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Spider-Man : New Generation (2018)

samedi 22 décembre 2018, par Mathieu Doublet

réalisé par Bob Persichetti, Peter Ramsey & Rodney Rothman
écrit par Phil Lord & Rodney Rothman
avec les voix de Stéphane Bak, Camélia Jordana, Olivier Giroud en VF ; Shameik Moore, Jake Johnson, Hailee Steinfeld en VO

Vu en VF.

Peter Parker, vous connaissez l’histoire, a été piqué par une araignée radioactive et est devenu Spider-Man le justicier masqué qui sauve New York après avoir perdu son oncle Ben. Il est persuadé être le seul Spider-Man de l’univers.

Sauf que, non loin de là, Miles Morales, jeune homme promis à un avenir radieux, tague dans une voie de métro désaffectée avec son oncle. Comme la voie est en fait reliée à des laboratoires très particuliers, Miles se fait piquer par une araignée non pas radioactive mais visiblement génétiquement modifiée. Alors forcément, ses pouvoirs sont un peu difficiles à contrôler et il se retrouve sans vraiment le vouloir en plein combat entre Spider-Man, le Bouffon vert (en version géante voire hulkesque) et le Scorpion.
Ces derniers se battent autour d’un canon qui doit ouvrir les dimensions parallèles. Spidey pense que cette invention détruira tout tandis que Wilson Fisk, qui se trouve derrière tout ça, veut ouvrir une nouvelle dimension pour retrouver une version de sa femme et de son fils, mort dans un accident de voiture.

Le plus gros souci, après que Peter et Miles se soient retrouvés l’un en face de l’autre et que le premier promet de former le second, c’est que Peter Parker meurt. Oui, Spider-Man est mort et demande au jeune Morales sans aucune formation de détruire la machine coûte que coûte.
Si Miles est complètement perdu face à la responsabilité qu’on lui donne soudainement, il ne va pas être tout à fait seul dans cette aventure. En effet, le canon (crée par le Docteur Octopus) a fonctionné. Le seul hic, c’est qu’il a apporté des versions alternatives de Spider-Man dans l’univers 616. Au programme : un Peter B. Parker dépressif, plus vieux et plus gros ; une Gwen Stacy devenue Spider-Gwen ; le Spider-Man de l’univers noir ; Spider-Ham, le super-héros cochon cartoon et Penny Parker, une jeune japonaise équipée d’un robot araignée. Une équipe de choc mais qui va rapidement déchanter en apprenant que Miles n’est clairement pas encore à la hauteur.

Bien, on passera sur l’aberration du sous-titre du film. Pourquoi traduire "Into the Spider-Verse" en "New Generation" ? Parce que ça fait cool ? Bah, je suis dans le camp des vieux cons et sous-titrer ce Spider-Man, "Univers Parallèles" ou "dans le Spider-Univers", j’aurais trouvé ça bien plus cohérent. A la limite, on reprend la traduction du Spider-Verse en VF (s’il y en a une) et hop, bouclé, c’est pesé.

Bref, à part ça, ce film m’a vraiment énormément complément plu. Au départ, j’avais quelques doutes concernant l’animation qui n’est pas des plus fluides. Ce mélange entre cinéma d’animation image par image et celui en 3D est particulier, tout comme l’apparence visuelle et flashy des manipulations d’univers faites par Octopus.
Mais comme le film est bien réalisé et que l’histoire tient le choc, eh bien, l’animation ne choque plus, on se laisse guider par l’ambiance et le style du film. Et de style, le film n’en manque pas. Très street-art, très urbaine, typiquement cohérente avec la vie de Miles Morales. La musique à l’unisson sera très présente et renforce la cohérence de l’ensemble.

Ce qui fait aussi que j’ai beaucoup aimé ce film, c’est que je suis complètement vierge en ce qui concerne le jeune héros. Je ne crois pas avoir lu une seule histoire de Spider-Man le concernant. Je suis donc peut-être passé à côté de pas mal de références ou de clins d’œil mais j’ai aussi trouvé l’introduction de ce nouveau personnage bien faite avec là encore, un background complètement crédible.
Chaque personnage aura son moment chez les héros. Ce sera moins le cas chez les vilains, mis à part un cas particulier, que le spectateur chevronné aura bien entendu démasqué depuis un petit moment. Mais ça n’est pas très grave car les méchants sont de véritables faire-valoir assumés. Quasi-indestructibles jusqu’au moment où il faut avancer dans l’histoire, ils apportent le spectacle nécessaire au divertissement, l’adversité que chaque héros doit rencontrer. Le film étant tout de même très orienté famille, le coup de la mort du héros ne sera pas vraiment rejoué. La tension n’est d’ailleurs pas à attendre de ce côté.
Le seul bémol de tout le film que je peux émettre concerne le Caïd. En effet, ce dernier est le "boss de fin". Hors le cadre de ce dernier combat laisse entendre que l’adversaire est surpuissant, voire possède des facultés surnaturelles. Or, hormis une erreur de ma part, Wilson Fisk n’a jamais possédé de pouvoirs particuliers, si ce n’est une masse musculaire et une maîtrise de son énorme corps hors du commun.
Je souligne l’effort fait pour retranscrire le grand patron du crime avec un look qui me semble très proche de ce que Sienkiewicz avait réalisé pour Guerre & Amour.

Bref, ce film est un véritable kif, un comic-book qui prend vie, avec un rythme très très rapide. C’est un tour de montagne russe qui va durer 1h40 et qui ne donnera que peu de répit au spectateur. Ca va vite, très vite, ça en met plein les yeux grâce à des décors extrêmement colorés qui laisse la part belle au street-art ou bien à des teintes plus réalistes. C’est un film lumineux, qui donne le sourire, qui a son cameo de Stan Lee (plus une apparition dans un cadre photo de façon très fugitive, si je ne m’abuse).

Ca sera peut-être trop rapide pour un public lambda qui n’est ni fan du comic-book, ni un enfant dans sa tête. Pour les autres, ça vise juste dans le coeur du fan, ça frappe fort avec des moments savoureux d’aventures et de voltige. Ca montre comment on devient un héros, avec certes un petit coup de pouce. Et ça donne une énorme envie de voltiger entre les toits des gratte-ciels de New York.

Il n’y aura qu’une scène véritablement post-générique qui tient plus du gag ultra-référencé qu’autre chose. Mais il vaut le coup d’oeil. :)

La bande-annonce :

L’album de Noël chanté par Spider-Man : (lien Spotify - désolé si, comme moi, vous n’avez pas de compte chez eux)
https://open.spotify.com/album/1dO8j15uVKxkHA92rYufUv