Accueil > Chroniques > DC Comics > DC Rebirth > Batman tomes 5 et 6 : En Amour comme à la Guerre et Tout le Monde aime (...)

Batman tomes 5 et 6 : En Amour comme à la Guerre et Tout le Monde aime Ivy

samedi 20 avril 2019, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Tom King / Mikel Janin, Joëlle Jones, Travis Moore, Clay Mann & Hugo Petrus)

Attention, le récapitulatif va être un poil compliqué.

Donc pour faire le plus simple : en kiosque les numéros 33 à 47 sont publiés en VF par Urban Comics dans la revue Batman #17-24.
En librairie, le tome 5 contient (probablement) les numéros 33 à 38 et le tome 6 39-43 + 45-47.
En VO, les TPB correspondants sont les suivants TPB #5 (#33-37 + Annual #2), #6 (#38-44) et #7 (#45-50, histoire de conclure sur le mariage).

Ici, je vais vous parler de l’ensemble disponible en kiosque, ce qui me semble le plus logique en matière de continuité.

Mais pourquoi donc Batman et Catwoman sont-ils donc dans le désert ? Pourquoi s’arrêtent-ils devant une grotte gardée par un garde mastoc qu’il faut terrasser avant d’entrer ? Pourquoi Batman s’inquiète-t-il de l’intervention de la Ligue si jamais il s’aventure au sein de la grotte ? Peut-être parce qu’il a lui-même tout mis en place pour que personne n’y rentre jamais. Mais comme Holly Robinson, la jeune femme qui a commis les crimes desquels Selina Kyle est accusée, se trouve dans la grotte pour se protéger, eh bien, il faut lui demander son aide afin que Selina ne soit plus poursuivie tout le temps par la police.

Mais ça n’est pas tout. Car si l’annonce du mariage est connue de certains vilains, d’autres ne sont pas au courant. Enfin, pas officiellement. Et du coup, comme Batman n’a pas encore appelé Superman pour qu’il assiste au mariage, les deux hommes ne savent pas trop quoi en penser. Il faudra les efforts conjugués de Lois Lane et Selina Kyle pour que cette histoire se désembrouille.

Batman devra ensuite faire face à un enfant qui veut un peu trop devenir lui ; remplacer un gardien en compagnie de Wonder Woman sans savoir que le temps se déroule bien différemment dans le monde qu’il va devoir protéger et résister aux attaques de Poison Ivy qui a réussi à asseoir son autorité sur le monde entier.

Pour finir, comme si ça ne suffisait pas, c’est Booster Gold qui va intervenir dans la vie de Batman. Le crétin du futur va offrir à Batman un cadeau de mariage : le fait que ses parents ne soient pas morts. Ce qui va, bien entendu, altérer toute la réalité.

Bon, on va commencer par ça. Ayant lu ces numéros peu de temps après avoir lu l’arc d’Action Comics, on peut dire une chose : les équipes éditoriales de chez DC Comics ne savent absolument pas quoi faire de Booster Gold et encore moins qu’il ait un semblant de cohérence dans ses actions. Dans Action Comics, Booster est celui qui va tenter d’empêcher Clark de modifier le passé, sachant très bien que cela mènera à la suppression de Superman. Pourtant, c’est exactement ce qu’il fait lui-même face à Bruce Wayne alors que chronologiquement, il a normalement déjà vécu ses aventures avec Clark. Pour le public francophone, c’est d’autant plus perturbant que les deux séries sont publiées dans le même magazine.
Donc non seulement, Tom King semble faire carrément n’importe quoi mais cette histoire ne semble avoir qu’une utilité : faire patienter le lecteur en attendant l’événement majeur du mariage entre Bruce et Selina. Du coup, difficile d’apprécier cet univers alternatif qui montre simplement que les deux amoureux n’auraient pas été ensemble. Logiquement, personne ne garde souvenir de ce qui s’est passé sauf Booster Gold qui pourrait aller s’installer à Arkham tellement il a l’air ravagé.

Heureusement que pour le reste, c’est plutôt sympa. Enfin, sympa, c’est un peu exagéré. Disons que Tom King sait y faire pour donner dans le psychologique et lier ses histoires au même thème : l’Amour. Si Ivy est maîtresse du monde, Batman utilisera le seul amour qu’elle ressent un tant soit peu pour quelqu’un d’autre afin de sauver la planète (En avait-elle besoin cette planète ? Pas si sûr.)
Les passages avec Superman et Wonder Woman montrent bien à la fois l’entêtement de Batman et la force de ses convictions même avec la femme la plus belle du monde sur une durée très longue à l’échelle humaine.
King utilise très régulièrement les pages coupées en deux avec des cases qui se répondent. Il avait déjà tenté le coup entre Bat’ et Cat’, là, c’est entre Bat’ et Sup’. Ça fonctionne plutôt pas mal même si ça ne fonctionne pas à chaque coup. Le ton léger et la présence de Lois et Selina rend le tout très agréable, ce seront même les numéros que j’aurais préféré dans leur ensemble.

Deux numéros isolés (de façon assez surprenante, l’un d’entre eux coupant l’arc « Super Amis ») sont assez représentatifs de ce que King peut faire de pire et de mieux. Le numéro avec le gamin qui fait tuer ses parents pour ressembler à Bruce Wayne n’apporte, à mon humble avis, absolument rien ni au mythe, ni au personnage, si ce n’est peut-être apporter une nouvelle tête d’adversaire à venir. Hush, avec tout le développement du personnage au fil des années, est une bien meilleure alternative dans le domaine envie / copycat.
L’autre numéro, qui joue sur l’historique des affrontements Bat’/Cat’, est bien plus touchant alors que l’on suit également une sortie nocturne de Selina. Le final est d’une finesse admirable avec une dernière case qui ne peut laisser le lecteur que perplexe, surtout s’il sait ce qu’il va advenir (merci les médias français pour le spoiler).

Et si c’est autant réussi, c’est peut-être aussi parce que c’est Joëlle Jones qui se charge d’une partie des dessins de ce numéro. D’ailleurs, la dessinatrice sera de la partie pour l’essentiel des numéros mettant en scène Catwoman. C’est toujours aussi agréable à regarder avec un trait qui sait se faire aussi charmeur que bourré de violence. C’était le concept de sa série Lady Killer (il y a d’ailleurs un clin d’œil à la série quand Selina lit un livre portant le même titre) et savoir que Jones va être à la tête de la série Catwoman est une excellente nouvelle.
La chose qui m’aura le plus surpris dans les numéros qu’elle réalise, ce sont les splash pages qu’elle dessine, travaillant le gros plan et l’effet waouh. Une nouveauté dans son travail, en ce qui me concerne.

Jones ne sera bien entendu pas seule pour réaliser tout ces numéros. On retrouvera donc un Clay Mann très avare en trait, cherchant le réalisme mais ne me convaincant pas vraiment. Travis Moore réalise le numéro très noir du gamin : l’ambiance est là, le trait est élégant, je valide.
Mikel Janin reprendra les commandes sur l’arc mettant en scène Poison Ivy et son trait si fin continue de me séduire. Si les décors sont parfois vides, le reste des cases en met tellement plein les yeux que ça passe comme une lettre à la poste. Hugo Petrus, qui se charge de quelques pages dans le #43, donne suffisamment le change pour qu’on ne s’aperçoive de pas grand-chose.
Ce sera Tony S. Daniel qui aura la lourde tâche de dessiner les épisodes avec Booster Gold. Rien à dire, c’est beau et c’est typiquement ce que Daniel peut produire de mieux, dans son appropriation du style « Jim Lee ».

Au final, je ne peux absolument pas avoir un jugement tranché sur ces numéros. Certains sont très bons, d’autres franchement mauvais. Il n’y a que la réalisation graphique qui est bonne de bout en bout voire excellente. Ne serait-ce pas là le succès d’une série ? Avoir une qualité moyenne constante, faire enrager le lecteur mais pas suffisamment pour lui faire quitter le navire ?

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0