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Harley Quinn #1-7

mercredi 10 octobre 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Amanda Conner & Jimmy Palmiotti / Chad Hardin, Bret Blevins, John Timms, Joseph Michael Linsner & Jill Thompson)

Lu en VF.

Ces numéros sont disponibles dans la revue Suicide Squad #1-4 publiée par Urban Comics ou bien dans le premier tome disponible en librairie.

Reprenons. Harley Quinn, après ses aventures au sein du Suicide Squad, s’est retrouvée propriétaire d’un show burlesque sur Coney Island, endroit très touristique et familial de l’Etat de New York. Depuis le temps, elle a réussi à se créer tout un réseau d’amis. Il y a le cercle très proche avec Big Tony Delfini, un nain très cuir très rock qui tient la boutique ; un chien saucisse appelé Nathan ; un coq de compagnie appelé Mike et le castor empaillé à moitié brûlé et pourtant parlant (enfin dans la tête d’Harley) appelé Bernie. Puis viennent les gens du show qui ont tous des particularités physiques, le gang des Quinns et les copines du Roller Derby.
C’est bon ? Tout le monde a bien retenu ? C’est en tout cas ce que prétendent Red Tool et Jimm Salabim, respectivement fan #1 autoproclamé de Mme Quinzell et génie oriental ayant perdu ses pouvoirs.

Tout ce beau monde va se retrouver embarqué dans deux histoires : la première est celle d’un extra-terrestre qui fait une fugue, atterrit sur Terre alors que c’est formellement interdit, prend les vaches pour la race supérieure et finit à l’abattoir. Ses morceaux finissent dans les saucisses les plus populaires de Coney Island. Mais quand les gens commencent à se régaler avec des hot-dogs les voilà qui se transforment en zombie. Bien entendu, Harley et son petit monde vont se retrouver coincés dans cet Enfer, il va donc leur falloir survivre à défaut de trouver une solution au problème.
Pendant la deuxième aventure, un gang en armure et à cheval attaque une camionnette de la poste. A bord, le facteur préféré d’Harley qui meurt dans l’attaque. Il n’en faut pas plus pour que l’ancienne super-vilaine cherche à se venger. Le commissaire du coin va lui donner un tuyau : il se trouve que la bande de malfrats n’est autre que le groupe de métal Purple Satin. Harley va donc monter son groupe à elle et tenter de faire chuter ses rivaux. Entre les deux, elle aura tout de même eu le temps d’attaquer un centre téléphonique responsable d’arnaque bancaire.

Je m’étais dit que j’allais finir de chroniquer les numéros New52 de la série avant d’attaquer les Rebirth mais je n’ai jamais pris le temps et écrire ces chroniques me permet aussi d’archiver les numéros de la revue Suicide Squad.
Bref, Amanda Conner et Jimmy Palmiotti se permettent de raconter en 4 pages ce que d’autres font en un numéro entier. Les origines sont racontées, les personnages secondaires sont présentés, on a quelques pages pour raccorder le tout aux numéros New52 (enfin j’imagine) et hop, en selle.
Il faut aussi dire que les choses n’auront pas beaucoup changé avec le passage Rebirth et que comme on est dans le domaine de la comédie avec bris du quatrième mur de façon occasionnelle, les scénaristes sont beaucoup plus libres.
Et donc, c’est bel et bien du grand n’importe quoi qui nous est offert mais du grand et n’importe quoi assez bien fait. Les aventures poussent Harley Quinn dans des situations qui amèneront leur lot de scènes bien sanglantes et de gags plus ou moins poussifs. J’allais écrire que la série était légère mais ça n’est pas vraiment le mot approprié, loin de là. C’est léger dans le sens où les histoires n’ont pour but que de divertir, de faire sourire (voire rire) les lecteurs. Par contre, l’humour lui est tout sauf léger. Ça causera bidoche, caca, violence et allusions sexuelles diverses. C’est de l’humour à l’Américaine dans ce qu’il a de plus basique. J’imagine qu’un titre comme celui-ci chez un éditeur indépendant pourrait aller beaucoup plus loin dans l’exagération mais que DC Comics met quand même parfois le holà sur certaines scènes à moins que le couple Conner / Palmiotti ne s’auto-censure ou ne pousse pas les potards réellement jusqu’à 11.
Bref, j’ai l’air de dire comme ça que c’est vraiment mauvais. Mais ça n’est pas le cas. Parce que d’une, c’est vraiment le cahier des charges de la série depuis un petit moment. De deux, les auteurs réussissent à placer des événements complètement invraisemblables mais très fun, tout en retombant dans un réalisme qui sert toujours le gag. Et s’il y a des passages qu’on aimerait bien voir creuser, il n’y a qu’à espérer que ceux-ci seront développés par la suite.

Il y a un troisième point à porter au crédit de la série, ce sont ses dessinateurs. On parlera d’abord du trio Chad Hardin, John Timms et Bret Blevins qui étaient déjà à bord de la série New52, Hardin ayant même gagné sa place lors d’un concours de dessin au moment du lancement de la série. Hardin a un style rond, un encrage épais mais pas forcément de régularité sur les personnages qu’il maîtrise moins. Comme il se charge de l’épisode « zombie mais pas tout à fait », le côté glamour est tout de même mis sur pause. John Timms a un trait beaucoup plus fin, des visages qu’on reconnaît tout de suite et une certaine élégance même dans les moments où se devrait être moins le cas. Quant à Blevins, difficile de dire quel est son style sur ces numéros puisque sa présence assure le découpage des planches et non pas leur finition. Je ne dirai pas que c’est le meilleur des narrateurs mais le travail est suffisamment bien fait pour qu’on comprenne bien où vont les choses.
Lors de ces sept premiers numéros, on notera la présence de Joseph Michael Linsner sur un numéro complètement foutraque où Harley Quinn cherchera le sens de la vie auprès du scénariste Frank Tieri (existant réellement donc, et ami proche de Jimmy Palmiotti) et celle de Jill Thompson dans une scène flash-back entre le Joker et le docteur Quinzell, le tout à l’aquarelle comme elle en a maintenant l’habitude.

Alors faut-il lire Harley Quinn ? Non, il ne le faut pas, il n’y a rien d’obligatoire et si vous ne le faites pas, vous pourrez très bien vivre sans. Dans le cadre d’une anthologie comme le Suicide Squad, je trouve que c’est une série très agréable à lire, un plaisir coupable qui flatte la rétine. C’est déjà pas mal.

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