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Detective Comics #957-962 : Deus Ex Machina

mercredi 21 novembre 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / James Tynion IV & Christopher Sebela / Alvaro Martinez & Carmen Nunez Carnero)

Lu en VF.

Ces numéros sont publiés par Urban Comics dans un quatrième tome librairie et dans la revue kiosque Batman #11-14.

Ils font suite à La ligue des ombres.

Stéphanie Brown en a gros sur la patate suite à sa rencontre avec le syndicat des victimes, elle a ouvert les yeux. Les gens doivent avoir peur pour avoir la chance de sauver leur peau. Le Bat-signal qui les rassure ne leur donne pas le réflexe de s’enfuir et les laisse sur ce qui n’est qu’un champ de bataille où les civils peuvent devenir des dommages collatéraux, plus ou moins acceptés par ses collègues. Alors elle décide de saboter le signal lumineux et de laisser les gens se débrouiller. Enfin, presque …

Parallèlement à tout ça, l’équipe de Batwoman essaie de prendre du bon temps en regardant un match de basket aux premières loges. On peut se dire que la sécurité est loin d’être à son maximum puisqu’un nain trop poilu interrompt le match en se traînant sur le sol. Il faut dire que l’humanoïde est sérieusement blessé et qu’il tombe en lâchant un « Azzzraael » agonisant. Il s’agit de Nomoz, une des créatures de l’ordre de Saint Dumas et ce dernier vient visiblement d’être agressé. Les nouvelles sont en réalité bien plus terribles que ça puisque tout l’ordre est rasé par un nouveau membre encore plus intégriste qu’Azrael. Il faut absolument faire quelque chose, ne serait-ce que pour sauver sa peau.
Et Batman dans tout ça ? Il arrive sous les traits de Bruce Wayne et entreprend de perdre un peu d’argent dans le casino d’Oswald Cobblepot. Bien entendu, le milliardaire ne cherche pas à financer le criminel mais à rencontrer une personne qui va se produire de façon exceptionnelle sur les lieux : la magicienne Zatanna. Bruce a quelque chose à lui demander et cette chose est au rayon artefact super dangereux pour les humains. Pas sûr que Zatanna lui permette d’y accéder.

Si on peut accorder quelque chose à James Tynion IV, c’est qu’il sait développer ses intrigues en suivant divers fils qui vont finalement se regrouper. Ca n’est pas toujours très fin (la scène d’ouverture avec Nomoz), c’est parfois bien pratique (Zatanna qui part au combat avec l’artefact qu’elle aurait très bien pu ranger) mais c’est quand même assez carré et cela suit tout ce qui a été réalisé avant, preuve une œuvre bien pensée depuis le départ.
J’ai bien aimé tout ce qui concerne l’épisode de Spoiler : ses convictions, le fait qu’elle se charge seule des choses, le piratage du Bat-signal, tout ça, c’était assez chouette. Maintenant, elle est encore à mon goût un trop dans une contradiction personnelle dans le sens où elle voudrait que les flics puissent reprendre la main de la ville alors que c’est tout bonnement impossible. Et intervenir comme elle le fait, ne change pas vraiment le principe de l’anonymat des super-héros ? Il y aura toujours un témoin pour expliquer ce qu’il s’est réellement passé et que la police n’est pas forcément responsable de l’échec d’un grand méchant. On verra bien comment tout cela tourne par la suite.
L’arc avec Azrael en centre d’intérêt principal est aussi chouette car il permet au scénariste de développer des idées assez sympathiques du côté de Duke Thomas. Tynion mélange ainsi la spiritualité et la technologie dans un cocktail assez intéressant qui définit ce que l’ordre de Saint Dumas est capable de faire. Kudos au personnage du Bleu, gros androïde dotée d’une belle IA qui n’est pas sans rappeler Bayman ou Andy l’androïde qu’on a pu voir sur She-Hulk (période Dan Slott).
J’ai eu un peu plus de mal avec la fin et les personnages qui meurent ou disparaissent sans donner une information précise. Si tout cela est fait pour que l’histoire continue, le procédé est un peu trop visible dans cet arc.

Si Detective Comics ne bénéficie pas d’artistes aussi prestigieux que Batman, cela ne veut pas dire qu’on a à faire à des tâcherons, loin de là. Carmen Nunez Carnero ne gère qu’un numéro mais elle le fait bien. C’est classique, ça fonctionne, c’est légèrement rond et donc séduisant. Son Bullock est peut-être trop pâte à chou et moins renfrogné que d’habitude mais sinon, c’est du bon boulot.
Et Alvaro Martinez, qui se charge de tout l’arc suivant, est à mon humble avis en train de gagner en expérience et en élégance, tout en restant diablement efficace puisqu’il n’a pas besoin d’artiste fill-in. Je trouve que l’Espagnol réalise de bien belles planches avec des héros aux visages très séduisants mais qui ont chacun leur personnalité. On notera que Kate est jolie mais pas de la même façon que Zatanna par exemple ou que les passages en flash-backs montrent des Bruce et Zatanna fort réussis qui gardent l’essence des personnages tout en les représentant comme des ados. Le design des différentes armures est lui aussi très chouette et je soupçonne Martinez ou l’équipe éditoriale d’avoir voulu faire un petit clin d’œil à Knightfall (au moment où Jean-Paul portait un costume de Batman modifié). Il y a un sacré boulot dans chaque case et même si certaines sont en deçà, même s’il y a parfois beaucoup de zones d’ombre (mais bien gérées), c’est un vrai plaisir pour les yeux.

Detective Comics continue donc son bonhomme de chemin. Les pièces continuent de s’imbriquer les unes dans les autres. Peut-être pour nous mener au numéro 1000. Ca ne serait pas très étonnant.