agréable de la série Superman qu’ils scénarisent ensemble depuis le début de la période Rebirth. Il sera question d’un magicien raté à qui une version parallèle lui donne de la glaise magique. Seulement, l’homme en fera mauvais usage en créant des espèces de super-vilains dont la Ligue devrait s’occuper. Il décide donc d’attaquer les jeunes titans en espérant qu’ils iront pleurer dans les jupes de leurs mères. C’est mal connaître Damian.
Dans le troisième tome, ce sera le retour du Tim Drake du futur déjà vu dans Detective Comics et devinez quoi, cette fois, c’est Jon qu’il doit abattre pour sauver des millions de gens. En effet, dans le futur, Jon créé une explosion solaire et notre psychopathe voyageant dans le temps, pense qu’il peut l’arrêter tout de suite.
A la première lecture, ma réaction a été épidermique : j’ai détesté. Non seulement, d’un point de vue scénaristique, c’est du quasi-copier-coller sur la venue de Drake dans Detective Comics mais cela donne une nature très sombre au titre qui avait jusque là été épargné par le grim’n’gritty même en connaissant des menaces sérieuses. La tenue du Tim Drake en « Savior » était elle aussi assez risible renvoyant aux designs des années 90. Les Teen Titans se brouillent encore plus mais au moins ce point sert à renforcer le climat qui règne déjà dans l’équipe (cf Teen Titans : La trahison de Beast Boy).
A la deuxième lecture, ça passe un peu mieux. Même si il est difficile de comprendre comment une partie des Teen Titans peut faire confiance à un Tim Drake clairement agressif et sans penser aux conséquences de leurs actes, l’histoire se tient et arrive à se terminer sur une conclusion contenant un peu d’espoir.

Aux dessins, on retrouve pas mal de monde. Si aucun des artistes n’est à la rue, c’est clairement l’artiste le plus présent, Jorge Jimenez qui sort son épingle du jeu. Il faut aussi dire que c’est lui qui donne la patte graphique en démarrant la série. Le trait est fin, les enfants ressemblent à des enfants et les grimaces diverses et variées sont vraiment très réussies. Alisson Borges tente, elle aussi, la variation des expressions et des exagérations mais cela passe moins bien.
Plus tard, Carmine De Giandomenico viendra prêter main forte sur quelques planches mais le style du dessinateur qui convient parfaitement à l’univers de Flash (étant proche de Scott Kolins) est véritablement très différent du style de Jimenez. Cela se remarque mais pour qui est habitué au dessinateur, ça ne choque pas trop.
Le crossover avec ses trois titres va logiquement voir arriver une valse d’artistes. Ryan Benjamin fait ce qu’il peut pour coller à l’ambiance mais sa formation « Wildstorm » se voit trop et on sent la pression pour rendre les pages à l’heure. Ed Benes passe faire un petit coucou sur un numéro sur lequel Jimenez est également crédité, est-ce que cela ne fait pas beaucoup pour un dessinateur qui a déjà un numéro sous le coude ? Benes fait ce qu’il peut lui aussi pour ménager son style à l’ambiance demandée. Sergio Davila réussit bien ses passages avec les héros enfants ou ados mais verse dans une certaine Steve Ennis-erie dès que les adultes sont de la partie. Quant à Tyler Kirkham, il garde une certaine finesse de trait mais ses visages très mangas sont distinguables du reste de l’œuvre.

Au final, Super Sons reste une de mes séries préférées de DC Rebirth en compagnie de Superman. Le ton est assez léger, le duo Damian / Jon fonctionne à merveille et apporte l’humour nécessaire. La plupart des planches étant jolies et détaillées, ça n’est que du bonus.
En plus, au prochain volume (qui sera, je crois, le dernier de la série Super Sons), on aura droit aux Super Pets ! Vivement !