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Death of Love #1-5

mercredi 12 septembre 2018, par Mathieu Doublet

(Image Comics / Justin Jordan / Donal Delay)

Philomon Harris, Philo pour les amis, un mec qui pense être un mec bien mais qui ne comprend pas vraiment pourquoi la jeune fille sur laquelle il a ses vues refuse d’aller plus loin avec lui.
Bob, son pote, essaie de lui faire comprendre que ce n’est pas parce qu’il rend des services qu’il va réussir à coucher avec. Mais pour Philo, ça a du mal à passer. Pas autant que des pilules qu’un certain Aaron lui file. Alors OK, au départ Philo et ses potes de bar (qui essaient de coucher avec à peu près n’importe quelle fille) refusent clair et net d’avaler des trucs qu’un étranger leur propose, l’alcool va aider Harris à passer le cap. Et la pilule arborée d’une petite pomme va avoir un effet bœuf. Haris va voir des petits cupidons un peu partout. Et le souci, c’est que si les chérubins ont l’air vraiment sympas à constituer les couples avec leurs flèches, ils sont nettement moins cool avec l’idée que quelqu’un puisse les voir. Ils passent en mode Bébé Hermann chez Tarantino. Pour Philo Harris, c’est le démarrage d’une longue nuit de tripailles et de sang.

Justin Jordan (The Strange Talent of Luther Strode) part d’un concept tout bête : l’amour est personnifié mais aimerait rester caché. Et il envoie un anti-héros en face de cette nouvelle. Il était important pour Jordan d’avoir un anti-héros, quelqu’un avec qui on ne pouvait pas vraiment s’attacher. C’est étrange du point de vue du lecteur mais les cupidons sont tellement hostiles sans vraiment comprendre ou discuter qu’on se dit que Philo a tout de même bien raison de les découper à la tronçonneuse.
A vrai dire, c’est à peu près tout ce qu’on va trouver dans cette histoire, une course poursuite avec un personnage qui va faire tout ce qui est en son pouvoir pour montrer aux autres qu’il a raison, même si pour cela il devra trahir leur confiance (et on parle là du meilleur ami ainsi que de la bien aimée). Alors certes en si peu de temps, on peut difficilement penser avoir à faire à des personnages fouillés et Jordan ne laissera pas vraiment e temps à Harris ou à ses potes pour vraiment s’expliquer.
Quant à la chute, elle est assez chouette. Le scénariste explicite comment il a vu les choses. Ça peut être un véritable frein pour certains lecteurs, intéressant pour d’autres. Je me range dans la seconde catégorie même si j’avoue que l’autocongratulation à la fin du numéro 4 était assez lourd. Au final, donc, le personnage principal aura exactement ce qu’il mérite avec peut-être un petit truc en plus. C’est tout à fait satisfaisant pour un récit de ce genre.

Si le graphisme avait été plus passe-partout, peut-être aurais-je beaucoup plus apprécié Death of Love ? Mais Donal Delay n’est pas un artiste passe-partout, loin de là. Son graphisme est très cartoon, l’allusion à Bébé Hermann étant loin d’être innocente. Mais l’artiste joue trop avec le côté ordurier et pas assez avec le côté tout mignon de l’affaire. Les personnages ont des looks qui sont tout de même très schématiques entre le personnage au visage triangulaire, carré ou bien rond (plutôt pour les femmes).
Néanmoins, je reconnais que la mise en page de Delay est très chouette, variée, et qu’on suit l’intrigue sans aucune difficulté. Quelques passages sont assez sympas dont ceux avec le coup de batte sans pareil de Zoé. On a à ce moment-là un bruitage avec commentaire que j’aime beaucoup.
Je n’ai pas vraiment aimé la colorisation de Omar Estevez qui utilise des palettes qui me touchent vraiment peu et qui n’arrive pas à combler le vide que le dessinateur lui laisse. Si on s’attarde un peu sur les planches dans lesquelles il y a le moins d’action, on voit que l’équipe a encore à fournir pas mal de boulot.

Un mot sur les pensées de Doctor NerdLove en fin de chaque numéro : j’ai eu beaucoup de mal à lire ce qu’il avait à écrire. Apparemment, le lectorat auquel il s’adresse est vraiment bas du front et contient visiblement des hommes qui ne se sentent sûrs d’eux que derrière un écran ou de la drogue. Ensuite, ce seront surtout des reproches sur ce qu’il ne faut pas faire et pas des conseils sur ce qu’il faut faire. Bref, on peut très bien s’en passer et à mon avis, c’était une assez mauvaise idée que d’inclure ces passages.

Death of Love doit, à mon humble avis, se lire d’une traite. La lecture en mensuel n’est pas suffisamment riche pour combler le lecteur de bonheur. C’est une lecture fun dans l’ensemble avec un léger côté provoc’ et gore. Pour passer un bon moment et reposer le bouquin chez un pote à soi, c’est nickel. L’avoir dans sa propre bibliothèque est un signe de sacrifice pour que les amis de passage puissent s’amuser. Ce qui est aussi une qualité.

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