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Justice League (2017)

jeudi 3 janvier 2019, par Mathieu Doublet

Réalisé par Zack Snyder (et Joss Whedon ?)

Avec Ben Affleck, Henry Cavill, Amy Adams, Gal Gadot, Ezra Miller, Jason Momoa, Ray Fisher, Jeremy Irons, Diane Lane, …

Vu en DVD (image recadrée en 16/9 – soupir), VO sous-titrée.

Superman est mort, battu par Darkseid. Et malgré sa très courte existence, Superman a marqué les esprits, il est devenu un symbole de lumière et d’espoir (ah bon ?). Sa mort déclenche donc naturellement un retour au désespoir, à la violence, à l’incompréhension (ah, voilà, c’est beaucoup plus Snyderesque).

Et il se trouve que ce retour de l’humanité à des âges plus sombres va déclencher l’ouverture de 3 boîtes mères. Ces trois boîtes étaient le moyen d’enfermer un être puissant, Steppenwolf, qui a cherché il y a bien longtemps à conquérir la Terre. L’alliance des peuples allait réussir à vaincre le vilain. Ainsi les boîtes sont gardées par les Amazones et les Atlantes. Les Humains, eux, ont choisi de l’enterrer de façon « secrète » afin que personne ne mette la main dessus (et étrangement, aucun humain de l’époque ayant participé à la cache n’a eu l’idée d’aller la chercher, quels êtres vertueux !)
Bref, la mort de Superman permet la libération de Steppenwolf. Quand Batman voit ce qui pourrait arriver, il décide de créer une équipe de super-héros. Il connaît déjà Diana / Wonder Woman et a les moyens de contacter un jeune bolide, un seigneur des océans et un jeune homme apparemment bien branché technologie. Mais mis à part Flash qui est tout de suite partant, les autres auront plus de mal à être convaincus. Heureusement que Diana saura parfois trouver les mots qui manquent à la chauve-souris.
Ceci étant, comme la boîte-mère des humains est aux mains de Cyborg et de son papa, Batman a la bonne idée de faire ressusciter Superman. Après tout, les résurrections, comme le dit Flash, ça se passe toujours très bien, n’est-ce pas ?

Ah ? Donc Superman ne nous la joue pas retour des morts-vivants. On a plus ou moins une adaptation très libre de son retour comme dans le comic-book. Soit. Et c’est le retour de Sup’ qui va enfin permettre aux gentils d’avoir le dessus sur leur ennemi.

Justice League est un bel exemple du choix d’une histoire et du media qui doit la raconter. Car le film de Snyder ne fait rien d’autre que de raconter la création d’une équipe de super-héros. Le pourquoi du comment, tout en le reliant aux autres films déjà réalisés. Sauf que l’équipe étant débutante, la menace ne peut être à la hauteur d’un Darkseid. Les super-héros doivent logiquement vaincre un ennemi puissant mais « jouable ». Typiquement le genre de choses qui peuvent tout à faire se lire en comic-book, voire se regarder en mini-série. Au cinéma, ça manque un peu d’enjeu, Steppenwolf n’étant qu’un énième tyran qui cherche à conquérir la Terre afin d’être autorisé à entrer dans les rangs des Nouveaux Dieux.

L’histoire ne sera donc pas très originale. Destruction, combat, défaite des héros, découverte de la solution, entraide et lattage en règle du vilain. Elle comportera son lot de facilités scénaristiques (si on se base uniquement sur ce qu’on voit, Steppenwolf peut tout à fait régler l’affaire en dix minutes de métrage) et son final assez surprenant permettra à la ligue de s’en tirer les mains propres.

C’est sur ce point que Justice League diffère grandement de Man of Steel ou Batman vs Superman : son message est positif et porteur d’espoir, ses super-héros sont réellement des héros comme on peut les lire dans les comics, on sort un peu du « grim’n’gritty ». En effet, tout au long du film, ce sont les bonnes actions et l’entente qui vont permettre aux héros de vaincre. Voir Batman utiliser l’humanité dont il manque face à Superman, voir qu’il en est conscient, le voir balbutier quelque chose face au Kryptonien sont des clins d’œil et des petits moments humoristiques qui passent très bien et ne transforment pas le film en grosse farce.
Au rayon légèreté, on retrouvera Flash. Je ne suis pas fan de l’acteur mais je trouve que l’aspect très excité d’un jeune Barry Allen est très bien rendu. Aquaman est trop « je m’en foutiste » à mon goût. D’autant que son personnage est totalement décalé avec celui qu’il incarne dans son propre film. On ne sait pas trop où il en est face à ses responsabilités et après vision de son propre long métrage, il est vraiment difficile d’y trouver de la cohérence (la scène avec Mera ne pourra que provoquer l’incompréhension du spectateur).

Et le spectacle et les effets spéciaux dans tout ça ? Oh ils sont bien présents.
Les scènes d’action se ressemblent pas mal, on a de la course poursuite, des combats, ça file à cent à l’heure mais c’est relativement lisible, malgré le nombre important de personnages (les Parademons très réussis étant surtout là pour gêner plus qu’autre chose). Mais le plus important, c’est que les combats semblent chronométrés de façon bien plus serrée que d’habitude. Pour moi, ils gardent un côté aventure prononcé mais ont le bon goût de ne pas s’éterniser.
Les pouvoirs de chaque héros sont bien retranscrits même si c’est Aquaman qui aura les moins visuellement réussis. On sent que les têtes pensantes chez DC ne se sont pas encore concentrées sur ce que sera son film. Ceci étant, on a enfin droit à des moments de puissance assez réjouissante pour chaque personnage. Seul Cyborg sera moins porté sur l’action pure et dure.

Certaines scènes sont visiblement tournées sur fond vert et cela me surprend toujours que ce soit aussi visible. Le petit écran a par contre l’avantage de minimiser la retouche numérique sur la moustache d’Henry Cavill (j’imagine que c’est la scène où il est seul avec Loïs, on voit au montage que la scène a été retournée avec des acteurs qui ne sont pas ensemble sur le plateau).

Après en avoir lu beaucoup de mal, je n’attendais pas grand-chose de Justice League. Ce qui est important, c’est que je ne me sois pas ennuyé, que je ne me suis pas pris la tête dans les mains en me demandant ce que les producteurs avaient fait aux héros et que le film est nettement plus positif que les 2 Superman. Pas la bouse annoncée, loin de là, mais pas non plus la réussite qu’on pouvait attendre d’un tel casting. Peut-être était-il trop tôt, peut-être ne fallait-il pas chercher à concurrencer Marvel qui sortait enfin la carte Thanos.