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Justice League of America #1-6 : The Extremists

lundi 8 octobre 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Steve Orlando / Ivan Reis, Felipe Watanabe, Diogenes Neves & Andy MacDonald)

Ces numéros sont publiés en VF dans la revue Suicide Squad #8-10 par Urban Comics.

Lu en VF.

Batman a besoin d’une nouvelle équipe (si, si). Une équipe au un visage humain qui inspirerait le passant du coin à montrer que lui aussi peut faire le bien. Pas une équipe composée de dieux ou équivalents qui se frittent contre des menaces énormes.

Du coup, la chauve-souris compose sa petite équipe : il commence par Lobo et Killer Frost, deux anciens membres de la Suicide Squad qui se sont repentis (même si Caitlin maîtrise moins bien sa faim que Batman le prétend) ; Vixen, une top-modèle qui possède un bijou qui lui donne les aptitudes de n’importe quel animal ; The Ray, un garçon qui commence à comprendre qu’il peut manipuler la lumière ; Black Canary, qu’on ne présente plus (elle fait déjà partie des Birds of Prey et fricote déjà pas mal avec Green Arrow) et Atom, version Ryan Choi, jeune scientifique disciple d’un Ray Palmer qui a disparu dans le monde de l’infiniment petit.

Pour débuter, l’équipe va devoir faire face à une bande de super-vilains : Lord Havok et les extrémistes. Ces derniers viennent d’un monde parallèle qui a été détruit à force de donner trop de libertés aux gens. Ainsi Lord Havok veut limiter les dégâts sur Terre et sauver la planète. Il faudra juste se laisser dominer. Si nos héros gagnent une bataille dans un premier temps, il leur faudra pourchasser leurs ennemis sur les terres de Kravie, une république d’Europe de l’Est. Bien entendu, les vilains expliquent que si les héros bougent le petit doigt, cela déclenchera un bel incident diplomatique. Batman et compagnie vont donc devoir faire avec les forces locales et les inciter à reprendre le pouvoir.

Puis la JLA organisera une conférence de presse avec Vixen comme porte-parole. les membres présenteront le Mont Justice (anciennement base secrète de la Justtice League) comme un endroit ouvert au public où chacun pourra y déposer ses demandes.
C’est suite à cette conférence qu’une journaliste informe Le Rayon d’une étrange invasion à Penn City, une ville voisine de Vanity. En effet, un homme aurait transformé la ville en plaque tournante de ventes d’armes et les locaux, y trouvant du travail en cette période de crise financière, n’y auraient rien trouvé à redire.
Forcément, la JLA va intervenir pour mettre fin à ce commerce illégal.

A la lecture de ces récits, son cerveau se reposant sur la banquette arrière, ça passe très bien. Y a Lobo qui fait son bourrin et le jeu entre les personnages fonctionne plutôt pas mal. Maintenant, si on commence à réfléchir à tout ça, on peut dire qu’il y a quand même quelques éléments qui coincent.
Et les deux points qui me chiffonnent sont en rapport avec le terme "America" de l’équipe. En effet, non seulement, l’équipe n’est absolument pas en rapport avec le gouvernement américain ce qui fait que la menace diplomatique ne tient absolument pas mais comme c’est une JLA, on peut se dire que les héros vont gérer les affaires ... en Amérique. Et pas du tout. Certes la première attaque se déroule sur le sol américain mais pourquoi le faire changer vers l’international par la suite ? Je ne sais pas ce que Steve Orlano avait prévu, peut-être était-ce Justice League International qui devait avoir son reboot mais toujours est-il que ça coince.
Forcément, le second récit (numéros 5 et 6) permet de renverser la vapeur. Le terme "Amérique" ayant plus trait à la nationalité des héros qu’à leur champ d’action. La conférence de presse est d’ailleurs un moment très étrange. J’aurais attendu que les forces de l’ordre soient là pour intervenir, la plupart des justiciers n’ayant aucun droit officiel d’exercer. Mais non, ça a l’air de convenir à tout le monde, alors qu’il n’y a pas si longtemps les Etats-Unis se battaient pour fermer l’ambassade des Atalantes.

Le scénariste nous propose quand même des vilains intéressants dans leurs propos (à défaut de leur conception graphique, pas géniale). Le contrôle, le blocage des envies, la terreur sont des moyens de garder l’ordre et visiblement, cela convient à une partie de la population. Si cela marche donc, pourquoi ne pas choisir cette voie ?
A contrario, les adversaires du second récit seront pour un chaos sans retenue, défendant que si ordre il y a, il ne peut exister que chez l’individu et non la foule ;
De même, Orlando passe par de nombreuses scènes de négociation ce qui ne manque pas de choquer des personnages des deux camps. Mais là encore, je trouve que c’est plutôt une bonne idée. Chacun essaie d’abord de convaincre l’autre avant de passer à des moyens plus drastiques.

S’en suivent des scènes d’action relativement classiques où les héros font typiquement ce que l’on attend d’eux. J’avais lu sur une critique américaine que les fins étaient expédiées. Je ne suis pas entièrement d’accord sur ce point car il y a baston et résolution. Par contre, ce qui manque clairement et ne sera expliqué qu’autre travers des dialogues entre personnages, c’est comment des civils peuvent maîtriser des menaces qui les dépasse clairement, même avec du matériel généreusement offert. Une vision du monde très "bisounours" dans un cadre comics où les vilains reviennent perpétuellement à partir du moment où ils ont des fans et où la réalité sociale semble bien différente de la nôtre.

Visuellement, on retrouve Ivan Reis sur les numéros 1 et 4 du recueil. Les scènes d’action sont suffisamment impressionnantes pour comprendre pourquoi le dessinateur ne se charge pas de toute l’aventure. Nous avons droit en fill-in à Felipe Watanabe qui ne convainct pas avec un style singeant Ed Benes et l’école manga américaine à l’époque où celle-ci avait encore du mal à digérer l’influence nippone. Suit Diogenes Neves qui est bien plus efficace avec quelques splash-pages qui font drôlement plaisir (encore une fois, Lobo !!!).
Les numéros 5 et 6 sont confiés à Andy MacDonald. Pas grand chose à dire : je vois parfaitement les espoirs que DC fonde en ce jeune dessinateur mais je n’arrive pas à intégrer ce fait et trouver que le résultat fait encore parfois trop amateur. Il y a du potentiel mais il faut encore que l’artiste mûrisse.

The Extremists porte bien son nom, nous propose des idées intéressantes et une lecture pop-corn agréable mais dans un format imparfait et qu’on oubliera très rapidement.