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Justice League #34-43 : Le Procès de la Ligue de Justice et Justice Perdue

vendredi 26 avril 2019, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Christopher Priest / Pete Woods, Philippe Briones, Marco Santucci & Ian Churchill)

Ces numéros sont publiés en VF chez Urban Comics. En kiosque dans les numéros Batman #19-24 et en librairie dans le tome 6 de la série Justice League.

Les numéros 32 et 33 de la série sont des tie-ins à la série Batman : Metal. Et donc inclus dans Batman : Metal tome 3 en librairie VF.

Gérer sa propre destinée, une équipe de justiciers à Gotham, la Ligue de Justice ainsi qu’une équipe parallèle avec des personnages à la morale plus douteuse, voilà le destin de Batman. Et malgré les recommandations (voire protestations) d’Alfred, Bruce Wayne se lève tout de même pour passer à l’action.
Sauf que gérer un tremblement de terre, une attaque extra-terrestre dans l’espace, un raz-de-marée à venir et une prise d’otage, au bout d’un moment, ça commence à faire beaucoup. Et arrive ce qu’il devait arriver, Batman se plante dans ses décisions. Ce qui coûtera la vie d’une nonne devant les caméras des chaînes télévisées alors que le FBI s’apprêtait à intervenir. S’en suit bien entendu la douloureuse question de la légitimité de la Ligue et ceci devant les tribunaux. Pas sûr que la Ligue s’en sorte, d’autant qu’un « fan » commence aussi à agir, rendant les actions de la ligue encore plus difficiles.

Après la gestion de la franchise par Bryan Hitch qui était, pour être poli, pas franchement terrible. DC va confier les rênes de la série à Scott Snyder ce qui signifie bien entendu de rebooter toute cette affaire. Il faut donc réussir à placer les billes de telle manière que Snyder puisse commencer son ouvrage. Et pour cela, DC Comics va faire appel à Christopher Priest, le scénariste de Deathstroke.
Ce dernier va tenter de faire tout cela en nous proposant une intrigue correcte, un déroulement cohérent et la possibilité d’y placer quelques billes.

Au premier point, je trouve comme d’habitude avec Priest qu’une deuxième lecture est toujours recommandée. Si vous pensiez lire ces numéros comme vous avez lu ceux de Hitch, réfléchissez-y à deux fois. Car Priest va mettre la Ligue en face de ses responsabilités et elles ne vont pas être des plus aisées d’autant qu’il y aura changement de commandement. Eh oui, une fois n’est pas coutume mais Batman va bel et bien admettre que c’est trop pour lui. Une première !

Par la suite, toute cette histoire de fan servira de fil rouge, alors que la Ligue (Superman en tête) traîne depuis trop longtemps cette histoire de conflit africain impossible à résoudre. Ce qui nous amène au coup plutôt malin de Priest, inclure le Red Lion et Deathstroke dans l’histoire, ce qui va non seulement lui faire un peu de pub’ mais aussi lui permettre de résoudre un problème insoluble pour la Ligue (un point qui est rabâché à longueur de numéros).
Ceci étant, tout n’est pas parfait. Non seulement, on n’a pas vraiment de conclusion ni de réel effet au procès de la Ligue mais il y a certains points d’intrigues quelque peu confus (la saboteuse au sein de la base orbitale). Ce dernier point permet toutefois quelques scènes d’anthologie (Flash dans l’espace) mais ne cache pas un certain côté brouillon.

Aux dessins, on a droit à du beau monde et des artistes en forme. Pete Woods se charge du gros du travail et si on excepte un passage de creux dans le #40 (c’est d’ailleurs le seul numéro où il fait appel à un coloriste, sinon il se charge totalement du graphisme de A à Z), on a quand même droit à de très jolies pages et une belle mise en scène. Woods connaît son boulot et le fait bien. Le trop rare Ian Churchill nous honore d’un plein numéro et même quand il y a une légère baisse de régime, cela reste très agréable à regarder, d’autant que les couleurs d’Alex Sollazzo font elles aussi très bien le travail qu’on leur demande. Comme le coloriste est là également sur le numéro confié à Marco Santucci, cela propose une agréable continuité. Philippe Briones, qu’on ne présente plus, a droit à deux coloristes différents. Le dessinateur s’en tire avec les honneurs, c’est propre même si cela a moins de personnalités que chez ses collègues (remarquez, Santucci, est lui aussi classique mais dans un autre registre).

Il fallait bien clore ce volume de la Justice League, raccorder le tout à Batman : Metal afin d’introduire tout d’abord la mini-série No Justice puis le reboot de la Justice League par Snyder avec une cohorte de personnages légèrement différente et rappelant une formation très 90’s. Même si ça n’est pas parfait, Christopher Priest s’en sort correctement. Pour le lecteur amateur de continuité, cela donne de la souplesse à la franchise. L’amateur de bonnes histoires tordra quant à lui un peu la bouche, malgré une qualité graphique indéniable.

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