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Aquaman Rebirth tome 2 : Le déluge

jeudi 10 janvier 2019, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Dan Abnett / Brad Walker, Scot Eaton & Philippe Briones)

Ce tome reprend les episodes 12 à 24 de la série régulière.

Aquaman a tenté le rapprochement entre la Terre et le Royaume Atlante mais ces efforts ont été réduits à néant. D’une part, parce que les deux entités ont encore beaucoup de mal à se supporter et qu’un moindre geste peut être considéré comme un acte de guerre. D’autre part, parce qu’un groupe d’activiste nommé N.E.M.O. est bien décidé à faire couler cette paix fragile. Si on prend en considération que c’est Black Manta qui occupe désormais le poste en chef de N.E.M.O., pas besoin de se faire d’illusion : Arthur Curry va avoir fort à faire pour faire comprendre aux Américains qu’il n’est pas l’agresseur et que les attaques sur les côtes Américaines ne sont pas d’origine atlante.
Sous mer, il est aussi difficile de ne pas contre-attaquer face à ce qui ressemble fort à des vaisseaux américains.

La dernière fois que j’ai lu Aquaman, c’était lors de la parution du récit complet en kiosque. Or cette parution ne contenait que jusqu’à l’épisode 5 ou 6 et il y a donc un trou à combler pour arriver à cette première partie de Déluge. Pourtant à la lecture de ce second tome, je n’ai pas été beaucoup perdu. La partie éditoriale est suffisamment détaillée en début de bouquin pour qu’on y retrouve ses petits.
Dan Abnett va donc nous proposer ici la fin de la guerre Amérique / Atlantis et quelques récits qui découlent de cet événement. J’ai trouvé le tout plutôt bien fichu. On sent bien la tension des deux camps, le côté diplomatique qui doit prendre le dessus - enfin surtout chez Curry parce que les deux peuples sont plutôt partants pour se mettre sur le museau – quitte à souffrir et l’immunité dont dispose N.E.M.O. y compris dans ses mesures de défense (ses agents sont prêts à y laisser leur vie).
La conclusion est satisfaisante, le rôle de la Ligue tout autant et voilà Aquaman dans une position réelle de souverain avec toute la sagesse qui l’accompagne.

Ce qui marquera donc cet arc, c’est à mon humble avis, une certaine justesse au niveau de la place qui lui est accordée. L’histoire n’est pas trop courte (c’est après tout une guerre qui dure dans le temps), ni trop longue (les événements sont suffisamment nombreux et bien agencés pour ne pas assister qu’à une suite de combats dévastateurs). En rendant le côté « souterrain » et espionnage de la guerre, Abnett opte pour un développement qui ne peut qu’intéresser le lecteur.
C’est aussi ce qui marquera les récits suivants. Que ce soit pour Warhead ou pour l’eau morte, le scénariste nous offrira des histoires qui mêlent action et sens ; sachant que l’on parle là encore, de guerre, d’armes, de responsabilités et de diplomatie. Abnett prend d’ailleurs la sage décision de ne pas transformer Arthur en modèle de justice, malgré par exemple les paroles de sa bien aimée, Mera.
Mera sera la voix de la raison mais aussi celle de la superstition. Si les changements d’Arthur sont assez compréhensibles et enrichisse le personnage ; je suis beaucoup plus perplexe face à Mera qui fait parfois preuve de force mais se trouve aussi facilement persuadée de choses tout à fait improbables. Le couple en sera d’ailleurs mis à rude épreuve.

Tout cela pour déboucher sur un nouveau statut quo très logique qui ne durera probablement pas très longtemps (quelques arcs, j’imagine).
S’il y avait un bémol à apporter à ces histoires, ce serait plus dans les dialogues que dans l’intrigue en elle-même. Je les ai trouvés assez pauvres et je n’ai pas réussi à leur coller le ton que le personnage devait avoir pour moi. Est-ce que le bât blesse lors de la version originale ou lors de la traduction (signée pourtant Edmond Tourriol - un habitué) ? Bonne question.

Aux dessins, on retrouve trois artistes qui se partagent la lourde tâche de rendre une série bimensuelle. Ainsi si Brad Walker propose un numéro, ce sont surtout Scot Eaton et Philippe Briones qui alternent les pages avec même une présence plus importante du français. Malgré une différence de style (on ne peut pas compter sur un même encreur pour tout et Briones réussit l’exploit d’encrer lui-même son travail), je n’ai pas été dérangé par le changement de plumes. Certes la colorisation de Gabe Eltaeb sur la totalité des numéros apporte une certaine homogénéité mais cela ne fait pas tout.

On peut aussi remarquer que les dessinateurs n’ont pas une identité très forte (en tout cas, pas comme on peut reconnaître un McGuiness, un Coipel ou un Capullo du premier coup d’oeil). C’est ce qui permet, gros avantage, de pouvoir passer de l’un à l’autre sans souci. A tel point que le dernier numéro du tome est signé à quatre mains.
Le résultat est plaisant. Bien entendu, on ne peut pas demander à ces artistes de rendre une copie parfaite et la qualité des cases varie donc suivant les pages et les numéros. Ce qui est heureux, c’est qu’il n’y a rien de catastrophique et que concernant Eaton et Briones, ils nous donnent à lire des planches bien remplies. Et parfois les deux dessinateurs, chacun dans leur créneau, visent juste et bien en nous proposant de superbes personnages et une puissance efficace.
Chez Walker, même si les personnages sont plus stylisés, j’ai trouvé que tout ce qui les entoure était nettement moins présent.

Notons côté visuel, les superbes couvertures de Joshua Middleton donc on aimerait voir le travail sur tout un comic-book.

Je partais plus défaitiste suite à la lecture des six premiers numéros qui ne m’avaient pas beaucoup plu. Heureusement, cette suite est bien meilleure et me donne envie de lire la suite. A suivre donc ...