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Action Comics #977 – 999

mardi 16 avril 2019, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Dan Jurgens / Ian Churchill, Carlo Barberi, Patrick Zircher, Jack Herbert, Viktor Bogdanovic, Guillem March, Ryan Sook, Will Conrad, Dan Jurgens & Brett Booth)

Le tout est sorti en kiosque chez Urban Comics dans les revues Justice League #12-16 et Batman #17-23.

Les numéros reprennent le contenu des recueils The New World et Booster Shot (Le Nouveau Monde et Une virée avec Booster en VF).
Une chronique un peu particulière parce que je vais probablement raconter pas mal de choses sur ces numéros. Si vous ne les avez pas encore lus et que vous voulez vous garder la surprise, passez votre chemin. 😊

Ainsi donc avec les affaires de M. Mxyzptlk, Superman est un personnage qui a, en quelque sorte, gagné en clarté. Il est maintenant entièrement intégré dans son nouvel univers et tout le monde l’accepte comme étant l’unique Superman (les deux entités New52 et classique ayant fusionné).
Tout redevient donc comme avant : la vie à Metropolis (au grand dam de Jon), la double identité Clark Kent journaliste. Maintenant que les choses sont réécrites, Superman cherche à en savoir plus sur son passé car sa forteresse de solitude a elle aussi changé et possède dorénavant tous les savoirs qu’elle possédait dans sa version classique. Superman se replonge donc dans son passé depuis le début et s’assure que tout est bel et bien rentré dans l’ordre. Tandis qu’une entité mystérieuse cherche à rassembler les ennemis les plus puissants de Superman (l’Eradicateur, Blanque ou encore Metallo), le Kryptonien est attaqué dans sa forteresse même par le mystérieux M. Oz.
En réalité, tout cela est un coup de Hank Henshaw, le Superman Cyborg qui inclut aussi dans son équipe Mongul et qui va chercher à libérer Zod des mains d’Amanda Waller et de son Suicide Squad à Belle Rêve. Sauf que Zod est loin, très loin d’être maîtrisable, surtout une fois qu’il a ce qu’il cherche : un chemin vers la Zone Fantôme d’où il pourra sortir sa femme et son fils.

Superman devra ensuite faire face à M. Oz qui se trouve être, attention, roulements de tambour, rien d’autre que son père ! Eh oui, Jor-El aurait bel et bien échappé à l’explosion de Krypton après que la navette de son fils ait décollé. Il cherche à montrer à Superman que le monde qu’il cherche à protéger n’en vaut pas le coup. Et pour cela, il va se manipuler pas mal de monde et mettre le super-héros en grande difficulté. Son but est simple : que son fils et lui s’en aillent, qu’ils quittent la Terre pour un autre monde plus juste.
Superman se rend finalement compte que son père est peut-être lui aussi contrôlé mais les retrouvailles seront interrompues par la disparition de Jor-El dans une lumière bleue.

Superman va alors faire l’impensable : prendre le tapis roulant temporel de Flash et remonter dans le passé jusqu’à l’explosion de Krypton afin de savoir si son père a réellement été téléporté. Cela attire l’attention de Booster Gold, le héros le plus méconnu de tous les temps. Ce dernier cherche, en compagnie de Skeets son robot, à éviter le plus d’anomalies temporelles possibles, même s’il en est une lui-même. Mais Booster arrive trop tard et Superman commence à chambouler l’espace-temps.
Je suis très embêté par rapport à tout cet ensemble d’épisodes. Je comprends les soucis de Dan Jurgens face à l’imbroglio éditorial qu’est devenu Superman. Jurgens n’est plus vraiment maître à bord : il doit non seulement remettre à plat les cartes qui lui sont données et gérer à la fois les conséquences de l’échappée de Zod dans Suicide Squad et faire avancer l’intrigue de M. Oz, apparu tout au début de l’univers Rebirth.
La lecture de ces épisodes est toujours très agréable tant que Jurgens ne fonce pas à fond dans les bastons à n’en plus finir, ce qui est grosso modo le cas pour toute la partie Cyborg Superman / Zod. La partie avec M. Oz est bien plus intéressante car elle met une fois de plus toute la famille Kent en scène. C’est là que Jurgens est à son meilleur, même si, en parallèle de l’histoire avec Booster, Lois Lane prouve être bien plus qu’une journaliste : c’est une femme d’action ayant autant de talent qu’une militaire / mercenaire entraînée. On l’a déjà vue aux commandes d’une armure Batmanienne et cette fois, elle y va quasiment à mains nues (même si son fils n’est pas loin). C’est une vision un peu excessive du personnage à mon humble avis mais il faut en arriver là pour la conclusion de l’histoire avec Booster.
Ce dernier grand récit avec l’Action Comics #1000 et le passage de flambeau à Brian Michael Bendis m’a souvent surpris par la description des émotions de Superman. Comment un héros comme lui qui fait toujours passer le bien commun avant le sien peut penser retourner dans le passé et sauver son peuple quitte à changer l’histoire de tout l’univers, voire même plus précisément de sa famille ? cela me paraît réellement out-of-character tout comme son utilisation du tapis roulant temporel (un Superman plus posé aurait simplement demandé à Flash de lui apporter l’info tout comme il a pu le faire avec Green Lantern). Sa surprise en voyant son père travailler avec le général Zod est également étonnante car si les deux hommes sont opposés sur leur philosophie, il me semble naturel qu’ils aient été obligés de collaborer à un moment ou à un autre. Bref, cette dernière partie ne m’a pas beaucoup emballé dans le fond alors que le traitement est toujours aussi bien maîtrisé dans la forme.

Visuellement, on a quand même pas mal de beau monde à bord avec tout de même un numéro réalisé entièrement par Ryan Sook ! Dommage qu’il ne soit pas aussi emblématique que ça. Le dessinateur qui fait le moins rêver et qui est pourtant très présent est Viktor Bogdanovic. On sent les influences (McGuiness et Turner en tête) mais cela manque encore de maîtrise. Le plus étonnant est de voir les planches de Guillem March qui propose un trait très épais, beaucoup moins rond que d’habitude. On se croirait presque devant le boulot d’un Romita Jr. Je passe sur Brett Booth qui n’est véritablement pas ma tasse de thé.
Pour le reste, c’est tout de même un gros plaisir. Patrick Zircher maintient la qualité et revoir Dan Jurgens aux crayons est aussi un gros plaisir.

Il est toujours très difficile de comprendre comment les choses ont pu se passer, si l’approche du #1000 a fondamentalement changé les choses. Au final, ces numéros se laissent lire et Jurgens range très proprement ses jouets (cf Action Comics #999) mais ils se trouvent être plus un mal nécessaire dans le fond qu’une réelle bonne histoire. Ce qui est fort dommage quand on repense aux premiers numéros d’Action Comics Rebirth.