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Suicide Squad #11-15 : Incendies

vendredi 5 octobre 2018, par Mathieu Doublet

(DC Comics / Rob Williams / John Romita Jr., Eddie Barrows)

Ces numéros sont repris en kiosque dans la revue Suicide Squad #6-9 ainsi qu’en librairie dans le tome 3, le tout étant publié par Urban Comics.

Suite au bourbier dans lequel elle s’est mise avec Maxwell Lord et la Justice League (cf le crossover JL/SS), Amanda « The Wall » Waller est mise à pied et remplacée par Emilia Harcourt. Sale temps pour la reine des barbouzes d’autant que Rustam, un ancien membre du Suicide Squad et anciennement le bras droit de Waller, court toujours en quête de vengeance. Avec une intelligence artificielle et un sabre lui permettant de traverser l’espace-temps, il compte bien faire souffrir ceux qui l’ont enfermé pendant si longtemps et remettre un peu d’ordre et de justice dans ce monde. Pendant ce temps, la Suicide Squad semble toujours avoir un train de retard ce qui ne signifie qu’une chose : il y a une taupe dans leurs services.

Avec cet arc, Rob Williams tente de clore les fils d’intrigue qui traînaient encore après le crossover. Il s’en sort plutôt bien même si, à partir du moment où on comprend que Waller est à peu près au niveau de Batman en ce qui concerne la prévision du futur, la tension est moins présente à certains moments de l’intrigue.

J’ai bien aimé l’idée d’une taupe dans les services car à partir du moment où tous les personnages sont de grands vilains, ils sont forcément potentiellement des traitres, même avec des bombes implantées dans leur crâne. Je suis plus circonspect sur l’identité de la taupe car cela provoque plus de questions dans l’esprit du lecteur. Questions qui resteront encore en suspens à la fin de cet arc. Ceci étant, Williams reste logique dans son traitement de personnage, par le biais d’une scène dans un bar où notre taupe regrette quelques changements qui lui sont arrivés récemment.

Je suis plus circonspect sur le traitement des bombes implantées dans les crânes des « gentils » méchants. Apparemment, ils peuvent être désamorcés à distance et donc je ne vois pas ce qui empêche les membres du Suicide Squad de rencontrer quelqu’un de doué pour les libérer du chantage qui les lie à Waller. D’autant qu’on ne sait pas vraiment si Waller les a bien réarmées.
Toute l’intrigue du côté du Peuple est aussi trop peu exploitée à mon goût, on verra comment les choses évoluent.

A un moment, chez DC Comics, ils ont dû se dire que pour suivre Jim Lee, il fallait une belle signature. Ca tombe bien, ils avaient John Romita Jr. sous le coude et ils en ont profité. Enfin, profité, c’est un bien grand mot. Je me demande où est le dessinateur qui m’a tellement enchanté sur Daredevil. Malgré 12 pages à produire, le résultat n’est pas à la hauteur de la légende. Certaines scènes sont chouettes (surtout celles qui se passent dans le monde numérique, même elles sont parfois confuses). Pour le reste, le problème est que ça n’est pas régulier. Certaines cases sont très chouettes, d’autres complètement loupées ou réalisées en vitesse (en tout cas, c’est l’impression que ça donne). Ni l’encrage de Richard Friend, ni la colorisation super flashy de Dean White ne permettent de remonter le niveau.

A côté de cela, Eddie Barrows, illustrateur classique habitué au monde de DC Comics, réalise de superbes back-ups avec un style plus réaliste qu’à son habitude. Les planches m’ont semblé plus puissantes, les splash-pages bien placées et les effets de couleur superbement rendu (Waller y sera clairement à son paroxysme et à son plus bas).
Concernant les back-ups, elles se paient le luxe de faire partie intégrante du récit et donc d’être tout sauf négligeables. Reste à voir comment Rob Williams va se tirer de cette histoire de taupe. La Politique de la Terre Brûlée est pour l’instant surtout un chapitre de transition et de nettoyage.

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